River – Boca : une décennie en jaune et bleu (2/4)

A l’occasion du superclásico du football argentin qui opposera dimanche River Plate et Boca Juniors, Sharkfoot vous propose un dossier spécial en 4 parties pour zoomer sur un match qui s’annonce d’ores et déjà chaud bouillant. Deuxième volet : retour sur une décennie teintée de jaune et bleu.

Hier, nous vous parlions de la naissance d’une rivalité sans comparaison possible à l’échelon mondial. Depuis, River et Boca n’ont cessé d’accumuler les titres au fur et à mesure de leur histoire. Plus proche de nous, les années 90 sont dominées par les premiers. Mais la différence est ténue, tant le nombre de titres cumulés par ces deux mastodontes du football sud-américain est élevé (10 pour River, 8 pour Boca).

Et si, au tournant du siècle, River domine son rival depuis 30 ans, les confrontations directes tournent plutôt à l’avantage des pensionnaires de la Bombonera. Premiers signes de faiblesse du côté de la Banda Roja ? C’est ce que l’on verra aujourd’hui, puisque nous nous concentrerons sur les gloires et malheurs de nos chers clubs durant la dernière décennie. De quoi parler confrontations directes, joueurs stars et anecdotes croustillantes !

River Plate, dans l’ombre de son ennemi

Par Nicolas Faure

Pour River, les succès des 10 dernières années se sont fait oublier en une seule saison. Mais commençons par le début. L’an 2000 commence d’une manière étrange pour eux.  L’entraîneur Ramón Díaz quitte le navire alors que le Millo s’incline lors d’un amical face… aux jeunes de Boca Juniors ! Ils se font ensuite éliminer par leur pire ennemi en quart de finale de la Libertadores. Une déception, avant de glaner le titre et de faire le doublé. Des hauts et des bas, la marque de fabrique d’une équipe qui n’arrive pas à trouver la continuité. Certes River soulèvera quelques titres de Primera mais lors des face à face avec les Xeneizes le Millo n’est pas a la hauteur, 27 confrontations toutes compétitions confondues entre 2000 et 2009. 12 victoires pour Boca Juniors, 9 matchs nuls et seulement 6 victoires pour la Banda. Une cassure est faite au palmarès, alors que River Plate s’était bien repris lors de la dernière décennie, le XXIe siècle n’est pas le meilleur pour eux. 5 titres de champions, ce n’est pas rien, mais en 2011 un fait va tout effacer…

2011 : la honte de tout un peuple

La dernière décennie a vu le duel porteño tourner en faveur de Boca. Ici, le nombre de titres nationaux et internationaux remportés par décennie.

Le 26 juin 2011, c’est tout un club qui va se briser. River Plate joue avec le feu depuis quelques temps et avec le classement cumulé argentin, généralement cela se paye (comment ça, créé pour éviter que les grands clubs descendent ?).
A la fin d’une nouvelle saison catastrophique, le Millo se doit de jouer les barrages pour éviter la relégation. Face à Belgrano, cela ne devrait pas trop être un souci pour l’un des deux meilleurs clubs du pays. Mais voilà, le 22 juin, les Almeyda ou encore Lamela se font balader lors du match aller : 2-0 pour le futur promu. Lors du match retour, tout paraît être en bonne voie avec le prompt but de Pavone mais l’égalisation de Farré à une demi heure de la fin envoie Carrizo et ses potes en Primera B Nacional pour la toute première fois de leur histoire.
C’est donc en ce 26 juin fatidique que tout un peuple se rompt. Tous les titres du monde n’effacent pas la honte subie par les hinchas. River tombe de haut, pour la première fois en plus de 80 ans. Les barras se déchaînent sur la police et le stade. Comme un symbole, le club millonario évitera le pire et perdra son stade pendant seulement 5 matchs. Dernier clásico en date, le 15 juin 2011, soldé sur une victoire de Boca Juniors 2-0. River est alors au plus mal…

 

Boca à la puissance mondiale

Par Stéphane Combe

« La culotte de River lui est tombée sur les genoux ! » C’est en ces termes typiques de superclásico que s’exprime un certain Diego Maradona au soir d’une victoire de Boca sur River (2-1) qui sera, comme il l’annoncera 5 jours plus tard, son dernier match sur un terrain de football. Nous sommes le 25 octobre 1997 à Buenos Aires, et Maradona est à l’aube de ses 37 ans. Signe du destin, c’est un certain Juan Roman Riquelme qui le remplace lors de ce match. Il ne pouvait en être autrement. Deux joueurs, deux figures, deux meneurs de jeu, deux mythes d’un club de passion qui ont su comme personne faire vibrer le coeur de la Bombonera. Lorsque Maradona arrête la compétition, beaucoup redoutent qu’il ne sera pas remplacé. Avec Riquelme, la transition se fera en douceur, et l’An Un après Diego, tant redouté, verra naître un nouveau génie.

Des trophées à foison et une renommée intercontinentale

Sa lecture du jeu et ses passes sans pareil font merveille sous la direction de Carlos Bianchi, un entraîneur venu au club pour redorer le blason xeneixe (après six ans sans titre national) et qui fera bien plus que ça… Sur deux périodes (1998-2001 et 2003/2004), celui qu’on surnomme alors le « vice-roi » mène Boca à la bagatelle de 9 trophées. Parmi ses protégés, Martin Palermo, puis Carlos Tevez font partie des meilleurs goleadores que le club ait connus. D’autres figures emblématiques émergent des juniors du club, parmi lesquels Clemente RodriguezFernando Gago, Pablo Ledesma ou encore Nicolás Burdisso, et  seront à la base d’une multitude de titres. Mais s’il est un homme qui représente à lui seul la dernière décennie, c’est bien Sebastián Battaglia, vainqueur de pas moins de 17 titres avec l’équipe boquense, série en cours !  Si Boca a connu un coup de moins bien entre 2008 et 2011, à l’image de River, ce ne sont au total pas moins de 6 titres glanés en Primera A qui sont venus garnir la vitrine du club sur la décennie entière. Sans oublier 6 « titres » de vice-champion lors de différentes aperturas et clausuras. L’an dernier, Boca a remédié à cela en dominant sans partage le tournoi d’ouverture.

Enfin, et comment ne pas terminer par là, rappelons que Boca a également remporté deux coupes intercontinentales, faisant des favoris de la 12 (le surnom des supporters boquenses) les champions du monde des clubs. En 2000, grâce à deux buts de Palermo, Boca bat le Real Madrid de Raúl, Figo et Roberto Carlos (2-1), pourtant nommé équipe du 20e siècle une année auparavant. Trois ans plus tard, c’est le Milan AC de Kaka et de Shevchenko qui tombe dans la trappe porteña lors d’une séance de penalty où le portier Abbondanzieri fait des miracles. Pour couronner le tout, l’IFFHS a décerné il y a peu à Boca Juniors le titre de la meilleure équipe d’Amérique du Sud de ce début de 21e siècle. Bien sûr, who else?

Retrouvez demain notre article sur les équipes actuelles et la saison 2012-2013 qui se déroule en ce moment !

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