Intraitable pour sa première saison en Ligue 1 au Toulouse FC, Aymen Abdennour a épaté les observateurs en s’imposant rapidement comme étant le patron de la meilleure défense de Ligue 1. Le défenseur central tunisien se montre confiant pour la saison à venir et met en avant le travail comme principale force du groupe toulousain.

Aymen Abdennour est une véritable idole en Tunisie. (tfc.info)
Comment se sont passés tes premiers pas dans le football ?
Je suis né à Sousse en Tunisie, j’ai commencé à jouer au football à l’âge de 6 ans à l’Etoile du Sahel. Le stade était à dix minutes de chez moi. Mon père jouait dans un petit club et m’a amené pour m’entraîner. Ensuite, je suis devenu professionnel à 17 ans.
La pression n’a pas été trop difficile à subir tant l’engouement médiatique est important là-bas ?
Oui, la pression est très forte car on doit gagner au moins un titre tous les ans. Au début, ce n’était pas évident. Je m’entraînais avec les professionnels et j’ai joué mon premier match à 18 ans. On a gagné 2-0 et je suis rentré en cours de match. C’était un très beau souvenir.
Tu as passé deux saisons et demie en Tunisie, tu es une véritable idole à l’Etoile du Sahel et plus généralement dans tout le pays !
Ça me fait toujours plaisir de savoir que je suis apprécié dans mon pays et dans mon premier club. Je pense avoir fait quelque chose de bien. Les Tunisiens savent que je donne tout.
Comment s’est passé ton départ pour le Werder Brême ? Tu as été prêté 6 mois puis tu es revenu.
Le Werder Brême est venu m’observer à plusieurs reprises, j’étais dans une bonne période. Ils ont proposé une offre, le président était d’accord et je suis parti. J’ai surtout joué latéral gauche là-bas car il y avait déjà des excellents joueurs à mon poste (Naldo, Mertesacker). Du coup, ils n’ont pas levé l’option d’achat car il y avait en plus Mickaël Silvestre, plus expérimenté que moi. Je suis donc revenu en Tunisie.
Tu n’as pas été trop déçu par cette expérience ? Qu’est-ce que tu retiens de ce passage en Allemagne ?
Non au contraire, je savais que si je faisais des efforts, j’allais revenir en Europe. J’ai pu jouer l’Europa League, c’est vrai que j’étais mal à l’aise au poste d’arrière gauche, mais bon… J’ai joué avec des joueurs comme Özil, Hugo Almeida, Frings, Naldo. J’étais jeune et j’ai beaucoup appris à leurs côtés même si je ne suis resté que 6 mois.
« Je savais que Toulouse était un club formateur qui allait me permettre de progresser »
Après ton retour à l’Etoile du Sahel, tu as fait une saison, pour ensuite partir à Toulouse. Avais-tu d’autres possibilités à l’époque ? Qu’est-ce qui t’a séduit ?
Oui des clubs sont venus m’observer, il y avait l’OGC Nice, Braga, Vitoria Guimaraes et Francfort. Toulouse, je connaissais un peu le club, je savais que la vie était bien ici et que c’était un club formateur qui allait me permettre de progresser. Il y a des bons joueurs et mon conseiller m’a dit que le TFC était un bon choix pour moi. Je me suis rapidement intégré grâce au bon accueil de mes coéquipiers et du staff.
C’est vrai que ton acclimatation est impressionnante. Ta première saison en Ligue 1 est remarquable.
J’ai beaucoup travaillé, j’étais concentré à tous les matchs. Je m’entraîne à fond et je m’entraîne comme je joue. Je suis professionnel et je donne le maximum, toujours. Je sais que confirmer ne sera pas facile.
Quel est le secret de Toulouse pour finir meilleure défense du championnat ?
Le travail, toujours le travail ! On termine 8e, mais on aurait pu mieux faire. C’est toujours important de ne pas encaisser de but, on travaille beaucoup à l’entraînement pour cela, c’est ça notre secret. Et on écoute le coach, il est de très bon conseil.
Que faut-il à Toulouse pour faire mieux que la saison passée ?
On n’encaisse pas beaucoup de buts, il faudrait qu’on en marque un peu plus. On doit être plus efficace devant. J’espère qu’on fera quelque chose de bien, en tout les cas, je pense qu’on a le groupe pour ça.
Y a-t-il des joueurs qui t’ont impressionné à Toulouse ?
Cheick M’Bengué me plait beaucoup ! Il y a aussi Etienne Capoue, Moussa Sissoko et Etienne Didot. Ce sont vraiment des bons joueurs.
« Je ne pense pas que Toulouse soit une équipe défensive »
Est-ce que le départ de Daniel Congré ne risque pas de mettre à mal votre statut de meilleure défense ?
Je connais bien Daniel, c’est vrai qu’on s’entendait bien derrière. J’étais bien avec lui. Mais Jonathan Zebina est arrivé et il va bien le remplacer. Il va nous aider, je pense qu’il va me faire progresser par son expérience, je vais beaucoup apprendre à ses côtés. D’ailleurs, je suis avec lui dans la chambre pendant le stage.
Quelle équipe te plait particulièrement en France ?
Pour moi, il n’y a que Toulouse ! Il n’y a pas mieux que Toulouse pour conserver le ballon. En revanche, c’est vrai que l’on manque d’efficacité devant.
Justement, que réponds-tu à ceux qui disent que Toulouse est une équipe défensive ?
Non on n’est pas défensif. On conserve le ballon c’est tout. On ne veut pas perdre le ballon, si c’est bloqué on repart de derrière. Oui on est costaud derrière et on a la rage pour récupérer le ballon, mais je ne pense pas qu’on soit défensif.

Le défenseur tunisien est aussi dur sur le terrain que simple et posé en dehors. (tfc.info)
Quelle est ta principale qualité selon toi ?
C’est à toi de me le dire ça non ? (rires) Je pense que c’est les duels, j’aime aller au contact et je suis toujours solide, on ne me passe pas facilement.
Et où dois-tu le plus progresser ?
Je dois être concentré pendant 90 minutes. Il y a des minutes où je perds un peu de concentration, je sors du match et je peux me faire surprendre. Je dois faire attention à ça, mais je progresse. Je pense que ça ira mieux par la suite.
« L’Angleterre est le championnat qui me plaît le plus »
Parlons de l’équipe nationale, tu as gagné la CHAN en 2011, c’est le plus beau moment de ta carrière ?
Oui vraiment, c’était un grand moment pour moi de remporter un titre. Après, il y a aussi la finale de la Coupe d’Allemagne avec le Werder Brême contre le Bayern Munich qu’on a perdu. Je n’ai pas joué, mais c’était pas mal. J’ai gagné le classico tunisien avec l’Etoile du Sahel contre l’Esperance de Tunis. On a gagné 5-1 et j’ai marqué un but, j’ai adoré !
À présent, ton objectif en équipe nationale est naturellement de remporter la CAN ?
Oui bien sûr. L’année dernière, on avait une chance de la gagner, mais on était encore en construction. J’espère que ça ira mieux l’année prochaine. On est en progression, on est mieux qu’avant et on a des talents pour gagner. On peut faire quelque chose de bien. Je suis devenu un cadre de la sélection, ça me fait plaisir.
Tu as prolongé ton contrat jusqu’en 2016, c’est une véritable volonté de ta part de rester à Toulouse pendant quelques années ?
Je suis sous contrat, si je continue ici ça me va ! Si un gros club me veut, aucun joueur ne peut refuser, mais c’est toujours le président qui décidera.
Arsenal te suit de près. La Premier League te fait-elle rêver ?
Aucun joueur ne peut refuser Arsenal, ils sont venus m’observer, ça me fait trop plaisir. L’Angleterre est le championnat qui me plait le plus, oui. Après, comme je t’ai dit, le président décidera, je suis un homme de parole.







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