Football féminin – Suisse – République Tchèque (5-1) : vivement l’EURO !

Par Nicolas Jutzet
2 décembre 2015

Encore une victoire éclatante pour les Suissesses. Après le probant succès 8-1 face à l’Irlande du Nord vendredi dernier, la Suisse enchaîne face à la République Tchèque. Une nouvelle victoire qui vient confirmer la nette supériorité des joueuses de Martina Voss-Tecklenburg sur le reste des équipes de ce groupe qualificatif. A mi-parcours, la Suisse pointe en tête avec 4 victoires en 4 matchs, 20 buts marqués pour 2 encaissés. Un récital.

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Avant même le coup d’envoi on remarque le gouffre qui sépare les deux équipes dans un détail amusant, la première possède un jeu de maillots avec flocages et numéros personnalisés pendant que les visiteuses abordent de simple maillots numérotés. Sans doute inintéressante aux yeux de certains, cette différence montre pourtant une nouvelle fois à quel point notre équipe nationale est prise au sérieux dans les bureaux de l’ASF. Cet investissement est louable.

Les 2008 spectateurs présent à la Maladière comprennent vite que la Nati va passer une soirée relativement tranquille, tant elle étale sa classe technique et sa maîtrise collective face à de volontaires, mais limitées joueuses tchèques. L’ouverture du score tombe à la 23ème minute, quand suite à un centre raté de Dickenmann, Crnogorcevic suit pour remiser à son tour sur Bürki, bien démarquée, pousse le cuir au fond. L’avantage au score est largement mérité, Bachmann, Humm, Moser ou encore Dickenmann ayant manqué de peu le cadre dans les minutes précédentes. Cette première réussite réveille les visiteuses, qui quasiment sur l’engagement, par l’intermédiaire de Vystejnova Petra inquiètent enfin Thalmann avec un tir lointain maîtrisé en deux-temps.

Malheureusement pour elles, ce sursaut n’est qu’éphémère. Une petite minute après ce premier tir, la Suisse marque un second but, une copie conforme du premier, avec Bürki dans le rôle de la centreuse et Humm à la conclusion. Cruel. Le rouleau compresseur est en marche. Non-contentes de ce double avantage, les coéquipières de la capitaine Abbé enfoncent le clou à la 32ème, suite à une belle phase de jeu collectif qui voit une nouvelle fois un centre arriver à bon port, soit dans les pieds dans les pieds magiques de Ramona Bachmann qui dévie astucieusement dans le petit filet.

Très animée, la partie ne perd pas son rythme, que ce soit sur une frappe lointaine de Maritz ou quand Chlastakova Jitka manque de peu le but de l’espoir, le public en reçoit pour son argent. Preuve est en cette quatrième réussite qui tombe peu avant le thé. Bachmann dans son meilleur rôle, celui de la soliste au coup de rein ravageur, se joue de la défense avant de centrer, une nouvelle fois, en retrait sur Crnogorcevic qui crucifie la pauvre Vrsatova. Notons que le « Crnogorcevic » est autant difficile à prononcer pour le speaker neuchâtelois que pour celui de la Tissot Arena bien emprunté au moment d’annoncer le but lors d’un précédent match. Sans doute une sorte de solidarité « speakerrienne ».

La début de la seconde période laisse entrevoir un sursaut d’orgueil dans les rangs tchèques. Gäelle Thalmann, peu sollicité durant la première partie du match, voit le danger se rapprocher. Pour corriger cette entame hasardeuse, la coach Martina Voss-Tecklenburg décide de chambouler son organisation : exit Kiwic et Crnogorcevic, entrée de Bernauer et Rinast. Ce double changement fait passer l’excellente sentinelle Lia Wälti en charnière centrale aux côtés d’Abbé. Le changement semble redonner de l’allant. Maritz enchaîne les tirs lointains sans trouver la faille et les envolées de Dickenmann, Bachmann & Cie reprennent de plus belle.

Toutefois, à la 73ème la République Tchèque marque le but de l’honneur sur un … corner direct ! L’audace de Katerina Svitkova surprend la défense … et le public médusé devant ce but gag. Piquée au vif par cet réussite, la Nati marque le 5-1, après un adroit une-deux entre Moser et Bahcmann. Cette dernière lance magnifiquement Terchoun, entrée peu avant en remplacement de Dickenmann, dans la profondeur. Petit filet opposé. 5-1, 84ème minute de jeu. Le match est plié.

Les étoiles du match :

☆☆☆ Ramona Bachmann

La joueuse de Wolfsburg, malade en début de semaine semble remise. C’est du moins ce que laisse entrevoir sa performance ! Dribbles, feintes, chaque geste est dévastateur pour la défense adverse. Décisive (elle marque le 3-0, donne le 4 et 5ème but), elle pèche parfois par excès d’individualisme, en tentant des choses difficiles. Manque de repli défensif et rechigne souvent à jouer avec l’autre grande joueuse de l’équipe, Lara Dickenmann.

☆☆ Martina Moser

Au milieu, le duo Moser-Wälti est une pure merveille. L’expérience et la simplicité technique qu’elles apportent est un véritable plus pour cette équipe qui parfois porte trop son ballon. De plus Martina Moser donne de la voix, replace et encourage ses coéquipières. Une vraie capitaine bis.

☆ Vanessa Bürki

La joueuse du Bayern München mérite les honneurs, pour son but, son engagement et son travail défensif régulier qui permet à la très offensive arrière latérale Crnogorcevic d’arpenter le couloir à son envie. Toutefois, entrée une nouvelle fois de manière convaincante, Meriame Terchoun devrait lui ravir la place sur le long terme. A suivre.

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Fiche de match :

Stade de la Maladière – 2008 spectateurs

Buts :

23ème, 1-0 Bürki (Crnogorcevic) – 28ème, 2-0 Humm (Bürki), 32ème 3-0 Bachmann (Moser), 42ème 4-0 Crnogorcevic (Bachmann), 73ème Svitkova (corner direct), 84ème 5-1 Terchoun (Bachmann)

Equipe de Suisse :

switzerland


3 Commentaires

  1. Philippe

    12 décembre 2015at3 h 52 min

    Pourquoi Lyon ou Paris ne recrutent pas Bachmann ? C’est un mystère pour moi surtout après sa Coupe du monde.

    • Nicolas Jutzet

      12 décembre 2015at16 h 17 min

      Lyon a perdu Dickenmann cet été, elle a rejoint Wolfsburg (comme Bachmann d’ailleurs). Je pense que la compétitivité du championnat en Allemagne est largement supérieure à la France, où le manque d’homogénéité tue la passion. De plus les stades assez bien remplis, salaires corrects, infrastructures, etc. font que, hormis pour un énorme salaire, les joueuses préfèrent l’Allemagne à la France. De plus la barrière de la langue…

      • Philippe

        20 décembre 2015at4 h 46 min

        Je ne connais pas le championnat allemand. J’ai simplement un vague aperçu de son niveau à travers les phases finales de la ligue des champions : 4 clubs allemands se partagent 9 sacres depuis sa création en 2001 !

        Ceci dit, Elise Boussaglia à bout de souffle à Lyon et toujours loin de son meilleur niveau joue régulièrement à Wolfsbourg. À croire que le niveau …

        Peu importe, quand on voit les performances médiocres de Nécib depuis 2 ans et compte tenu des ambitions de Lyon, on se doit d’ aller chercher
        Bachmann au fin fond de la Suède.

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