Marco Simone: « Le jour où je vois que l’on ne peut plus se sauver, j’arrête! »

Par Yves Di Cristino
30 janvier 2014

Quatre jours avant la reprise du championnat de Super League pour le FC Lausanne-Sport, Sharkfoot a cueilli l’occasion de faire le point avec son entraîneur, Marco Simone. L’Italien émet sa certitude quant au maintien de son équipe dans l’élite du football suisse. Rencontre.

>>VIDÉO de l’interview

Photo: Oreste Di Cristino

Photo: Oreste Di Cristino

Premièrement, comment vous sentez-vous après la trêve hivernale et l’enchaînement des entraînements avec vos joueurs ?

Moi, je vais très bien (sourire). Ce sont les joueurs qui sont un peu fatigués mais c’est normal parce qu’on a beaucoup travaillé avec des journées pleines avec deux, voire trois séances d’entraînement, mais c’est bien, je suis satisfait. On est à la dernière semaine avant la reprise du championnat et on va finalement pouvoir calmer le jeu par rapport à la charge de travail.

Vous avez réformé la tactique de jeu de ce Lausanne-Sport en instaurant une structure en 3-5-2. Êtes-vous toujours convaincu de celle-ci ?

Je suis toujours convaincu de mes tactiques du moment, que les joueurs l’intègrent et l’interprètent bien. Jouer à trois, quatre ou cinq défenseurs ne change pas vraiment mon credo. Il change quand l’équipe ne peut plus suivre mes instructions. Pour l’instant, elle accepte bien tous les paramètres. Les joueurs sont courageux voire même conformistes aux règles et cela constitue une première base pour pouvoir bien continuer notre aventure. Partir ainsi permet d’envisager dans le futur un changement de système de jeu, sans pour autant que l’équipe se bouleverse.

Quel type de joueur vous manque-t-il actuellement. Vous venez d’engager un milieu défensif mais qu’avez-vous prévu offensivement ?

Nous travaillons sur beaucoup de dossiers pour ramener un renfort offensif. Comme tout le monde le sait, l’attaquant est toujours la pièce rare à dégoter pour une formation, la plus difficile à trouver. Mais cela fait plusieurs semaines que nous évaluons plusieurs pistes possibles et nous espérons trouver un attaquant le plus vite possible car on en a fortement besoin. Deuxième point : nous avons fait venir Damien Plessis, un milieu avec des caractéristiques que nous n’avions pas auparavant dans l’équipe. Il a un très grand gabarit — encore plus grand que Yaya Banana — et il a une particularité intéressante pour notre milieu de terrain, il est gaucher. Il complétera certainement bien le secteur central de la formation. Mais de toute évidence, nous attendons encore deux nouveaux renforts, un attaquant et, en fonction de ce dernier, on pourra évaluer si en engager un deuxième au détriment d’un autre milieu serait pertinent.

Dernièrement, Ohad Kadusi et Michel Avanzini ont quitté l’équipe. Ces deux joueurs entraient-ils dans vos plans ?

En réalité, je n’ai jamais vraiment eu l’occasion d’entraîner Michel Avanzini. Quand je suis arrivé à Lausanne, il était blessé et il suivait une rééducation chez lui. Après, il a fait un choix personnel de quitter le club pour des raisons qui lui appartiennent. Et à propos de Kadusi, malheureusement, il ne s’était visiblement pas très bien habitué à notre pays et à la Super League car il venait d’un championnat plus important quand il a signé ici. J’ai donc pris la décision de le laisser partir, aussi parce que je pense qu’il aurait été le joueur que j’aurais le moins utilisé, niveau qualité attaquant.

Revenons sur la position de Salim Khelifi… Avec Laurent Roussey, il a alterné les matches où il occupait le poste de milieu créateur et celui de demi d’extérieur. Serait-il pertinent, selon vous, de le faire jouer plus dans l’axe du terrain ? Comment percevez-vous son positionnement ?

Salim a d’énormes qualités. Il a de la vitesse, est très actif balle au pied et je dois dire qu’il a été très attentif aux consignes que je lui ai dites sur son positionnement défensif. Selon moi, il n’est pas un créateur de jeu. Il reste l’un des joueurs les plus dynamiques du contingent et il est assez individuel dans son jeu. Nous devons donc profiter de ses qualités dans les duels. Mais par rapport à son positionnement, il est vrai qu’il constitue un véritable joker offensif. Il peut jouer sur l’aile, derrière l’attaquant et même attaquant mais il n’en reste pas plus un milieu créateur selon mon opinion. Il est vrai que je lui ai assigné une fois ce rôle mais cela découlait également d’un manque de joueur au milieu de terrain. Contre Sion, par exemple, j’ai eu l’idée de mettre mes meilleurs joueurs techniques plus à l’intérieur qu’à l’extérieur pour justement compenser notre manque d’effectif au milieu.

ndlr, Salim Khelifi était sur le point d’être présenté à l’Eintracht Braunschweig au moment de la publication. Le jeune milieu de l’équipe de Suisse espoirs ne finira pas la saison avec le LS. Luis Pimenta est également sur le départ.

Pascal Feindouno reste lausannois. Est-ce la première clef de réussite du second tour de championnat ?

C’est sûr qu’il constitue l’un des éléments les plus importants de notre groupe. Pas seulement pour la qualité de jeu qu’il propose mais également pour son rôle de leader, même dans le vestiaire. Pascal a ce don de faire de notre groupe une équipe plus « soudée ». Et je pense que c’est l’élément qui a manqué durant tout ce premier tour de championnat. On a également un autre joueur qui a plus ou moins la même portée que Feindouno. C’est Gabri et lui aussi manque énormément à l’équipe. Il est donc vrai que sans leader attitré, Lausanne peine à avancer. Donc aujourd’hui, nous sommes contents que Feindouno ait trouvé un terrain d’entente avec le Président et on va ainsi pouvoir profiter de ses prestations durant tout le reste du championnat.

La victoire contre Sion lors du dernier match peut-elle être un déclic pour la suite de la saison ?

Le déclic je l’ai déjà vu lors de mon premier match contre Brühl Saint-Gall (3-0) en Coupe de Suisse. Je nomme déclic le potentiel de l’équipe à mettre en place le jeu et les consignes que je demande. Donc, pour moi, le déclic a déjà eu lieu et nous devons maintenant le travailler dur. Il ne vient pas forcément lors d’une victoire importante mais il se situe justement dans la manière et le respect des indications retranscrites dans chaque succès. Dans la difficulté, j’ai néanmoins vu une équipe qui m’a tout de suite suivie et faite confiance malgré les divers changements que j’ai occasionnés et donc le déclic a eu lieu dès le début de notre aventure ensemble. Et maintenant, nous sommes là pour aller chercher les trois points contre Bâle et nous puiserons dans l’enthousiasme que nous avons ressassé depuis notre victoire au derby.

Quelle valeur revêt la blessure de Kevin Fickentscher ?

Tout d’abord, elle a une valeur affective. Ça fait bien évidemment mal de voir un tel joueur être à l’arrêt durant toute la saison. Je lui souhaite vraiment de pouvoir se rétablir rapidement. Après, c’est sûr qu’il y a une valeur technique et humaine par rapport au groupe qui est importante. Kevin a démontré être un leader à son poste et donc il est certain qu’il va beaucoup nous manquer.

La présence de Signori Antonio est pourtant loin d’être un mauvais change…

Exactement. Je suis très satisfait de Signori. C’est d’ailleurs pour cela que, à la demande du Président d’engager un nouveau gardien, je lui ai signalé qu’il ne s’agissait aucunement d’une priorité. Je me sens bien couvert avec Antonio. Il a les épaules solides pour soutenir toutes les responsabilités qu’il aura à tenir et je suis sûr qu’il fera un excellent gardien.

Le sauvetage est-il encore possible selon vous ?

Il n’est pas possible, il est certain. Le jour où je me rends compte qu’il n’est plus possible, j’arrête ! Je suis resté à Lausanne car je suis encore persuadé que nous pourrons nous sauver et que nous sommes sur la bonne route. Cela peut en effet sembler absurde en apparence avec la situation critique mathématiquement et les démonstrations de l’équipe qui a prouvé être la plus faible du championnat malheureusement. Mais j’ai reçu de la part des joueurs des signaux positifs et des résultats probants. Aujourd’hui, on pense à Sion. Mais nous avions également fait un excellent match à Berne face à Young Boys (défaite 3-2), où nous aurions au moins mérité le point du match nul. Bien sûr, on a également eu des difficultés physiques avec une vague de blessures qui a terrassé l’équipe mais les signaux existent et on y croit tous.

Nous le souhaitons tous M. Simone. Merci pour l’attention.

Plus dans Interviews
Steve Von Bergen : « La Suisse est beaucoup plus respectée qu’avant »

Rencontre avec Steve Von Bergen, défenseur de l'équipe nationale suisse et du BSC Young Boys, qui a accepté de répondre...

Fermer