beIN Sport : Place aux femmes ! (1/2)

Par Adrien Chantegrelet
21 octobre 2013

Plus les années passent, plus les chaînes de sport font confiance aux femmes afin de représenter leurs programmes. Que ce soit Canal+, Eurosport ou bien plus récemment beIN Sport, la touche féminine se fait de plus en plus ressentir.

Nous nous sommes principalement intéressés à la dernière venue dans le PAF, beIN Sport, et qui donne une place importante à ses femmes. Elles s’appellent Marie Portolano, Mary Patrux, Anne-Laure Bonnet ou encore Vanessa Le Moigne, occupent un rôle différent au sein de la rédaction sportive et apportent chacune leur touche à leurs émissions respectives. Nous avons pu les rencontrer afin d’en savoir un peu plus sur leurs parcours et leur façon d’aborder le sport. Focus sur quatre femmes dans un monde de brutes.

Elles sont très peu à faire partie de la presse sportive mais comptent bien se faire une place plus importante dans les mois/années à venir à travers le PAF. « Elles », ce sont les journalistes sportives. Dans ce domaine truffé d’hommes et qui offre la part belle aux exploits de nos champions, il n’est pas simple de faire son trou. Pourtant, certaines femmes ont toujours été animées par l’envie de percer dans le sport et de démontrer que même en étant une femme, il était possible de présenter ou animer une émission en rapport avec le ballon rond. La première à faire le premier pas fut Nathalie Iannetta. On pourrait la considérer comme la modèle et la pionnière de ce milieu. Passée par Jour de Foot, l’Equipe du Dimanche, Samedi Sport ou bien actuellement au CFC, la journaliste a eu la pleine confiance de la chaine cryptée en ayant eu à gérer des émissions phares de Canal+. Aujourd’hui, les autres têtes d’affiche sont Astrid Bard, Isabelle Ithurburu ou encore Margot Laffite qui officient respectivement dans le foot, le rugby et la formule 1, preuve de la montée en puissance des femmes au sein des autres programmes inconditionnels en matière de sport.

Mais chez Sharkfoot, on a décidé de s’intéresser avant tout à beIN Sport et à son fort contingent féminin. Lancée en juin 2012, la direction a misé sur des têtes que l’on connaissait plus ou moins et qui possédaient déjà une expérience au sein de différentes rédactions sportives. Là aussi, à l’instar de Canal+, la chaine sportive a voulu apporter une présence féminine à des émissions phares de sa grille de programmes. Vanessa Le Moigne pour l’Expresso, Marie Portolano pour Lunch Time, Mary Patrux qui aura couvert l’Euro 2012 et les JO de Londres aux côtés de Darren Tulett notamment ou bien plus récemment Anne-Laure Bonnet qui s’occupe des matchs du vendredi soir en L1. Longtemps cantonnées au simple rôle de faire valoir (Infosport en était notamment un grand spécialiste), les femmes soufflent dorénavant un vent de fraicheur dans le monde de la télévision spécialisée. Les 4 femmes citées précédemment se sont livrées sur leurs parcours respectifs, leurs amour pour le sport et le foot notamment, ainsi que sur leur apport personnel pour les programmes qu’elles représentent. On s’intéresse aujourd’hui à Marie Portolano et Anne-Laure Bonnet.

Marie Portolano

Marie Portolano

Marie Portolano, une des femmes qui monte sur beIN Sport (PANORAMIC)

Avant d’atterrir sur beIN Sport, la jeune Marie Portolano a fait ses armes du côté de LCI, d’Eurosport, mais aussi des Inrockuptibles, étant une grande fan de musique, sa seconde passion, elle a baigné là aussi au sein d’un milieu qu’elle appréciait. Mais c’est à travers la défunte chaîne « C Foot » qu’elle s’est fait connaitre. L’expérience fut brève, les programmes devant s’arrêter six mois seulement après le grand lancement. La frustration pourrait être de mise pour Marie, mais elle a au contraire retenu que du positif de cette aventure. « Je l’ai vraiment pris comme une super expérience, ça m’a fait grandir. J’estime avoir plus appris en six mois là bas, à C Foot, qu’en cinq ans d’études. L’arrêt de la chaine ne remettait pas en cause mon travail car c’était avant tout une décision de la Ligue de Football de tout stopper. Après, c’est vrai que sur le coup j’ai un peu flippé. » 

Mais la peur du vide laissa place rapidement à la joie et à l’excitation d’un nouveau défi, celui d’intégrer beIN Sport. Marie Portolano eu à peine le temps de quitter son ancien bureau, qu’elle déménagea dans la foulée. « Le 1er février 2012 dans la matinée on apprend la fin de C Foot, et seulement deux heures plus tard on m’annonce que j’ai été prise chez beIN Sport. Je n’ai pas eu le temps de tergiverser. C’est clairement gratifiant de faire partie d’un tel projet avec de belles émissions. » Devant faire partie initialement de l’émission « Le Club » aux côtés d’Alexandre Ruiz, l’animatrice aura finalement touché à tout, que ce soit « Le Grand Stade »ou « L’Expresso », elle n’a jamais renoncé aux propositions.

Liverpool, une grande passion de Marie Portolano (Fifa.com)

Liverpool, une grande passion de Marie Portolano (Fifa.com)

Le foot, Marie l’a dans la peau depuis qu’elle est petite. Grande fan de Liverpool aujourd’hui, c’est son frère qui lui a mis le pied à l’étrier et depuis, cette passion ne l’a plus quittée. « C’est une transmission familiale avant tout. J’ai souvent regardé les matchs à la TV étant petite, les samedis soirs on m’a forcé à voir les multiplex ! Mais cela m’a plu et j’ai pu aller ensuite au stade de la Meineau durant les grandes heures du RC Strasbourg. J’ai vraiment accroché. Et aujourd’hui encore je pleure quand je vois des exploits sportifs. » explique t-elle. Et ces exploits sportifs, la journaliste les vit quotidiennement au sein de la rédaction de la chaîne. Passionnée de foot, les matchs rassemblent et mélangent hommes et femmes le temps de 90 minutes. « Oui c’est vraiment un grand mélange, on parle tous ensemble des matchs, on commente chacun à notre manière. Je sais que Benjamin Da Silva (commentateur de la chaîne) va beaucoup plus me parler du positionnement des joueurs, de l’aspect tactique des joueurs alors que je serais plus sur le côté humain de ces mêmes hommes. Les gars de beIN Sport sont très sympas. »

Une femme dans un milieu d’homme ? Elle n’en est pas choquée, et a toujours été motivée par l’envie d’intégrer ce domaine. « Je pense que c’est plus facile de faire sa place dans le journalisme sportif quand on a certaines connaissances, peut-être pas autant que Luis Fernandez, mais avoir déjà certaines bases que j’ai depuis que je suis petite » explique-t-elle avant de mettre en avant Charles Biétry qui la fait venir et qui a donné une place important à la femme. « Nous aimons autant le sport que Charles. Quand il a recruté Vanessa, Mary ou moi même, il l’a fait car on partage la même passion, et que nous avions des idées à transmettre. Il ne voulait pas que beIN soit seulement une vitrine. Je ne pense pas qu’on bosse de manière différente que les hommes, mais c’est seulement l’approche d’un sport qui peut changer d’un sexe à un autre. »

Aujourd’hui co-animatrice de l’émission Lunch Time aux côtés de Darren Tulett, Marie Portolano ne s’interdit rien pour les mois ou années à venir et ne serait pas opposée à tenter de nouvelles expériences au sein de la chaîne, et pourquoi pas la voir davantage sur le terrain qu’en plateau ? « Pour l’instant, je suis bien où je suis, j’adore travailler avec Darren. On rigole tout le temps avec lui. Mais pourquoi pas voir autre chose ! J’ai toujours fait ce que j’avais envie de faire jusqu’à aujourd’hui. Si je veux découvrir autre chose, on me le proposera sans doute. Mais j’ai le temps, beIN Sport ne va pas s’arrêter du jour au lendemain comme ça a pu être le cas chez CFoot. Je suis cool ! »  Elle est cool, et c’est comme ça qu’on l’aime. 

Anne-Laure Bonnet

Anne-Laure Bonnet, la dernière venue de l'équipe féminine de BeIn (PANORAMIC)

Anne-Laure Bonnet, la dernière venue de l’équipe féminine de beIN (PANORAMIC)

Arrivée à beIN Sport en mai dernier durant le Tour d’Italie de cyclisme, Anne-Laure Bonnet a fait son apparition sur nos écrans au tout début du mois d’aout à la surprise générale lors du Montpellier-PSG inaugural de la nouvelle saison de L1. Cette amoureuse d’Ayrton Senna, ancien grand pilote de F1, a décidé il y a quelques mois de cela de revenir en France après avoir travaillé pendant un peu plus de 4 années chez Sky Sports en Italie. Sa venue au sein de la chaîne 100% sport s’est fait assez naturellement et l’opportunité de travailler là-bas était trop belle pour que la journaliste puisse passer à côté. « J’avais vraiment envie de rentrer en France oui. beIN Sport était en phase de développement, c’était une chaine encore jeune et on va dire que c’était une question de rencontre. On se connaissait déjà mutuellement, j’avais pu faire le tour des rédactions, et c’est un vrai luxe de pouvoir choisir ce qu’on fait. En plus de ça beIN Sport est ouverte à l’internationale, et j’ai la chance de parler 5 langues, en attendant peut être le Russe, donc c’est vrai bonheur. » 

Avant son escapade italienne, la jeune femme aura multiplié les expériences au sein de l’Hexagone. Après un passage de trois ans à l’Equipe où elle s’occupa principalement des sports autos, elle prit la direction de M6 durant la Coupe du Monde 2006. Durant un mois Anne-Laure Bonnet a pu suivre l’équipe du Brésil pour le compte de la chaîne. Une expérience enrichissante qui lui aura permis de parfaire la langue.

Dorénavant présente sur les terrains de foot, Anne-Laure occupe le poste de « femme de terrain » chez beIN Sport, un rôle très souvent confié aux hommes, et elle prend ce rôle très à coeur. « A titre personnel je suis la femme la plus heureuse du monde (rires). Auprès de mes collègues je n’ai pas ressenti de regards différents compte tenu de mon sexe. J’avais fait cela en F1 quand j’étais sur TF1 sur la grille de départ le dimanche. On a une sensibilité, nous, les femmes, qui ne sera pas technique. On a sans doute une approche un peu plus humaine que les hommes. Je n’ai jamais rêvé de devenir footballeur, mais j’ai énormément d’admiration pour ces joueurs et ça ne m’empêche pas d’avoir un oeil critique sur eux. » dit-elle.

La femme de terrain poursuit en expliquant qu’il n’est pas toujours simple de faire parler ces joueurs étrangers de L1 à la sortie d’un match. « Vous savez, on demande à un joueur de parler à chaud après 90 minutes d’efforts, on les accoste tout de suite… En L1, quand un joueur est arrivé depuis 3 mois en France il bredouille seulement quelques mots de notre langue, c’est compliqué et je me mets dans leur position. Au début ils vont nous regarder un peu de travers, mais quand ils s’aperçoivent qu’on parle leur langue natale, tout de suite le visage change, et c’est plus simple de communiquer. Il n’aura pas le risque de se tromper. Le fait d’être polyglotte me sera autant utile en Ligue des Champions qu’en L1 ! »

Anne-Laure Bonnet a officié sur TF1 pour la Formule 1 (TF1.fr)

Anne-Laure Bonnet a officié sur TF1 pour la Formule 1 (TF1.fr)

Si cette fonction est très peu répandue en France, ce n’est pas le cas en Italie où la femme occupe une place importante dans le journalisme sportif. Anne-Laure Bonnet qui officiait sur Sky nous explique le fonctionnement des émissions de foot à l’étranger. « Mon envol je l’ai pris en Italie, car c’est un pays qui compte sur les femmes pour animer ses émissions. Il y a un certain cliché, mais qui a quand même une part de réalité. On va dire qu’il y deux façons de voir les choses : Il y a la femme, généralement un top model, qui est utilisée pour annoncer le match qui va suivre, avec le gros décolleté, la jupe courte, histoire d’attirer le spectateur évidemment. Alors que du côté de Sky, les femmes sont aussi présentes en plateau, mais vont participer aux débats, généralement lors des soirées Ligue des Champions et Europa League. La femme de Leonardo s’en occupe notamment. Et il y aussi les femmes présentes au bord du terrain. C’est très varié ! »  Et la Ligue 1 se trouve même diffusée dans ce pays. On ne peut qu’adhérer ! « Certains matchs du championnat de France passaient sur une chaine gratuite italienne. Et on parle régulièrement de la L1 surtout grâce au PSG. Une de mes anciennes consoeurs était notamment à Paris pour PSG-Benfica, ça démontre l’importance que prend notre championnat à l’étranger. »

Désormais en charge du handball lors des rencontres de Ligue des Champions, la journaliste continue d’élargir sa palette et cette grand fan de sport en redemande encore et toujours. « Je suis très curieuse. A la base je ne suis pas une fan de cyclisme, mais j’ai pu me passionner pour ce sport et ces athlètes durant le Giro. J’ai vraiment une grande passion pour le sport, j’aime le goût des nouvelles choses. La spécialisation pour un sport se fait en travaillant, il n’y a pas de secret, et c’est ce que je fais pour le handball aujourd’hui. » Le travail paye, et la journaliste n’en finit plus de parcourir l’Europe au quotidien, et continue de s’épanouir au sein de beIN Sport.

Vous retrouverez dans la semaine la suite de notre dossier consacré aux journalistes sportives. Vanessa Le Moigne et Mary Patrux seront à l’honneur.

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