Quand Grégory Coupet se raconte à Sharkfoot (2/2)

Par Adrien Chantegrelet
15 février 2013

Seconde partie de notre entretien avec Grégory Coupet. Après avoir évoqué ses années du côté de l’ASSE et de l’Olympique Lyonnais, Sharkfoot s’est penché sur la suite de sa carrière avec des passages successifs en Espagne du côté de l’Atlético Madrid et son retour en France au Paris Saint-Germain. L’ancien gardien des Bleus nous racontera également ses douloureuses expériences avec sa sélection nationale. A déguster, maintenant.

Tu quittes donc l’Olympique Lyonnais pour rejoindre l’Atlético Madrid, comment s’est réalisé ce transfert ?

Avant de faire l’Euro 2008 avec la France, j’ai annoncé à l’Olympique Lyonnais que je quittais le club, mais je n’avais pas encore trouvé de nouvelle équipe. En tout cas il était temps pour moi de partir, avec ma femme nous étions partants pour tenter une nouvelle aventure. J’avais besoin de quitter l’OL car il y avait une vraie évolution à Lyon et une jeunesse arrivait, il fallait laisser la place. C’était le moment ou jamais pour vivre une nouvelle aventure. Au début ma femme et moi étions orientés vers l’Angleterre, Arsenal s’est proposé pendant une période, mais ça ne s’est pas fait finalement car je n’ai pas le physique pour évoluer là-bas. Les Gunners étaient intéressés, mais pas emballés. L’Atlético arrive sur le marché et me propose un contrat. Tout ça se fait assez rapidement après l’Euro 2008. Je me rends là-bas, je rencontre les dirigeants qui ont un bon discours, j’ai un super accueil, je signe en Espagne, et c’est parti !

Tu n’es resté qu’un an à Madrid. Pourquoi cette expérience n’a-t-elle pas fonctionné ?

Je suis arrivé dans un groupe où il y avait un noyau dur d’Argentins dont Leo Franco, le gardien titulaire, donc il était bien en place, ça a été difficile de le faire bouger. Je n’ai pas eu de contacts avec l’entraîneur des gardiens, et ça aussi ce n’est pas facile à accepter, mais il se sentait proche de Leo Franco, ça peut se comprendre. C’était un vrai manque de ne pas pouvoir échanger avec son coach. Cependant, humainement, nous nous sommes très bien entendus avec Leo, j’ai passé une année fantastique sur ce plan-là, je n’ai aucun regret. L’Atlético est un club fantastique ! Si j’avais pu jouer plus souvent, je pense qu’à l’heure actuelle je serais encore dans cette équipe. Il y a une atmosphère extraordinaire, c’est un club populaire avec des gens qui sont adorables en plus, je me suis vraiment régalé. Et c’est très certainement pour ça que je suis retourné vivre à Madrid.

« A l’Atlético on regardait le Motus espagnol dans le vestiaire avant les rencontres de Ligue des Champions ! »

Tu vis à temps plein à Madrid ?

Je viens trois jours par semaine travailler à Paris et le reste du temps je suis en Espagne, la vie est très très belle pour moi. On m’a parlé d’une petite mort après la fin d’une carrière, mais moi je le vis limite comme une renaissance. Tout ce dont j’ai pu me priver pendant mes années football, j’en abuse dorénavant. Je mange, je bois… Je le faisais à petite dose quand j’étais gardien et je le fais de façon un peu plus excessive à présent. Franchement je vis ! Avoir son week-end, c’est juste exceptionnel, c’est le top.

Le championnat espagnol est totalement différent de la L1 ?

C’est un super championnat ! Ça joue dans tous les sens, c’est impressionnant. Tu n’as pas l’animosité que tu peux avoir dans les stades français, c’est dix fois plus sain au niveau de l’ambiance en Espagne également. Tu as beaucoup de ferveur, mais largement moins d’agressivité. Je me souviens que cette saison-là on avait des TV dans les vestiaires. Et ces TV étaient branchées sur n’importe quoi, du style le Motus espagnol avant les matchs de Liga ! J’étais choqué ! Intérieurement je me suis dit : « En Ligue des Champions, ça ne sera pas la même chose, la pression montera un peu plus », et non c’était exactement pareil. J’ai halluciné et j’ai trouvé que c’était une façon de laisser le football à son niveau, ce n’est qu’un jeu.

Greg Coupet PSG

Greg Coupet est revenu en France à la surprise générale (dessousdusport.fr)

Tu côtoyais Aguero et Forlan pendant ton passage à l’Atlético, ça devait être quelque chose d’avoir ces deux joueurs dans son équipe.

Ce sont des super mecs, des bons furieux tu vois ! Enfin surtout Kun, un furieux, mais d’une gentillesse… Je l’adorais car c’est un vrai jeune, vivant, et il était top. Pour Forlan, c’était un super pro, un super mec qui était très classe. Je l’adorais, parce que à l’époque il vivait seul, il était très rigoureux, il venait toujours en avance à l’entrainement. On se retrouvait généralement le matin à la musculation, il faisait sa séance comme un pro, il mangeait équilibré, il faisait très attention à lui, c’était un grand joueur.

Et puis tu prends la direction du PSG, un peu à la surprise générale. On ne s’attendait pas à te revoir en France.

Alain Roche me sollicite et je fonce tout de suite au PSG. Il faut savoir que la deuxième année de contrat, Madrid me paye plus que ce que me proposent les dirigeants du PSG, donc je viens ici pour jouer et non pas pour l’argent. Puis Paris ce n’est pas commun… Paris, c’est Paris ! En partant de l’OL je m’étais dis que je ne jouerais pas pour un autre club français. Dans ma tête, ce n’était pas possible que je revienne en Ligue 1 pour faire moins que ce que j’avais pu faire durant mes onze saisons à Lyon. Mais Paris, pour moi, représente des grands gardiens comme Lama, Bats, Revault, Landreau et j’avais été marqué par la génération Le Guen, Guérin, Ginola, Weah, Rai… Tout ça, c’est le PSG ! Ce qui m’attire aussi c’est le challenge compliqué, ça m’excitait vraiment, je ne voulais pas de simplicité, surtout pas. Je voulais du dur et de l’ambition, et c’est pour ça que dès que je suis arrivé j’ai annoncé qu’il fallait qu’on joue le titre, et ça avait fait un tollé. Kombouaré était venu me voir et m’avait dit « Putain, faut éviter de déclarer ce genre de trucs, parce qu’on se rajoute une pression supplémentaire ». Je lui ai répondu que si le PSG m’avait recruté pour le jouer le milieu de tableau, ils s’étaient trompés de personne.

Finalement, il n’a pas eu tout à fait tort puisque vous finissez 13e à l’issue de la saison…

Mais tout est dur ! Le truc, c’est qu’ici il y a tellement d’aimants, tu es attiré sans cesse, ce n’est pas simple. Mais ce que j’ai adoré, et ce que tu ne réalises pas quand tu es en dehors du PSG, c’est que les gens t’adorent ici, c’est phénoménal ! De l’extérieur on voit toujours les polémiques sur les supporters, mais quand tu es au sein de cette équipe… Ils bandent pour ce club, c’est fantastique. Moi j’ai pris un pied énorme durant ces deux ans. J’ai rencontré des gens extraordinaires pendant mon passage et c’était le top.

Tu te blesses cette saison-là, tu es en concurrence avec Edel pendant un bon bout de temps, vous vous entendiez bien tous les deux ?

J’ai eu une super complicité avec lui, c’était fantastique. Il m’appelle « Papa » (rires). De l’autre côté moi je l’appelle « Gato », au départ il pensait que c’était comme la pâtisserie car il était costaud ! Effectivement il est costaud, mais c’était en rapport avec le chat. J’avais beaucoup d’admiration pour lui, je le trouvais et je le trouve toujours très bon. Bien entendu, ça n’a pas été facile pour lui au PSG, mais ici c’est beaucoup plus compliqué. Tu peux te permettre de faire des erreurs dans certains clubs, mais à Paris tu te fais lapider à la moindre faute, c’est ce qui rend ce club si exceptionnel ! C’est excitant de jouer ici… J’aimerais revenir à mes 25 ans et rejouer au PSG, surtout quand je vois l’évolution du club en ce moment, je voudrais être là et je serais prêt à reprendre les gants.

« Il y avait une psychose de dingue dans le vestiaire du PSG »

Il y a eu du mieux la saison d’après avec cette 4e place accrochée juste derrière l’OL.

Oui, il y a eu une évolution !  J’avais rejoué en fin de saison après avoir repris la place d’Edel, c’était un défi. Jouer au PSG est un défi. Tu n’es pas apprécié en province, tu as la pression médiatique, chaque fait est décortiqué, tu as la fameuse crise de novembre…c’était un truc de fou.

Comment est l’ambiance dans un vestiaire comme celui du PSG ? On entend tellement de choses dans les médias.

Je me souviens d’une réunion ayant lieu lors de ma deuxième saison à Paris, il y avait eu un coup de gueule de plus, un parmi tant d’autres ! Le lendemain la causerie est sortie dans la presse, mais limite mot pour mot… Et dans ta tête tu te dis « Ce n’est pas possible, y’a des micros dans le vestiaire ». Même quand un journaliste t’appelle et qu’il te pose des questions sur ça, tu ne peux pas retranscrire parfaitement la chronologie de l’action. Il y avait une psychose de dingue dans le vestiaire à ce moment-là. Ça fout un gros malaise quand tu sais que ça sort de l’intérieur du groupe.

Coupet EDF

La vie en équipe de France n’a pas été simple pour Coupet (lmdpsg.fr)

Cela avait-il un rapport avec l’altercation Nenê-Hoarau de l’époque ?

Non pas cette fois-ci, mais à propos des deux joueurs que tu cites j’avais du intervenir derrière. Il y a eu un quiproquo au niveau des propos de Guillaume, et ça avait foutu un malaise entre les deux joueurs alors qu’ils s’entendaient super bien. Nenê nous a fait la gueule pendant pas mal de temps… J’ai fini par faire une réunion pour qu’il y ait une discussion et qu’ils arrêtent leur connerie. Ça m’embêtait qu’un élément extérieur puisse affecter ces deux joueurs, et j’aurais aimé qu’on soit plus costauds tous ensemble durant cette période, mais très franchement on avait un bon petit groupe avec Maké, Peguy, Sylvain Armand.

Tu gardes encore quelques contacts avec des joueurs du PSG actuellement ?

Oui, Christophe Jallet notamment. On est arrivé la même saison au PSG, on s’était retrouvé dans le même hôtel également. Puis on partage les mêmes passions, le rugby, le cognac, le vin, donc on a pas mal de sujets qui nous rapprochent. On se voit très peu, par rapport au travail que je fais, car je n’ai pas envie qu’il pense que je vais à la pêche aux infos par exemple. On a pris un peu de recul, mais dès qu’on se voit, ce n’est que du bonheur. On parle très peu foot quand on se voit d’ailleurs (rires)

C’est Sirigu qui prend ta place la saison suivante dans les buts PSG, que penses-tu de ce joueur ?

J’adore ! Au début j’étais très frustré pour Nico Douchez, car c’est un gars pour qui j’ai beaucoup d’admiration et de respect, et humainement c’est un mec juste géant, j’en suis encore plus fan à présent car je le connais un peu mieux. Mais il faut admettre que Sirigu est un super gardien, on sent qu’il a été éduqué « à la Buffon ». Il a une sobriété dans ses attitudes et une efficacité terrible, ça fait son charme. Puis quand le gars parle français au bout de trois mois, ça force le respect.

Dernièrement Bernard Lama avait émis des critiques à son encontre, tu étais du même avis que lui ?

Non pas du tout, je ne comprends pas que Bernard se permette de dire ça. Pour moi nous sommes une confrérie des gardiens et on doit se soutenir. Tu peux émettre des doutes bien entendu, mais dire que Sirigu ne sait pas bloquer un ballon, c’est faux. Il faut prendre en compte les nouveaux ballons aussi, les trajectoires sont très aléatoires. Et déjà lors des mes dernières années, j’étais frustré de ne pas pouvoir bloquer un ballon comme auparavant. Il faut s’adapter. Il faut vivre avec le changement.

« L’équipe de France en 2008 à l’Euro ? C’était Dallas ! »

Quelle vision as-tu des gardiens français actuellement ? Hugo Lloris reste-t-il le meilleur pour toi ?

Il fait partie des trois meilleurs gardiens du monde à mes yeux. On a l’impression que c’est impossible d’imaginer un gardien français faisant partie des meilleurs sur la planète foot, et j’ai envie de dire pourquoi ? D’accord Hugo n’a pas encore remporté de championnat, n’a pas fait de grandes phases finales avec la France… Mais merde les saisons qu’il fait ! Si la sélection se qualifie pour l’Euro ou la Coupe du Monde, il me semble qu’il y est pour quelque chose. Son efficacité, sa régularité, font de lui un grand gardien. Ce qu’il fait à Tottenham le prouve encore plus.

Si tu devais faire un classement des cinq meilleurs gardiens au monde, qui mettrais-tu ?

Déjà je place Casillas et Buffon devant, sans conteste. En plus de Lloris, j’aime beaucoup Manuel Neuer et Joe Hart, enfin un gardien anglais qui a un bon niveau (rires)

Coupet Atletico

Greg Coupet ne sera resté qu’une seule saison à Madrid (sport24.com)

On va parler un peu de l’équipe de France. Quel bilan tires-tu de ta trentaine de sélections ? Tu pensais pouvoir faire plus ?

Ah j’aurais surtout pu faire moins ! J’étais derrière un monument comme Barthez, donc c’était une grosse motivation et ça m’a permis de me remettre en cause en permanence avec l’envie de toujours faire mieux. Ça a été super enrichissant, car je suis arrivé après la génération 98-2000, donc je suis tombé sur des mecs costauds, des monstres. J’étais un petit poucet au milieu de ce groupe. Alors avec Fabien on n’a pas eu les affinités qu’on aurait pu avoir, mais il m’a poussé à me transcender et, quoi qu’il arrive, c’est un monstre. On a toujours essayé de nous mettre en porte-à-faux, mais c’était le jeu des journalistes !

Cette Coupe du Monde 2006, tu en garderas quels souvenirs ? Tu étais parti pour être titulaire puis Domenech annonce que Barthez devient numéro un.

Le problème, c’est qu’on entend partout que tu es le meilleur, tu te gargarises avec ça, tu te dis que tu as rempli ton contrat pour être titulaire, mais au final tu ne l’es pas. Ce que je comprenais c’est que les Zizou, Thuram désiraient voir Fabien titulaire et je le comprenais parfaitement vu que ça pouvait les rassurer. Là où j’ai eu du mal, c’est que Domenech vienne me voir et me dise « T’es numéro deux », avec aucun argument à la clé. C’était dur et j’étais frustré, mais ça m’a encore plus renforcé par la suite. L’équipe de France aura de toute façon toujours été compliquée pour moi.

Au sein même du vestiaire, l’ambiance devait être particulière, surtout quand on accroche une finale de Coupe du Monde, non ?

J’ai traversé cette compétition avec beaucoup de haine et de rage, et je l’avais un peu en travers de la gorge. C’était très dur et compliqué. (Il réfléchit une dizaine de secondes) Au bout du compte, je ne sais même pas si c’était un bon souvenir, entre la fierté d’être là mais aussi cette rage de ne pas jouer…

Arrive l’Euro 2008 lors duquel tu es cette fois-ci titulaire. Cependant l’aventure se termine rapidement…

C’était le grand n’importe quoi (rires) ! Mais je continue toujours dans la difficulté ! On ne comprend pas tout, on ne maîtrise pas tout, mais on est présent, c’est déjà ça. Mon mérite c’était d’être titulaire mais passer pour un con comme ça ce n’était pas forcément génial (rires) ! C’était Dallas au sein du groupe. J’ai appris plein de choses qui se sont passées durant l’Euro bien après la compétition. Il y aurait eu des réunions secrètes notamment. Je pense que c’était difficile de ne plus avoir Zizou, nos jeunes n’avaient pas suffisamment de talent pour tenir l’équipe et ça manquait de maturité. Il restait Thuram comme taulier, mais pour lui c’était la croix et la bannière, il s’en souvient comme si c’était hier (rires)

On se souvient de cette phrase que tu avais prononcée à propos du but de l’Écosse face à la France (« Le tir de McFadden ? Je l’aurais arrêté »). Avais-tu vraiment dit ça ou était-ce une sur-interprétation des médias ?

Je n’ai jamais dit ça… Le truc c’est que le journaliste me pose sa question et je lui dis « Oui la frappe est surprenante, on ne s’attend pas à le voir frapper comme ça » et il enchaîne en me disant « Vous l’auriez arrêté ce tir ? » je lui dis « Franchement je ne sais pas, j’espère à la rigueur ». Sauf que le lendemain on voyait dans les journaux « Moi je l’aurais arrêté »,  j’ai dû appeler Micka Landreau par la suite, mais le mal était fait… Le journaliste s’était fait sa pub en détournant ses mots. C’est le grand pouvoir que possède le journaliste, pouvoir déformer les propos. Micka a eu beaucoup de mal à digérer cette histoire, mais il sait ce que je pense de lui, c’est un ami et cette histoire m’a fait chier. Je n’avais aucun intérêt à le faire, je ne pense pas être suffisamment con pour dire une bêtise pareille. Le mec a voulu me niquer, il m’a niqué !

Quel regard portes-tu sur l’équipe de France dorénavant ? Elle te plait ?

Je suis très surpris quand je vois des jeunes joueurs comme Alessandrini, pour ne pas le citer, au bout de six mois de L1 ils se retrouvent en équipe de France. J’aime bien ce joueur, il est très fort, mais pour être en sélection nationale il faut être bon sur la durée. Et je pense que tu exposes le joueur, tu vas lui rendre la tâche encore plus difficile car il est international. Il va être vu différemment et beaucoup plus sollicité. Il va devoir prendre tout ça dans la gueule alors qu’il n’a que six mois de Ligue 1…On aurait pu lui laisser le temps de grandir. Être sélectionné trop tôt peut casser des joueurs. Je vais prendre l’exemple de Martin, il plante deux buts en Ukraine, c’est le nouveau Zidane, et depuis un an on ne le voit plus. Mais quand on donne l’exemple d’un gars qui fait six bons mois en L1 et qu’il peut être pris en EDF, alors je pense que la porte des Bleus est ouverte à tout le monde, et ça me dérange énormément. Par contre, quand je vois Pogba déclarer qu’il a le temps avant d’être sélectionné, je dis « Merci ! », alors que tout le monde crie au scandale quand on annonce qu’il n’est pas en équipe de France.

 

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