Olympic Charleroi – RFC Liège, un dimanche à la Neuville !

Par Romain Maggipinto
7 février 2013

Le 30 décembre 1945, le Vieux club de Liège s’impose 1-4 dans sa première confrontation avec les Dogues de l’Olympic. À l’époque on parle de « Division d’Honneur » et le stade est comble, rivalité carolo-principautaire oblige ! Soixante-sept ans plus tard, gros plan sur un derby wallon ou les choses ont pas mal changé.

Arrivé à Montignies-sur-Sambre, première surprise, le stade se trouve à 200 mètres de l’ennemi zébré. Pour planter le décor, on est un peu dans un petit Sclessin, dans la banlieue de Charleroi, il fait froid, gris, toutes les façades de petites maisons ouvrières sont sombres et ternies par les années, bref on s’attend à voir Ken Loach débarquer avec une équipe de tournage !

Quand on entre dans la Neuville, on découvre un stade d’entre-deux-guerres, ou à peu près. Tout a l’air d’époque, avec une vieille tribune debout derrière un goal, et ce qui a dû en être une à l’époque où l’Union Saint-Gilloise régnait en maître sur le football belge, derrière l’autre et qui ressemble à un petit terril à présent. On apprendra plus tard qu’elle a été détruite pour non-conformité. Les possibilités d’aménagements paraissent limitées, la tribune principale jouxtant une patinoire et les autres étant entourées de maisons.

Direction la buvette, pour se réchauffer avec une bonne bière belge. Ici, on sent que c’est un club où tout le monde se connait. Dès notre entrée, on nous fixe comme si on s’était perdu. L’ambiance est calme et bon-enfant, et à Charleroi, pas de chichis, on tutoie tout le monde ! Je ravale tout de même mon accent liégeois pour commander à boire, on ne sait jamais, sur un malentendu…

Nous prenons place en tribune assise, le match va commencer. Le coup d’envoi est donné par Mbo M’penza, c’est plutôt sympa de revoir l’ancien Diable Rouge. La vieille tribune derrière le goal est quasi vide, et ce qui semble être un petit kop (une quarantaine de Carolos) s’est formé en face de nous, séparé des 200 Liégeois ayant fait le déplacement par une barrière (et une demi douzaine de stewards). La mascotte des Dogues, une espèce de croisement entre Snoopy et Pandi-Panda, semble mourir de chaud sous son costume. Autour de moi, de très vieux supporters. On sent qu’ils ne manquent jamais un match, et on entend régulièrement des complaintes ponctuées par  « Ça fait cinquante ans que ça dure ! ».

Stade de la Neuville

La tribune assise et le « Dogue » (photo Romain Maggipinto)

Début du match, Liège mène au score dès la septième minute. Personne n’a l’air surpris. Douzième minute, penalty pour les Sang et Marine. Un supporter devant moi crie : »S’il l’arrête, on gagne le match, je vous le garantis ! ». Il l’a arrêté, … mais l’Olympic a quand même perdu 0-2. À la mi-temps, même constat, les fans semblent résignés. Pourtant on sent qu’il y a quelque chose ici. Ou plutôt, qu’il y a eu quelque chose. Comme l’odeur d’un passé lointain où le club évoluait parmi l’élite, où la Neuville bouillonnait, où on vivait des derbys exaltants et autres matchs de gala…

Désormais seul un timide tambour se fait entendre. Le club a frôlé la radiation l’an dernier. Sauvé de justesse, il est en pleine reconstruction. Il va falloir être patient à l’Olympic. En parlant de la faible assistance aux gens autour de moi, on m’explique qu’ici ce sont les derbys hennuyers qui attirent la foule. Le club partage en fait son stade avec le FC Charleroi (dont les défaites sont acclamées lorsqu’elles sont annoncées par le speaker). Tamines, qui ne joue pas très loin, est également un rival dans cette « Promotion D » où les Dogues n’ont plus grand chose à espérer.

En quittant le stade, tout est très calme, si ce n’est quelques échauffourées chantantes entre supporters des deux camps. Le kop retire la banderole « Olympic, retour en D1 » et reviendra déjà la semaine prochaine. En attendant des jours meilleurs…

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