Serie A : Naples pleure quand les gardiens rient

Par Fabien Segalini
18 décembre 2012

La Juve, encore la Juve et toujours la Juve. L’équipe piémontaise paraît hors d’atteinte cette saison, peut-être encore plus que l’année dernière. La plénitude du jeu turinois n’est plus inquiétée, les Bianconeri gagnent, toujours…
Et là où quelques matchs offraient un peu d’espoir à ses concurrents la saison dernière, cette année elle assomme tout le monde. On attend avec impatience de les voir en Champions League défendre fièrement l’étendard de toute l’Italie. Ce week-end encore en Italie, la Juve a creusé un écart encore plus profond avec ses poursuivants. Et quand, de plus, les tribunaux s’en mêlent, on voit mal quel cataclysme pourrait empêcher le club turinois de coudre une troisième étoile à la fin de la saison.

La journée d’un oeil de gardien

Sorrentino s’affirme comme le gardien le plus sous-coté du championnat. Crédit: Getty images.

Stefano Sorrentino. Le nom du gardien du Chievo sonne et résonne depuis plusieurs saisons en Italie. Chaque été on l’annonce chez un gros. Chaque saison, il reste à Vérone. Non content d’avoir fait un match exceptionnel la semaine dernière, écoeurant à lui seul toute la Sardaigne, le garçon s’est attelé à remettre le couvert face à une des meilleures attaques de Serie A. La Roma de Zeman a buté tout le match sur lui. Comme souvent au Bentegodi, Sergio Pellissier ira crucifier les romains en toute fin de match. Le jeune Mauro Goicoechea se montra bien moins inspiré et l’empire romain fut déchu… Premier match où les hommes emmenés par il capitano Totti ne trouve pas le chemin des filets, c’est dire la performance de la défense des Clivensi.

De Rome au Latium, c’est Federico Marchetti qui nous sort encore de son chapeau un match plein. Comme face à la Juventus, le gardien laziale a sorti des parades improbables et a pu remercié deux fois ses montants ( les grands gardiens ont de la baraka paraît-il ). L’Inter n’a su se sortir de la nasse et Miroslav Klose a parfaitement réglé Handanovic pour régaler le podium à ses coéquipiers.

Le destin n’est toutefois pas toujours aussi tendre envers les portiers. Le pauvre Andrea Consigli pour l’Atalanta ne put faire grand chose face à la furia turinoise. 3 buts encaissés en une demi-heure. 3 buts sur des frappes millimétrées. 3 points pour la Juventus. Voilà ce que réserve le football aux portiers de tout bords, héros un jour, paria le lendemain à l’image de Sébastien Frey. Même si le Genoa n’a pas perdu, le français a encore encaissé un but et cela commence à faire beaucoup ( et pas mal d’erreurs cette saison) pour celui qui a longtemps été considéré comme l’égal de Buffon dans un pays où être gardien est une institution. Etre gardien est une vocation et le jeune Mattia Perin le sait bien. Malgré ses parades à répétition à chaque match, il a bien du mal à sauver Pescara de cuisantes défaites. Encore 4 buts face au Milan dont deux têtes de ses défenseurs dans ses propres filets. Si même ses propres joueurs se mettent à le tester, cela risque de devenir fâcheux.

Cette ingratitude, ce destin, Samir Ujkani l’a vécu face à l’Udinese. Portant son équipe à bout de bras tout le match durant, il craque à la dernière minute sur une mésentente grotesque avec son défenseur. De héros à paria, on vous dit ! Gianluca Pegolo et Sergio Romero en ont aussi pris 3 en une mi-temps, respectivement face à la Fiorentina ( 3-0 pour la Viola à la mi-temps du derby toscan ) et à Catane ( la furia sicilienne en seconde période). Enfin, Michael Agazzi a subi les foudres d’Ishak Belfodil. Le joueur formé à Lyon est le grand bonhomme du match de Parme, un doublé et à l’origine du but de Jonathan Biabiany. Il traîne le club ducale dans son sillage et sur la bonne voie pour une belle saison. Sale temps pour les portiers, ce poste est si ingrat…

Le Vésuve en éruption

Kone inscrit le but de cette journée. Crédit: brobible.com

Le dernier match de la journée nous a fait passer par toutes les émotions. Ce Naples-Bologne était plus qu’une partie de football, c’était un match du destin. On en avait parlé lors de notre présentation, on l’avait prédit: Bologne est capable de tout. Le jeune espoir Manolo Gabbiadini  a ainsi ouvert le score dès la dixième minute jetant un froid sur le San Paolo et démontrant qu’avec du temps de jeu, il pouvait être bien plus qu’un remplaçant. Pas étonnant que la Juventus ait déjà acquis 50% de ses droits.

Mais Naples a une capacité de réaction qui en fait bien plus qu’un outsider pour le titre. Dès le retour des vestiaires, Alessandro Gamberini égalise sur un centre au cordeau de Lorenzo Insigne. Le jeune napolitain dans tout les bons coups qui confirme match après match qu’il faudra compter avec lui parmi les futurs grands du championnat. Il a presque déjà fait oublier Ezequiel Lavezzi dans les coeurs partenopei. Edinson Cavani score ensuite sur une frappe surpuissante dont il a le secret avant le coup de tonnerre. Cet instant de magie, de beauté pure qui nous fait comprendre que le football est un art. Un but de Panagiotis Koné pour l’égalisation bolognaise d’une reprise acrobatique qui vient déloger les araignées qui s’étaient tranquillement installées dans les buts de Morgan de Sanctis. On se dit que ce match plein d’émotions touche alors à sa fin mais trois minutes plus tard, c’est le capitaine bolognais Daniele Portanova qui vient crucifier les joueurs de Mazzarri. De retour après 4 mois de suspension, il renaît aux yeux de tous.

Enfin, on espérait lors de notre présentation que la poignée de main ne serait pas contagieuse de suspension. peut-être a-t-on été des oiseaux de mauvais augures mais la nouvelle est tombé comme un couperet aujourd’hui: dans l’affaire des matchs truqués, Naples est condamné à deux points de pénalités et son défenseur Grava à 6 mois de suspension. Pis encore, le capitaine Paolo Cannavaro écope de la même sanction. Naples devra donc trouver une solution de rechange pour commander sa défense. Un dimanche noir en Campanie…

 

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