L’ambiance était tendue du côté des supporters liégeois présents dans le stade avant le match. Après l’ouverture du score anderlechtoise, la tribune 3 a explosé, une pluie de fumigènes tombant sur le goal au pied de la tribune. Retour sur ce « Clasico » remporté par le Standard… suite à la révolte des supporters.

La rage de vaincre illustrée par Astrit Ajdarevic (© photo news)
Peu de monde s’attendait à un match équilibré, bien que la défaite d’Anderlecht contre Malaga avait prouvé que les Mauves n’ont pas un niveau exceptionnel. Mais quand le détesté Milan Jovanovic marque contre son ancienne équipe après 9 minutes, la tribune 3 entonne des chants demandant la démission des personnes qui dirigent ce club, c’est-à-dire le président Roland Duchâtelet et surtout le directeur sportif Jean-François De Sart, dont une banderole mise en place par les Ultras Inferno (voir notre interview sur le sujet il y a 2 semaines) dénigrant l’ancien sélectionneur des Diablotins. Fumigènes et pétards sont lancés de cette tribune au pied du goal de Silvio Proto. L’arbitre de la rencontre interrompt le match pendant que les supporter sonnent la révolte dans les gradins.
Quand le jeu reprend, les joueurs du Standard dégagent la même grinta sur le terrain que les fans dans les tribunes. Les Anderlechtois s’éteignent petit à petit face à la furia liégoise et, à la 34e, Frédéric Bulot reprend de la tête un centre d’un Jelle Van Damme omniprésent pour remettre les rivaux à égalité. Kawashima puis Proto sortent une occasion dangereuse.
Dans les tribunes ça devient encore plus chaud, la direction en prend pour son grade et une nouvelle salve de fumigènes fait trembler les Anderlechtois. Alors qu’on donne 7 minutes de temps supplémentaire avant la pause, de nouveau l’espoir Français Frédéric Bulot fait trembler les filets d’une reprise de volée magnifique, laissant impuissant Proto comme mercredi passé sur la reprise d’Eliseu. À la pause, Kanu fait son retour sous la vareuse du Standard pour remplacer un fébrile Yohan Tavares. Deuxième changement qui fait du bien aux Rouches, Astrit Ajdarevic ayant du remplacer au quart d’heure Nacho Gonzalez blessé. Le Suédois est bien présent sur le terrain et la rentrée du défenseur a solidifié une défense se retranchant de plus en plus à la hauteur de son rectangle.

Ce sont eux les hommes du match (© photo news)
Le match a de nouveau basculé quand Réginal Goreux accroche Jovanovic dans le rectangle. Le buteur Congolais Dieumerci Mbokani prit la responsabilité de tirer le pénalty et rata le cinquième pénalty de la saison des Bruxellois ! Alors que William Vainqueur règne sur le milieu de terrain, Goreux prend un deuxième carton jaune à la 68e minute suite à un trop plein d’adrénaline. Le joueur formé au Standard était surmotivé mais ses interventions dans les duels étaient trop agressives. Le pivot des Rouches Dudu Biton a dû céder sa place au défenseur Ibrahima Cissé suite à l’exclusion.
Le reste du match n’offrit que des longs ballons de Proto vers son équipe placée dans le camp Liégeois. Mais la défense locale ne lachait rien, tous les duels étaient remportés par les Rouches au grand plaisir du public dont son enthousiasme ne faisait pas que combler la réduction à dix. Alors que Sclessin attendait le coup de sifflet final, Mbokani fut servi dans le rectangle. Lob magnifique de l’ancien joueur du Standard qui bat le portier Japonais… mais tombe sur la latte ! Dernier fait de ce match fou, où les fans du Standard auront retrouvé une équipe qui se bat sur le terrain même si la qualité du jeu n’a pas frôlé le génie. Une grande bouffée d’oxygène pour le Standard même si la direction ne cessera pas d’être critiquée.

La pluie de fumigènes (© photo news)
Les Mauves retournent déçus de cette nouvelle défaite, paralysés par le public local. Malgré ça, ils reconnaissent avoir mal joué comme l’a déclaré le coach John Van den Brom : « Je n’avais encore jamais vu ça. Ces fumigènes ont déconcentré les joueurs. Et il est humain d’avoir peur dans de telles situations. Mais bon, on n’a pas bien joué. » De son coté, Milan Jovanovic est de nouveau furax : « Après un tel match, pas étonnant qu’on ne soit nulle part au niveau européen. Quel message fait-on passer aux gens en jouant ainsi ? C’est ça le spectacle que vous avez envie de voir ? Pas moi. C’était un scandale. Ce match, ce n’était pas du football. Ni d’un côté, ni de l’autre. C’était un combat, avec de longs ballons et des tackles. Et je ne dis pas ça parce que nous avons perdu. Les deux équipes ont voulu détruire le match, rien d’autre. Nous sommes tombés dans le piège tendu par notre adversaire, et nous n’avons jamais essayé de redresser le tir. »






