Portugal : L’un des viviers de la Selecção en perdition

La ville de Povoa de Varzim dans le nord du Portugal est réputée à travers tout un pays pour ses belles plages et son grand casino. Mais surtout pour sa tourada. La tauromachie est en effet un sport très pratiqué dans la péninsule ibérique. Le comble, c’est que depuis quelques années, son club de foot – le Varzim Sport Club (D3) – joue le rôle de taureau. 

Entre crise économique et problèmes sportifs, cette usine à jeunes talents, ne sait plus où donner de la tête. A l’heure actuelle, on y tente bel et bien de restaurer les vestiges d’un passé inscrit dans l’élite portugaise. Aux côtés des mastodontes de Porto et de Lisbonne, oui. Malgré les idées reçues, durant 21 saisons (sur les 38 disputées de leur histoire), les Lobos do Mar ont joué un petit rôle au niveau national, dans la compétition que l’on appelle désormais la Liga Sagres. Pourtant, à l’issue de la saison 2002-2003, l’équipe plonge droit en 2e division. Elle ne s’en est toujours pas remise et s’est même empêtrée dans un bon fumier. Lumière sur le Varzim Sport Club.

Une institution qui a formée plusieurs joueurs de la Selecção

Luis Neto sous le maillot du Varzim SC ( Crédit Photo : www.record.pt )

Le Portugal ce n’est pas qu’Amalia Rodrigues, le Porto ou le Bacalhão. Nan. Et à ce titre, le Sporting n’est pas la seule marque de production dans le foot guesh. Varzim, c’est un endroit bondé en plein mois d’août. Des immigrés francophones aux étrangers en passant par les locaux des villages voisins. Du pur tourisme quoi. On peut d’ailleurs y croiser Pepe, Bruno Alves ou d’autres joueurs de la Selecçao en train de taper un ballon sur le bord de mer. Cool. Parce que cette ville a vu grandir des grands joueurs.

Et logiquement, elle a accueilli ces futurs internationaux dans son enceinte : l’Estádio Varzim Sport Clube. Depuis plusieurs années la liste ne fait que de s’allonger. Helder Postiga, Bruno Alves, Eliseu ou encore Luis Neto invité surprise de la liste de Paulo Bento il y a peu, se sont forgés chez les Poveiros. Et tous ont déjà été appelés en Selecção. Un travail de formation qui porte ses fruits. Régulièrement, les gros viennent jeter un coup d’œil à ce qui se fait de mieux entre Minho et Douro. Plus récemment, on y a vu passer des espoirs gueshs comme Salvador Agra (Betis Seville), Rafael Lopes (Moreirense), Andre Andre (Vitoria Guimarães) ou To Barbosa (prêté actuellement par le Gil Vicente). On y forme aussi des familles de joueurs. Washington Alves, ancien membre du club, a décidé d’y inscrire ses trois fils. Geraldo n’a pas vraiment percé. Son frère Bruno lui, est actuellement le pilier de la sélection nationale. Le jeune cadet Julio fait déjà parler de lui. Prêté au Sporting B par le Besiktas, il évolue régulièrement chez les espoirs. La relève semble assurée.

Une descente aux enfers principalement financière

Contacté par nos soins, Pedrinho a évoqué certains des maux qui ont affectés son ancien club, et surtout l’endroit où sa carrière a vraiment commencée. « La situation de crise du club n’est pas nouvelle. Elle remonte au moment où l’équipe se trouvait en 1ère division. A ce moment-là, elle a dépensé plus d’argent qu’elle n’en recevait », a affirmé le latéral portugais de Lorient. Avant de préciser que la situation « s’était détérioré avec le temps ».

Le club poveiro est donc rentré dans le cercle fermé des équipes qui ne payaient pas (en temps et en heure) les salaires de ses joueurs. De 3 à 5 mois de retards ! Ce qui s’est ressentie dans les résultats. Un malaise dont ont souffert d’autres institutions portugaises récemment, et notamment l’effectif de Leiria, il y a tout juste un an. Finalement «  les loups de mer », ont coulés. L’argent n’a beau pas faire le bonheur, il n’a pas arrangé les affaires de Varzim. Heureux vainqueur du groupe B de la Segunda divisao (D3), le VSC s’est vu refuser l’accès dans l’antichambre de la SuperLiga, pour seule raison la non-possibilité de payer l’inscription à l’étage supérieur. Quand les bilans de gros sous priment sur les résultats sportifs cela devient inquiétant…

Varzim Sport Clube et Rio Ave, voisins en guerre

Deux villes mitoyennes et donc deux équipes rivales comme souvent dans le foot. Le Rio Ave, c’est une équipe de première division qui marche sous l’importante influence de Jorge Mendes. L’agent de tous les produits made In Portugal. Et là encore, Pedrinho nous raconte : « Le club de Varzim n’a jamais eu une bonne relation avec le Rio Ave. Il effectue une meilleure formation de la jeunesse, et obtient des meilleurs résultats. »

« Quant au public, il stimule plus les joueurs, ce sont vraiment de bon supporters. Alors c’est vrai que le Rio Ave s’est bien développé ces dernières années, mais il doit payer pour le cas Julio Alves ». Oui, 260.000 € réclamés pour la formation du joueur, lors de son transfère de la Gestifute’s Academy pour l’Atlético Madrid.  Les Poveiros ne voudront pas lâcher l’affaire, et cela alimente un peu plus le feu qui brûle entre ces deux camps.

Des projets pour se relancer ?

L’équipe actuelle va jouer la montée ( Crédit Photo : Luis Xavier, www.varzim.pt )

Le club a des projets pour se sortir de cette crise. On y a déjà vendu le stade de 12’000 places. Le but étant d’en refaire un plus petit. L’occasion donc de renflouer un peu les comptes. Ce qui servira à terme, à la création d’un important centre de formation, mais aussi de payer une bonne partie des dettes. Un vrai projet qui pourrait s’avérer payant. Car un centre de formation, c’est la possibilité de sortir plus de talents, et par ailleurs de mieux vendre.

Dans le même groupe que l’illustre Boavista, l’équipe de Varzim va donc tout faire pour se relever. Cela passe par un nouveau titre en fin de saison, et enfin peut-être, l’accession à la deuxième division. Avec toujours autant de jeunes pépites comme Rui Coentrão (tout en bas à droite de la photo ci-contre), 20 ans et latéral gauche, comme son frère… Fábio.

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