Portugal : le match face à la Russie en cinq points

Le Portugal se déplaçait hier soir en terre russe. Pour le compte de la 3e journée de la phase de qualification pour la Coupe du Monde 2014 au Brésil, les coéquipiers de Moutinho ont buté sur un solide mur russe (1-0). En marquant d’entrée de jeu, l’équipe de Fabio Capello a assuré les trois points et la première place de ce groupe F. Retour sur le match, en cinq points clés.

« Cada jogo, uma final »

Prendre chaque rencontre comme si c’était une finale, voilà le slogan martelé depuis peu au Portugal. Après ce match catastrophique on se demande quelle finale a-t-on vu ? La finale de l’ennui peut-être…  Car sans ambition, sans réussite, voire sans cojones, le Portugal n’a pas su empêcher le coup de Trafalgar des Russes, amorcé par l’ouverture du score de Kerzhakov.

Ruben Micael, un choix infructueux

Pour masquer l’absence d’un Raul Meireles blessé, Paulo Bento décidait d’aligner Ruben Micael. Manque de pot, celui-ci est passé totalement à côté de son match. Sa passe foirée permet d’ailleurs à Fayzulin de lancer brillamment Kerzhakov. Sur cette ouverture, Pepe est largué, Bruno Alves aussi. Rui Patricio est torpillé (6e). Russie 1, Portugal 0. Et les problèmes ne font que de commencer puisque le joueur de Braga n’est jamais parvenu à combler le vide laissé par Mereiles, les Soviets ayant aisément pénétré l’entrejeu guesh à de (trop) nombreuses reprises. Sur les actions offensives, il n’a pas assuré son rôle de relais. Les attaquants ont été coupés du monde. La tête pleine de caoutchouc, Cristiano Ronaldo a commencé à gueuler, et son équipe s’est cassé la gueule, à l’image de Fabio Coentrão. Le latéral merengue est sorti rapidement sur blessure, remplacé par un Miguel Lopes, habituellement latéral droit.

Paulo Bento

En Russie, les choix de Paulo Bento n’ont pas été des plus inspirés. Photo : uefa.com

Paulo Bento joue à la roulette russe

Les choix du sélectionneur guesh ont clairement laissé à désirer. En ne sélectionnant pas de latéral gauche remplaçant, il l’a payé cash hier soir. De plus, pour trouver la parade face au mur de l’armée rouge, il a décidé de prendre des risques. La titularisation de Ruben Micael en était un. Décevant, il est sorti en seconde période pour laisser sa place à  l’arme secrète portugaise : Silvestre Varela. Le coach décide donc de muer vers son 4-2-3-1 habituel des fins de matchs. Ce qui va apporter de la vitesse, et permettre à la Selecçao de mettre encore plus de poids sur l’arrière garde russe. Mais 13 tirs, et 72% de possession du cuir ne vont pas suffire pour égaliser. Au contraire, les Portugais vont se livrer à des contres très dangereux. Capello a tout bien organisé. Son équipe mène, et gère un pressing incroyable. Paulo Bento est dépassé et décide d’enlever son buteur fantôme, Hélder Postiga. Nélson Oliveira est sur le banc, mais il lui préfère Eder. Celui-ci ne pourra faire mieux que son prédécesseur et, isolé, il se fait bouffer par les armoires à glace russes. Une nouvelle fois, Bento est plus dans l’action que dans la réaction, comme sa formation.

Une équipe (toujours) à la recherche de son neuf

Pour continuer de titulariser Hélder Postiga, Paulo Bento ne peut avoir qu’une idée en tête. Soit il compte vraiment lui faire disputer la Coupe du Monde 2014 au Brésil, et renonce donc à choisir un buteur fixe parmi les jeunes pointes comme Nélson Oliveira, Pizzi ou Eder. Soit il n’a pas compris qu’il fallait, d’ores et déjà, habituer un de ces espoirs à évoluer dans le schéma tactique actuel. Le temps presse, la Selecçao das Quinas a deux ans pour trouver un vrai goleador. Face à la Russie, on a encore vu que c’était une nécessité. Sans un buteur digne de ce nom, le Portugal ne peut pas avoir de grandes ambitions lors des grands événements.

La route vers le Brésil se complique légèrement

Bref, la sélection portugaise a coulé, comme la pelouse. Un terrain synthétique qui aura déstabilisé la bande à CR7. La Russie fait le hold-up et s’envole seule en tête du classement. Elle affiche un sans-faute de trois victoires en autant de journées. Même si rien n’est joué, le Portugal doit rapidement redresser la barre sous peine d’être condamné à jouer les barrages, au mieux. Mardi, les hommes de Paulo Bento affronteront l’Irlande du Nord, un adversaire idéal pour se relancer. Seulement cet adversaire n’est pas forcément synonyme de réussite puisqu’à chaque fois que le Portugal s’est retrouvé dans le groupe de l’Irlande du Nord en phase éliminatoire, ils ne se sont jamais qualifiés. La tâche s’annonce donc rude, surtout que cette formation nord-irlandaise est en constante progression.

Auteur : Christopher Lima 

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