Portugal : l’analyse de la Selecçao de Paulo Bento

Après s’être imposé lors des deux premières journées des qualifications pour la Coupe du Monde 2014 au Luxembourg (2-1) et face à l’Azerbaïdjan (3-0), le Portugal se prépare à rencontrer la Russie (12 octobre), puis l’Irlande (16 octobre). Les deux adversaires les plus costauds de son groupe. Pour mener à bien ses croisades irlando-russes, Paulo Bento a dévoilé sa liste de 23 joueurs. Analyse.

Gardiens :

Rui Patrício

Rui Patrício est le titulaire indiscutable au poste de gardien. Photo : mufc.co.uk

Rui Patrício (Sporting CP) : Après un Euro réussi, il s’est clairement imposé comme le numéro 1 de cette Selecçao. Mais ces cinq buts encaissés lors des deux derniers matchs (dont un cinglant 3-0 concédé contre une modeste équipe hongroise en Europa League), n’inspirent pas forcément l’optimisme. Le peuple portugais a toutefois confiance en lui, Bento aussi.

Eduardo (Istanbul BB) : Après une saison quasi-vierge à Benfica, il a été prêté en Turquie par son club du Genoa. Alors ok, il est titulaire, mais son club végète dans le ventre mou du championnat turc. Insuffisant pour espérer devenir numéro 1. À 30 ans, sa chance semble passée en sélection et il paraît condamné à cirer le banc, sauf blessure de Patrício.

Beto (SC Braga) : Son retour au Portugal lui permet d’être davantage sous les feux des projecteurs qu’en Roumanie. Trop peut-être. Même si son début de saison était pour le moins satisfaisant, il s’est distingué par un frango monumental contre le Rio Ave, qui a fait marrer toute l’Europe. Il a ainsi qui a rappelé qu’il ne peut être que numéro 3. Rien de plus.

Défenseurs :

Luís Neto

Très performant avec Sienne, Luís Neto a été appelé pour la première fois par Paulo Bento. Photo : u.goal.com

João Pereira (Valence CF) : Passer de joueur cadre d’un Sporting décevant à joueur qui a tout à prouver chez un gros d’Espagne, le tâche ne semblait pas aisée pour le latéral droit. Pour le moment, il est loin de l’accomplir avec brio, le club Ché ne pouvait qu’être déçu de son (maigre) investissement. En sélection, c’est un peu la même chose. Depuis l’Euro, ses prestations ont été assez décevantes. Mais il jouit toujours de la confiance du sélectionneur qui devrait lui offrir la chance de briller à nouveau contre la Russie et l’Irlande.

Miguel Lopes (FC Porto) : Invité surprise de l’Euro, l’un des nombreux protégés de Jorge Mendes est toujours là. Il faut dire que les latéraux droits dignes de ce nom ne sont pas légion au Portugal. Cela dit, il devrait, sauf surprise, faire banquette. Comme à Porto d’ailleurs (3 matchs disputés), où il subit de plein fouet l’essor de Danilo.

Bruno Alves (Zenit) : Exilé en Russie depuis trois ans maintenant, le formidable tireur de pénalty (on a pu le remarquer en demi-finale de l’Euro) commence à subir le poids des années. On l’a vu totalement hors du coup contre Málaga en Ligue des Champions. Pourtant, en Selecçao, ses prestations restent très satisfaisantes. Le peuple portugais prie quotidiennement l’ange de Fatima pour que ça continue.

Pepe (Real Madrid) : Comme dirait Antonio de Cargloush, «  c’est du soulide ». Aussi bien en club qu’avec le Portugal, le Brésilien de naissance est impérial. Son entente et sa complémentarité avec Bruno Alves sont un véritable gage de confiance. Les attaquants russes et irlandais sont prévenus.

Luís Neto (Sienne) : C’est le petit nouveau de la liste, il en faut bien un à bizuter quand les joueurs s’ennuient à l’hôtel. En le convoquant, Paulo Bento le récompense de son intéressant début de saison en Serie A, dans une équipe de Sienne condamnée à jouer le maintien. Mais il ne faut pas rêver, l’ancien du Nacional devrait jouer le rôle de Rolando, c’est-à-dire, en cas de victoire, rentrer à trois minutes de la fin pour garder le résultat.

Henrique Sereno (Valladolid) : Comme Nuno Coelho durant les matchs précédents ou Ricardo Costa par le passé, c’est le défenseur bouche trou. Celui qui, sauf blessure ou fait de match important, ne rentrera pas. Quand on pense qu’il va parcourir près de 4000km et se geler les bourses, on ne peut qu’éprouver de la compassion pour lui. Mais bon, un joueur qui n’a disputé que deux rencontres officielles sous le maillot de Valladolid ne peut pas espérer meilleur sort.

Fábio Coentrão (Real Madrid) : Indélogeable (à juste titre) de son côté gauche, le dieu vivant de Bixente Lizarazu (après Messi),  sera encore l’un des principaux atouts défensifs et offensifs du Portugal lors de ses deux rencontres. On attend juste qu’il s’impose avec les Merengues maintenant, où son rendement insuffisant reste encore à l’heure actuelle un mystère.

Milieux de terrain :

João Moutinho

Très en forme actuellement, João Moutinho sera une nouvelle fois le créateur de la Seleçcao. Photo : thesun.co.uk

Miguel Veloso (Dinamo Kiev) : Après deux saisons compliquées au Genoa, l’ancien du Sporting renait de ses cendres. Dans la lignée d’un Euro réussit, il est devenu LE joueur clé de la formation ukrainienne, en à peine deux mois. Il l’a démontré face au PSG notamment, où il avait été le seul à surnager. En Selecçao, même combat, il s’est imposé comme le milieu défensif du Portugal.

Raul Meireles (Fenerbahçe): Aucune nouvelle de lui depuis son départ au royaume des kebabs, jusqu’à hier et son but surpuissant contre Mönchengladbach. On le préférait quand même à Londres, mais il a, semble-t-il, privilégié un VRAI projet sportif en quittant Chelsea pour rejoindre le club d’Istanbul. Peu importe, même s’il est un peu en dessous depuis quelques mois, son activité et son travail de l’ombre sont très précieux pour le Portugal.

João Moutinho (FC Porto) : C’est le meilleur milieu de terrain portugais du moment, enfin depuis quelques mois déjà. Au sortir d’un excellent Euro, on pensait le voir bouger. Cela ne s’est pas fait. On le disait affecté par ce non-transfert, l’ancien du Sporting a répondu de la meilleure des façons : sur le terrain. Comme en témoigne sa récente sortie européenne face au PSG. « L’amalgame entre Xavi et Iniesta », dixit Grégoire Margotton, sera une nouvelle fois le dépositaire du jeu portugais contre la Russie et l’Irlande.

Rúben Micael (SC Braga) : Le trio du milieu de terrain est déjà formé mais il n’empêche que le joueur appartenant à l’Atlético Madrid est une alternative plus que crédible. Un véritable joker de luxe. Très performant avec Braga, notamment sur la scène européenne, son entrée peut débloquer un match. Il sait marquer, il l’a déjà fait quatre fois en neuf matchs cette saison.

Custódio (SC Braga) : À l’image de son coéquipier minhoto, le milieu de terrain de poche ne devrait pas se voir offrir énormément de temps de jeu de la part de Paulo Bento. Mais son pressing, sa combativité et sa qualité de passe apportent toujours un réel plus au Portugal en fin de rencontre.

Rúben Amorim (SC Braga) : Venu faire le nombre au milieu de terrain, le joueur appartenant à Benfica va faire banquette. Son profil alliant physique et technique est intéressant, il le montre depuis de la saison avec Braga, mais pas de quoi bouleverser la hiérarchie. Au mieux, il effectuera une (ou deux) entrée(s) en fin de match sinon il aura eu l’honneur de partager quelques jours avec Cristiano Ronaldo, c’est déjà pas mal.

Attaquants :

Cristiano Ronaldo

La réussite offensif du Portugal sera conditionné par celle de son capitaine, CR7. Photo : goal.com

Cristiano Ronaldo (Real Madrid) : Le CR7 boudeur vient de planter deux triplés en quatres jours, contre le Rayo Vallecano en Liga, et face à l’Ajax en Ligue des Champions. Pas mal pour un mec qui fait la gueule. À l’abord du match de la Russie, l’optimisme est donc de rigueur surtout que le capitaine de la Selecçao tourne plutôt bien contre l’armée rouge. Le 13 octobre 2004, le Portugal accueillait les Russes, en marge des qualifications pour la Coupe du Monde 2006. L’équipe dirigée par Scolari humilie ses adversaires (7-1). CR7 y est allé de son doublé, le premier de ses sept sous le maillot national. Il est d’ailleurs le seul rescapé de cette confrontation. À l’époque il avait 19 ans, aujourd’hui il en a 8 de plus et court toujours derrière son premier hat-trick avec le Portugal. Allez, jamais deux sans trois …

Nani (Manchester United) : Joueur en doute chez les Red Devils le jour, véritable Zoro sur le flanc droit de la Selecçao Das Quinas le soir. Vif, technique, efficace, le Cap-Verdien d’origine est le modèle dont Quaresma a tenté de s’inspirer avant de disparaître comme la mère porteuse utilisée par Ronaldo. Il traverse une dure période en Angleterre, le fait de retrouver la sélection devrait lui faire le plus grand bien.

Hélder Postiga (Real Saragosse) : À force de faire de la pub pour Macdo et ses Royal Cheese, Casper a pris du poids. Au sens propre comme au figuré. Contre le Luxembourg il s’est montré plus dynamique et a donné la victoire à son équipe, sans pour autant oublier de vendanger à tout-va face au but. Le fait qu’il soit le «  goleador » le plus prolifique de l’ère Bento lui assure à nouveau une place dans le groupe et peut-être sur le terrain. Mais à ce rythme-là son frère José – qui joue chez les U17 – va finir par le rattraper. Lui au moins il plante des triplés, comme il y a cinq jours, contre l’Islande.

Nélson Oliveira (Deportivo La Corogne) : Considéré comme la future pointe de l’équipe, il trouve son rythme de croisière en Liga où il est régulièrement titulaire et où il a déjà scoré à deux reprises. Sa bonne entente avec o capitão, Cristiano Ronaldo, s’avère efficace. Si le coach ne s’obstine pas à titulariser « postiche gars », il pourrait bien débuter sur la pelouse russe.

Silvestre Varela (FC Porto) : Contre le PSG il a une nouvelle fois démontré tout son talent  mais aussi son inconstance. En Selecçao, c’est le sauveur de Paul Benoit. À l’Euro il marque le but salvateur contre le Danemark à la 87e. Il a récemment récidivé face à l’Azerbaidjan, où il a débloqué la situation en ouvrant le score à l’heure de jeu, quelques secondes… après son entrée. Ses entrées sont donc souvent décisives, on espère que ce sera encore le cas.

Éder (SC Braga) : Après avoir obtenu sa première sélection au Luxembourg, le Bissau-Guinéen de naissance se retrouve une nouvelle fois dans le groupe. Une juste récompense pour celui qui a remplacé Lima au SC Braga. Pour ces deux rencontres internationales, il pourrait de nouveau être utilisé comme joker, rien de plus.

Pizzi (Deportivo La Corogne) : Le jeune attaquant prêté par Braga à La Corogne réalise un bon début de saison sérieux (6 matchs, 1 but), ce qui lui a valu l’honneur d’être appelé (de manière surprenante) en septembre dernier pour affronter  le Luxembourg et l’Azerbaïdjan. Une première pour lui. Cela dit, il n’a pas eu l’occasion d’honorer sa première cape, on doute que ce soit le cas cette fois-ci. L’espoir fait vivre.

Les absents :

Performant avec Cluj, Mário Felgueiras n’a pour le moment pas modifié la hiérarchie des gardiens. Tout comme le jeune lyonnais Anthony Lopes, désormais numéro 2 des Gones mais qui n’a toujours pas disputé la moindre seconde en match officiel.

Défensivement, la vaste blague Ricardo Costa (Valence CF) semble, pour le moment, terminée. Il faut dire que son expulsion inutile contre La Corogne n’a pu que lui porter préjudice. À Rolando (FC Porto), c’est la bonne entente de la paire Maicon-Otamendi (Ibra pourra en témoigner), qui lui porte préjudice. Ainsi, le Cap-Verdien d’origine n’a pas joué le moindre match cette saison, à partir de là, une simple convocation en sélection semble utopique. Présent sur de la dernière liste, Nuno Coelho (Braga) n’a, cette fois-ci, pas été convoqué.

Au milieu de terrain, le principal absent est Manuel Fernandes (Besiktas). Pourtant auteur d’un début de saison plutôt réussit en Turquie, « Manélélé » a été ignoré par Bento. Sachant qu’il jouait les seconds rôles en Selecçao, ça risque de ne pas être préjudiciable. Carlos Martins, peu utilisé à Benfica, mais aussi Paulo Machado (Olympiakos) ne sont également pas dans le groupe. Tout comme Hugo Viana (SC Braga) qui ne semble pas dans la forme de sa vie actuellement.

Eliseu

Paulo Bento reste de marbre devant les bonnes performances d’Eliseu avec Málaga, pour le moment. Photo : uefa.com

En attaque, une convocation de l’ailier gauche de Málaga, Eliseu, n’aurait pas été volée tant l’ancien de Belenenses est performant depuis le début de la saison en Liga. Son récent doublé en Ligue des Champions à Anderlecht reflétant sa forme du moment. Surtout qu’il pouvait également dépanner en tant que latéral gauche. Autre ailier absent, Ricardo Quaresma (Besiktas) qui ne semble pas avoir d’avenir avec Paulo Bento. Au final entre rester à la maison ou faire banquette, il vaut peut être mieux être dans son canapé, c’est plus confortable. Décrié depuis de nombreux mois en Selecçao, Hugo Almeida (Besiktas) regardera, lui aussi, ses partenaires de son canapé. Il paraît difficile pour lui de revenir dans le groupe tant les jeunes pousses sont meilleurs que lui. Récent buteur avec Toulouse, Yannick Djaló, n’a pas encore retrouvé sa forme du Sporting. En toute logique, il n’est pas convoqué. Mais s’il persévère avec le TFC, il pourra de nouveau postuler.

Avec Christopher Lima

1 commentaire pour "Portugal : l’analyse de la Selecçao de Paulo Bento"

  • Max dit :

    Pas d’accord avec vous. João Pereira a été plutôt bon avec Valence depuis le début de la saison. Il s’impose vraiment comme un titulaire indiscutable.

    Depuis le temps que le club attendait un vrai latéral droit…

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