Nenad Krsticic (Sampdoria) : De l’enfer au paradis

Pour beaucoup, ce nom ne vous dira pas grand chose. La carrière du jeune serbe est pour autant une leçon de vie. Né à Belgrade le 3 septembre 1990, c’est 18 ans plus tard que la vie va le confronter au plus dur de ses matchs…

Titulaire depuis le début de saison avec la Sampdoria de Gênes, ses performances au sein du club doriano ne laisse personne indifférent et surtout pas Sinisa Mihajlovic. L’ancien défenseur a ainsi décidé de le sélectionner dans son groupe pour les prochains matchs des éliminatoires de la Coupe du Monde 2014. Une première qui risque d’en appeler d’autres s’il maintient son niveau de performances.

Du rêve d’enfant gâché…

Sampdoria de Gênes

crédit: sulekha.com

Depuis sa plus tendre enfance, Nenad aspire juste à réaliser son rêve. Le jeune Serbe tape ses premiers ballons et arrive rapidement dans le club de l’OFK Belgrade avec l’étiquette de surdoué. Auteur de 2 buts en 27 matchs avec le club serbe, il est transféré à la Sampdoria le 1er septembre 2008. Un superbe cadeau d’anniversaire pour le joueur qui commence à toucher du doigt le rêve de n’importe quel petit bonhomme qui tripote le cuir.

Il se lie d’amitié avec Pedro Obiang. Les deux milieux vont parcourir ensemble le cheminement des jeunes à l’équipe première. Lui qui avoue s’inspirer d’Andrea Pirlo, « modèle absolu », mais qui peut aussi évoluer dans le registre d’ailier, progresse. La Sampdoria a flairé le bon coup sous le joug du directeur sportif Beppe Marotta (qui est depuis à la Juventus et à l’origine du renouveau du club turinois). Son entraîneur de la Primavera, Renzo Caselli, polit le diamant jusqu’à ce jour maudit pour l’adolescent d’alors…

Arrivé depuis quelques mois au sein du club génois, il rentre au pays pour les fêtes de fin d’année et se plaint de douleurs abdominales. À Belgrade les médecins ne décèlent rien, mais le joueur, préoccupé, s’en va au près du docteur de la Sampdoria, Amedeo Baldari. Au vu des symptômes décrits, le staff doriano fait revenir le joueur à Gênes et lui fait subir des examens approfondis. Le diagnostic tombe comme un coup de massue sur les frêles épaules du joueur. Il est atteint d’un lymphome extrêmement rare au cerveau et on ne lui prédit plus que quelques jours à vivre (les rapports les plus pessimistes parlent même de 48 heures). Opéré en urgence, le joueur s’accroche, soutenu par tout le staff du club. Il prend en charge tous les coûts malgré l’énorme doute qui subsiste sur une carrière possible. Pas à pas, le joueur se reconstruit et recommence à vivre avec une bonne humeur qui lui est propre et dont nombre de ses coéquipiers se font écho. Le miracle se produit lorsqu’il recommence à jouer un an après. Son graal est conquis lorsqu’il apparaît au sein de l’équipe professionnelle le 26 janvier 2011 en Europa League face à Debrecen.

À la résurrection

Sampdoria de Gênes

crédit: zimbio.com

La saison suivante, il intègre l’équipe première malgré la relégation en Serie B. La descente du club est un mal pour un bien. La Samp’ décide alors de reconstruire sur du long terme pour permettre au club de retrouver les sommets digne de l’époque Vialli-Mancini. Le club décide de faire confiance aux jeunes : Obiang, Romero, Krsticic, Pozzi, Rossini, Berardi et Soriano seront la base angulaire du renouveau. Le milieu serbe dispute 13 matchs en Serie B jusqu’à la consécration en cette fin de saison 2011/12. Le club doriano remonte en Serie A et nomme Ciro Ferrara en qui il identifie le parfait technicien pour mener ses jeunes à de grandes performances. Et ça marche ! Grâce à un mélange d’anciens et de jeunes talents, la Sampdoria prodigue un excellent football en ce début de saison.

Désormais titulaire indiscutable dans le onze de Ferrara, Krsticic est de toutes les batailles alors qu’il y a moins de trois ans, on craignait pour sa vie. Le jeune Nenad accomplit son rêve à force de volonté et grâce au soutien sans faille de tout un club. Il déclare désormais vouloir « devenir une bandiera pour le club et les tifosi qui l’ont tant soutenu durant la période la plus sombre de sa vie ».

Il ne le sait pas encore mais c’est déjà une idole pour tous les supporters. Pas encore au niveau des joueurs ayant évolué des dizaines d’années sous une seule et même tunique, mais la vie du numéro 15 est une fable. C’est un exemple pour tout ceux qui continuent à rêver malgré les embûches que la vie s’amuse à semer sur leur chemin. La convocation de Mihajlovic devient comme un exemple, des lettres d’or pour montrer que le fait de ne jamais rien lâcher amène aux plus grands bonheurs, sur le terrain ou en dehors…

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