Mais qui es-tu Maurizio Zamparini ?

Surnommé Mangiallenatori (le dévoreur d’entraîneurs), le président de Palerme, Maurizio Zamparini, est connu pour ses frasques et son tempérament qui ferait rougir l’Etna.

Depuis qu’il a sauvé le club de Venise de la faillite en 1987, l’hommes d’affaires frioulan a limogé pas moins de 40 entraîneurs. Un record mondial s’il en est, à faire trépigner Monsieur Thiriez et les Messieurs de l’UNECATEF en France. Les médias italiens se régalent de ses sorties de route pas toujours contrôlées mais extrêmement savoureuses. Mais qui est vraiment ce bonhomme atypique ? Découverte.

Un hommes d’affaires avisé

crédit: vivereosimo.it

Né le 9 Juin 1941 à Sevegliano, Maurizio Zamparini fonde une chaîne de magasins pour la maison nommé Mercatone Zeta. Cette chaîne est très importante car sa vente au géant français Conforama lui permet dès lors de vivre sur cette rentrée substantielle d’argent. Il gère pendant près de 30 ans différents centres commerciaux en parallèle.

Il possède par ailleurs toujours plusieurs centres en Sicile et possède des actifs dans l’énergie, l’agriculture et tous types d’immobilier (commercial, touristique et résidentiel). Sa gestion des actifs rigoureuse lui permet de réaliser de bonnes opérations et n’a jamais été en difficulté lorsqu’il a fallu investir dans son autre passion : le football.

En plus de l’US Palerme, il est actionnaire d’un petit club de la région romaine qui évolue en cinquième division : le Fidene Football Club.

L’entrée dans le milieu du football

Le premier club d’envergure qu’il acquiert fut le club de Venise. Il était auparavant le président d’un petit club de Serie C2 (quatrième échelon du football italien) : Pordenone. Il en vend les parts pour racheter le club ligure alors au bord de la faillite. Son ambition est alors de remonter le plus vite possible dans le « football qui compte » selon ses propres dires, ce qui équivaut à la deuxième division et plus haut. En quatre saisons, Zampa réussit cet exploit et le club remonte alors en Serie B avant de conquérir la promotion ultime quelques années plus tard. Il était même prêt à financer un stade ultra-moderne sur ses propres deniers à la condition d’avoir un centre commercial de sa propriété à côté ! Le filou ne perd donc jamais la fibre commerciale, mais ce projet ne verra jamais le jour. Après 15 ans à la tête du club, il vend ce dernier pour acheter le club de Palerme. Durant cette période, il consomma pas moins de 21 entraîneurs.

Il rachète à Franco Sensi (feu patron de l’AS Rome) le club de L’US Città di Palermo le 21 Juillet 2002. Son bilan à la tête du club sicilien est exceptionnel. Dans un climat ne flairant pas précisément la sécurité, il réussit à imposer ses choix et sa personnalité au point de devenir citoyen honoraire de la ville de Palerme en 2004 après sa promotion en Serie A. Sa vision fonctionne par cycles, ainsi le club insulaire se qualifie pour les compétitions européennes de 2005 à 2007. Suivent deux saisons de reconstruction puis à nouveau deux qualifications successives. Il souhaita, comme à Venise, construire un nouveau stade en lieu et place du vétuste Renzo Barbera, bien que ce dernier soit l’un des plus charmant et bouillant d’Italie.

crédit: sdamy.com

Le club de Palerme est l’un des plus sains d’Italie en termes financiers, héritage d’une politique fortement influencée par l’autre entrepreneur notable frioulan, Giampaolo Pozzo. Il base sa réussite sur la détection de joueurs méconnus revendus ensuite au prix fort (encore une similitude avec l’Udinese de Pozzo). Jugez plutôt la liste non-exhaustive de joueurs passés par le club rosanero : Sirigu, Balzaretti, Grosso, Barzagli, Silvestre, Amelia, Cassani, Zaccardo, Barone, Toni, Nocerino, Caracciolo, Cavani, Pastore, Kjaer, Bresciano… Tous ces joueurs ont été internationaux et quatre ont été champions du monde !

Au bout de 19 licenciements d’entraîneurs, il nomme un administrateur délégué au club le 28 Septembre : Pietro Lo Monaco. Ce dirigeant très réputé en Italie, passé par le Genoa et Catane, aura la même fonction qu’Adriano Galliani au Milan AC. Il aura la charge du sportif et a d’ailleurs déjà licencié le directeur sportif Giorgio Perinetti. Il rentre au club avec 10% des actions. Cette volonté de prendre du recul est, selon ses dires, le résultat de « dix années de lassitude et d’un besoin de se reposer ».

Le volcan Zamparini

crédit: zimbio.com

Voilà le chapitre que vous attendez tous et les raisons pour lesquelles Zamparini est comparé à l’Etna en Sicile. On a déjà parlé des 40 licenciements en 25 saisons à la présidence de différents clubs. Mais ce sont les conditions qui défraient le plus souvent la chronique. Sa très grande spécialité est ainsi de rappeler les coachs en cours de saison ou de les licencier avant même le premier match ! Les plus beaux exemples sont Delio Rossi et Francesco Guidolin, rappelés trois fois et licenciés autant de fois.

Ses conférences de presse sont autant de sucreries données aux journalistes de la botte. Il déclare ainsi, après 11 journées de championnat en 2011 et quelques injustices arbitrales, mettre en vente le club et vouloir se retirer définitivement du monde du football. Il avait ainsi contacté un consortium d’Abu Dhabi, intéressé au rachat du club. Ces derniers se retireront des discussions, jugeant l’environnement sicilien non adapté à leur façon de fonctionner.

Ses relations orageuses et souvent passionnelles avec ses entraîneurs et directeurs sportifs ont amené Guidolin a jugé son expérience monégasque de « vacances ». Il retournera la saison suivante à Palerme pour être licencié fin avril et rappelé trois semaines plus tard pour les deux dernières journées !

Maurizio Zamparini va sans doute manquer à tous les journalistes et aux amateurs de rebondissements en tout genre. La nomination de Lo Monaco confirme ce recul, mais il a récemment déclaré trouvé le club de Trieste intéressant et plus près de sa résidence. Le rachat n’est peut-être pas loin et imaginons un moment ce que ce personnage haut en couleurs pourrait faire avec un club à proximité en étant plus présent. Allez Maurizio, la Triestina t’attend et nous encore plus…

 

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