Les fortunes diverses des anciens Merlus (1/2)

Depuis plusieurs années, le FC Lorient est réputé pour révéler des joueurs issus de divisions inférieures. Excellents en Bretagne, la donne change, pour certains, lorsqu’ils décident de mettre les voiles. Du Qatar à Arsenal, Sharkfoot vous propose une large revue d’effectif. En deux volets.

 Karim Ziani

Ziani au Qatar, le seul à ne pas comprendre. (FIFA)

Grand artisan de la remontée du FC Lorient parmi l’élite, Karim Ziani s’apprêtait, en quittant la Bretagne en 2006,  à conquérir la Ligue 1. Sans brûler les étapes. L’international algérien confirme, à 24 ans, en réalisant une saison parfaite à Sochaux. Neuf buts, une influence de tous les instants, et une Coupe de France remportée au nez et à la barbe de l’OM de Djibril Cissé. C’est d’ailleurs sur la Canebière que Ziani entame sa descente aux enfers. Recruté 8 millions d’euros pour suppléer la fusée Franck Ribéry, le jeune algérien se noie totalement sur le Vieux Port. Entre blessures, et incompréhensions avec Eric Gérets, le parcours phocéen de l’ancien merlu s’apparente à un chemin de croix.  Adieu la Ligue 1.  Direction Wolsfburg, la Volkswagen Arena, et la Ligue des Champions, pour se relancer.  Avec seulement 15 matchs disputés en Bundesliga (en une saison et demie !), la carrière de Karim Ziani en Allemagne est un véritable fiasco.  Un prêt, manqué, à Kayserispor plus tard, Ziani a 30 ans, et joue à Al Jaish, récemment promue en première division. Il est devenu le capitaine, du club de l’armée qatarie, et a mis fin à une période de trois saisons de mutisme devant le but, il y a peu. Un gâchis.

 

Christophe Jallet 

Partout où il a signé, Jallet ne partait pas titulaire dans l’esprit du coach. Milieu de terrain de formation, il s’aguerrit en Ligue 1 avec le FCL, où Christian Gourcuff le replacera au poste de latéral droit. Un ajustement judicieux. Après trois exercices aboutis en Bretagne, Christophe Jallet s’engage avec le PSG contre la modique somme de 2.5 millions d’euros. En balance avec le brésilien Marcos Ceara pour une place de titulaire dans le onze parisien, l’enthousiaste Jallet, s’impose au fur et à mesure de la saison comme un titulaire indiscutable dans le schéma d’Antoine Kombouaré. Si son équipe échoue à une piteuse 13ème place en Ligue 1, le jeune défenseur droit distribue, lui, onze passes décisives en Championnat. Mieux encore. Après avoir disputé la finale victorieuse face à l’AS Monaco, « Totof » Jallet soulève la prestigieuse Coupe de France, qui reste à l’heure actuelle son dernier trophée remporté. Décrit comme un grand travailleur, et un professionnel émérite, il empile les saisons réussies, jusqu’à devenir l’un des chouchous du Parc des Princes. Malgré les Qataris, Carlo Ancelotti, qui l’a promu capitaine du PSG, et Gregory Van Der Wiel, l’enfant de Cognac reste indéboulonnable sur le flanc droit parisien. Un exploit. A l’époque, Christian Gourcuff disait déjà de lui « S’il évoluait dans un grand club, il serait titulaire en équipe de France ». Le druide breton a des allures de prophète. Après avoir manqué l’Euro 2012 d’un souffle, Didier Deschamps lui ouvre les portes de la sélection. Résultat, deux capes, et un but aussi splendide qu’involontaire, face à la Biélorussie. Une chose est sûre, à bientôt 29 ans, Christophe Jallet  a encore de l’ambition. S’installer au sommet de la Ligue 1, avant de conquérir l’Europe. Un sacré programme.

Au moment de la photo, l’ami Ciani était titulaire. (Twitter Officiel)

 

Michaël Ciani 

Repéré par Guy Roux alors qu’il évoluait à Charleroi, Michaël Ciani n’aura pas eu la chance de jouer la moindre minute sous le maillot Auxerrois. C’est à Lorient qu’il fait ses grands débuts en première division. A l’instar de Christophe Jallet, il quitte lesmerlus en 2009, après trois saisons prometteuses. Recruté par les Girondins de Laurent Blanc, champion en titre, pour 4 millions d’euros, Ciani effectue une première saison de grande qualité. Puissant dans les duels, le défenseur central d’origine Guadeloupéenne parvient à faire oublier le départ de Souleymane Diawara vers Marseille.  Ciani-Diawara, c’est également la charnière de l’équipe type de la L1 2009-2010. Tout un symbole.  Le bordelais se voit même offrir une première (et dernière) sélection sous le maillot Bleu. Raymond Domenech le lance dans le grand bain, en 2010, face à l’Espagne. Bousculé, mis en difficulté par la vivacité des attaquants ibériques, Michaël Ciani vit un enfer. Merci Raymond. Cette sortie ratée ouvre une période difficile pour le central girondin. Bordeaux s’effondre en fin de saison, et Laurent Blanc quitte le navire. Avec Tigana, la saison suivante, on nage en plein marasme. Ciani doute, et goute au banc de touche. Les résultats ne suivent pas. Il faudra attendre l’arrivée de Francis Gillot, pour que la tour de contrôle d’un mètre quatre-vingt neuf retrouve des couleurs. Désireux de vivre une nouvelle aventure, à 28 ans, Michaël Ciani vient gonfler les rangs de la Lazio de Rome contre 2 millions, lors de la dernière intersaison. Sur une série de trois victoires consécutives à son arrivée, le club de la capitale enchaine deux défaites avec son nouveau défenseur central, dont une déroute face au Napoli (3-0). Le manager Laziale Vladimir Petkovic prend les choses en main, et Ciani perd sa place de titulaire. Depuis, la Lazio se remet à gagner. De mauvaise augure pour la suite de la saison. Un temps annoncé comme un titulaire en puissance au sein de l’arrière-garde des Bleus, le grand Ciani n’a pas confirmé. La marche était surement trop haute.

 

Jérémy Morel

Jérémy « la Bûche » Morel ne rate jamais une séance d’abdominaux. (OM.net)

Natif de Lorient. Huit années chez les noir et tango du FCL. Jérémy Morel est un merlu pur sucre. Après avoir tout connu ou presque (il lui manque juste un titre) dans le club de son cœur, le latéral gauche de 28 ans avait besoin d’un nouveau défi. Promu capitaine par Christian Gourcuff pour sa dernière saison dans le Morbihan, Morel ne voulait pas partir pour partir. Mais quand l’OM de Didier Deschamps pointe le bout de son nez, et s’intéresse à son profil, le Merlu n’hésite pas. José Anigo, séduit par son profil de latéral offensif, veut en faire le remplaçant, à moindre frais, de Taye Taiwo. Les observateurs vantent le bon coup, et le flair de la cellule de recrutement marseillaise qui obtient la signature de Captain Morel pour moins de 2 millions d’euros. L’épreuve du terrain, elle, s’avère plus délicate.  Au sein d’une équipe en crise, Morel n’arrive pas vraiment à convaincre. Si Deschamps lui réitère sa confiance à de nombreuses reprises (il sera l’un des joueurs les plus utilisés de la saison), l’ancien Lorientais ne semble pas parvenir à franchir le cap nécessaire pour s’imposer à Marseille. Souvent tranchant avec le FCL, Jérémy Morel n’a toujours pas délivré la moindre passe décisive en quarante matchs de Ligue 1 sous le maillot de l’OM. En fin de saison dernière, Deschamps préférait même aligner le latéral droit Azpilicueta dans son couloir gauche.. Avec Elie Baup, Morel retrouve de la sérénité, et participe au renouveau phocéen. Auteur de son premier but marseillais en Championnat face à Rennes (logique pour un merlu), « La Bûche » , comme on le surnommait à Lorient, semble avoir trouvé ses marques. Attention tout de même, le jeune brésilien Lucas Mendes, fraichement débarqué du Coritiba FC, a fait forte impression lors de sa première titularisation avec l’OM, en Europa Ligue. S’il venait à confirmer son acclimatation éclair au football européen, il pourrait dangereusement menacer Morel, fragile titulaire du poste. Après une saison délicate, le transfuge du FC Lorient n’a d’ores et déjà plus le droit à l’erreur.

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