Avant d’affronter le Paris Saint-Germain samedi, le Stade de Reims arbore une honorable cinquième place au classement. Malgré deux défaites pour débuter la saison, l’équipe entraînée par Hubert Fournier est repartie de l’avant pour provoquer la réussite en s’appuyant sur ses hommes forts et sur une vaillance à toute épreuve. Du courage et de l’abnégation, il en faudra pour lutter au Parc des Princes, toujours sans faire le moindre complexe.
Très attendu pour son retour en Ligue 1, le Stade de Reims répond présent, pour le moment, pour réussir sa mission maintien. Redoutable à domicile, Hubert Fournier peut également compter sur des joueurs efficaces dans les moments décisifs d’un match. Avec ses moyens et le courage comme mot d’ordre, les joueurs rémois espèrent bien grimper une nouvelle montagne. Atteindre le sommet du Mont PSG ne sera pas simple, mais Reims n’est plus à un point culminant près.
Carton presque plein à domicile
Uni derrière leur entraîneur, Hubert Fournier, le groupe rémois ne compte pas lâcher la Ligue 1 après le retour dans l’élite du mythique club, 33 ans après. Dans un 4-2-3-1 classique, mais efficace, le début de saison n’annonçait pourtant pas une surprenante 5e place après 8 journées. Battu à domicile par l’Olympique de Marseille (0-1) et à Bastia (2-1), l’équipe n’a pas paniqué et a su redresser la barre. Il faut dire que le contenu ne méritait pas un zéro pointé. Contre le leader du championnat, le Stade de Reims a fait mieux que lutter puisque le promu s’est créé les meilleures occasions en seconde période avant de lâcher sur une subtile volée de Benoît Cheyrou. Conscient de la qualité du jeu produit, la victoire dans les arrêts de jeu face à Sochaux sur un but contre son camp de Sloan Privat a lancé la saison et a donné confiance aux joueurs.
Il n’en fallait pas plus pour lancer les rouges et blancs. Le déplacement compliqué à Toulouse s’est soldé sur un match nul (1-1) avec une égalisation de Wissam Ben Yedder en toute fin de match. Le match le plus réussi est certainement face à Montpellier, où la victoire (3-1) est bien méritée tant les Rémois ont su lutter avec leur arme pour se montrer tranchant et décisif devant le but. Le scénario est similaire face à Nancy, où le buteur Gaëtan Courtet lance les hostilités après seulement sept minutes de jeu. Après un compliqué, mais important match nul (0-0) dans le Chaudron des Verts, Reims a de nouveau lâché les chevaux à domicile (quatre victoire en cinq matchs, Reims est premier au classement à domicile), en fin de match, contre Nice avec deux buts dans les cinq dernières minutes de la rencontre.

Kossi Agassa réalise un très bon début de saison en étant régulièrement décisif. (togotoday)
Agassa repousse tout, Krychowiak avale les kilomètres
La bonne réussite de l’équipe rémoise s’explique aussi par l’apport de plusieurs joueurs. Dans les cages déjà, Kossi Agassa brille et garde son équipe dans le match dans des moments difficiles en réalisant des arrêts décisifs. Avec 6 buts encaissés en 8 journées, Reims possède la deuxième meilleure défense du championnat avec Bordeaux et Saint-Etienne. Le gardien togolais y est naturellement pour beaucoup, mais la paire Tacalfred – Weber en impose également. Devant eux, un duo formé de l’excellent Grzegorz Krychowiak et Bocundji Ca est le garant de l’équilibre. Le milieu de terrain polonais est redoutable à la récupération avec notamment 3,8 tacles en moyenne par match et 2,6 interceptions, mais aussi une relance propre avec 83% de passes réussies depuis le début de saison. Le positionnement plus haut d’Antoine Devaux lui donne une nouvelle dimension. Son activité sur toute la largeur du terrain permet à ses coéquipiers de s’exprimer et d’avoir une solution en permanence, ce qui lui réussit bien puisqu’il a délivré trois passes décisives.

Gaëtan Courtet est l’arme fatale du Stade de Reims avec un but toutes les 79 minutes. (l’union)
L’efficacité de Courtet et Diego
Sur le côté droit, la blessure d’Odaïr Fortes a amené Fournier à placer l’habituel arrière droit, Christopher Glombard, qui se révèle comme un joueur à l’aise sur le plan offensif (un but et deux passes décisives en cinq matchs à ce poste). De l’autre côté, le retour de Diego Rigonato a fait un bien fou au Stade de Reims. L’ancien joueur tourangeau a rapidement pris ses marques et a déjà inscrit trois buts en seulement quatre matchs (9 tirs, 7 cadrés). Oscillant entre une position d’ailier et de second avant centre, le Brésilien est l’un des hommes en forme. Enfin, devant, Gaëtan Courtet s’affirme comme le buteur de l’équipe (11 tirs, 7 cadrés, 4 buts – un but toutes les 79 minutes). Plus souvent remplaçant que titulaire, l’inefficace Nicolas Fauvergue lui étant préféré, Courtet a lancé la machine avec un premier but décisif contre Montpellier. Il récidive contre Nancy en tout début de match avant de s’offrir un doublé, en rentrant à la 54e minute face à Nice, en fin de match. L’histoire est belle pour le Breton, qui a vaincu la maladie avant de réaliser des débuts tonitruants en Ligue 1 à 23 ans.
Provoquer la réussite pour y croire
Face au Paris Saint-Germain, Reims aura besoin de tous les ingrédients qui ont provoqué la réussite du club sur les dernières journées, comme souligne Hubert Fournier : « Sur ce type de rencontre, il y a une montée d’adrénaline qui est supérieure. Je suis certain que les joueurs le vivront à l’entrée de la pelouse. Ces matches nous permettent aussi de nous surpasser, d’aller au-delà de nos limites. Il faudra justement que l’on ait cette capacité à aller au-delà de nos limites. Il va falloir y aller avec courage et audace pour les inquiéter. » Souvent dominé dans la possession du ballon (45% en moyenne par match) et le nombre de tirs (18 tirs concédés en moyenne, contre moins de 8 tirs tentés), Reims est en revanche diabolique à la finition (57 tirs, plus faible total en Ligue 1, dont 25 cadrés, soit 44%) avec un but tous les 2,78 tirs cadrés. Il n’en faudra pas moins pour espérer faire un résultat au Parc des Princes. La courageuse équipe rémoise espère bien continuer à avoir la réussite de son côté. Si le vent change de direction, Reims pourrait vivre un sale quart d’heure.






