Laurent Walthert : « Avoir 2’000 supporters à domicile changerait notre vie »

Le gardien du FC Bienne, Laurent Walthert (28 ans), nous a accordé un long entretien sur les spécificités de son poste pour Sharkfoot Edition Suisse n°14. En attendant de découvrir ce portier au physique ordinaire (1m81 – 72 kg), mais au style très personnel, il est revenu sur le début de saison de son club.

Laurent Walthert

Walthert est un gardien explosif et régulier. Retrouvez sa longue interview sur les rouages de son poste dans notre numéro de novembre (Mediasports)

Bienne est solidement calé au milieu de tableau (ndlr, l’entretien a été réalisé avant la défaite 3-2 à Bellinzone du week-end dernier, les Biennois sont 8e aujourd’hui, à 5 points seulement de la 2e place) et semble au-dessus de Wohlen et Locarno. Ressens-tu surtout de la fierté vu votre structure semi-professionnelle ou un peu d’énervement suite aux points lâchés bêtement en fin de match ?
Ça se bouscule dans ma tête on va dire (rires). D’un côté, il y a cette fierté de réussir malgré nos moyens limités. On n’est pas ridicule alors que le niveau s’est élevé et s’est professionnalisé. Mais, en tant que compétiteur, je ne peux pas m’en satisfaire. On a montré qu’on n’avait rien à envier à la plupart des équipes. Quand tu perds des points bêtement, toujours sur les mêmes erreurs, c’est lassant et un peu énervant.

Si votre animation est résolument offensive, on sent qu’il y a souvent un relâchement coupable à la perte du ballon et que ces secondes de perdues ne se rattrapent jamais…
Totalement. Notre identité est d’attaquer et de produire du jeu, il ne faut pas la renier. Mais, à la récupération du ballon, on manque parfois de concentration. Faire le petit effort dès la perte du ballon n’est pas naturel chez nous. On a aussi des relâchements coupables, sans doute par naïveté. Pour un gardien, c’est parfois dur à supporter (rires).

On a l’impression que Bienne est l’équipe typique de Challenge League. Spectaculaire, imprévisible, irrégulière et évoluant dans un certain anonymat. Tu es d’accord avec ça ?
Un peu, oui. Comme Vaduz ou Wil. On marque des goals, on en prend et on est capable de gagner ou de s’incliner contre n’importe quelle équipe. Depuis quelques années, on peut dire qu’on est l’équipe parfaite de Challenge League. On se débrouille sans trop de moyens, sans vraiment faire parler de nous, mais on bosse sérieusement. C’est un bon championnat, franchement. Je commence à le connaître depuis toutes ces années et c’est dommage qu’il ne soit pas assez reconnu.

Un peu comme votre équipe donc…
(Rires) Ce n’est pas faute de tout faire pour attirer les gens au stade. Je ne pense pas qu’on s’ennuie quand on vient nous voir, mais il faut accepter que Bienne est une ville de hockey, pas de football. Parfois, c’est un peu démoralisant, car tu sais que ça ne changera pas. Et pourtant, si on pouvait avoir ne serait-ce que 2’000 supporters à domicile, ça changerait notre vie. Avoir le soutien de son public, c’est un énorme plus. Tu te surpasses, tu oublies la fatigue. On en rêverait.

On imagine que les déplacements à Aarau ou Saint-Gall l’an passé doivent constituer des rencontres qu’aucun Biennois ne veut louper…
On joue pour ce genre de matchs, évidemment. Même si on se fait parfois siffler et que l’adversaire est très costaud, ça stimule et ça respire le football. Les grosses ambiances, c’est ce qu’on recherche tous. Quand j’étais à Neuchâtel, lorsque la Maladière chantait…

En parlant de ta formation à Xamax, éprouves-tu des regrets ? Tu n’as joué que 9 matchs au final avec la première, dont 1 seul dans l’élite.
C’était de belles années, mais j’ai quand même un regret. Lorsque le club a ramené Zuberbühler (2007), ça a été un peu dur à avaler. Je pensais vraiment avoir ma chance. Et Xamax signe un gardien international, ce qui n’était pas vraiment dans les habitudes on va dire. Mais je retiens aussi les bons moments, la complicité avec Florent Delay et Jeff Bédénik. Lui, je m’en suis beaucoup inspiré. Il n’était pas très grand et il n’avait peur de rien. C’était un personnage. Quant à Florent, c’est un gentleman. Il m’a donné énormément de conseils. Lausanne a bien de la chance de l’avoir comme entraîneur des gardiens désormais.

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