Islande – Suisse : Duel au sommet sur l’île

La route qui doit conduire l’équipe de Suisse au Brésil passe par Reykjavik et son stade bucolique du «Laugardalsvöllur» qui doit déjà donner des sueurs froides à tous les commentateurs helvétiques. Avec ses 9’800 places assises, le Laugradv…, le stade de Reykjavik est malgré tout la plus grande enceinte d’Islande ! La rencontre est fixée à mardi soir (20h30).

Ce déplacement sur la Terre de glace et de feu ne s’apparente pourtant de loin pas à une sinécure. Avec deux victoires et une défaite, l’Islande figure en deuxième position derrière la Suisse dans le groupe E. Ces récentes performances probantes ont permis à l’équipe nordique de faire son entrée dans le top 100 du classement FIFA (97e). A priori, pas de quoi faire trembler la Nati, fièrement postée à son 15e rang dans la hiérarchie mondiale, une place derrière le Brésil.

À l’épreuve de l’impact physique

Pourtant, les hommes d’Ottmar Hitzfeld ont de quoi se méfier de cet adversaire coriace. Avec leur victoire face à la Norvège (2-0), les Islandais ont prouvé qu’ils pouvaient battre des équipes bien mieux classées qu’eux sur leur terrain. Ils n’ont ensuite pas su confirmer, s’inclinant quatre jours plus tard à Chypre. Alors qu’on imaginait l’Islande bien fragile loin de ses terres, l’équipe dirigée par Lars Lagerbäck a cueilli un joli succès 1-2 en Albanie, vendredi dernier.

Même si elle n’a jamais été une équipe de pointe sur l’échiquier footballistique, l’Islande possède des arguments à faire valoir. À commencer par son entraîneur, le Suédois Lars Lagerbäck, qui possède une certaine expérience avec les sélections nationales. À la tête de l’équipe de Suède de 2000 à 2009, il emmena les Scandinaves jusqu’en huitième de finale des « Mondials » 2002 et 2006 et en quart de finale de l’Euro 2004. Il dirigea également les Super Eagles du Nigéria durant la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. Désormais sélectionneur de l’équipe d’Islande depuis une année, il a mis en place un schéma de jeu qui semble porter ses fruits : un jeu solide, simple et efficace, basé sur l’impact physique. Peu joueuse, l’Islande laisse la plupart du temps l’initiative du jeu à son adversaire. Mais comme en témoigne le succès face à l’Albanie, l’équipe nordique sait se montrer extrêmement réaliste. Unique « star » de l’équipe, le milieu de terrain de Tottenham, Gylfi Sigurdsson, s’impose comme le maître à jouer de cette équipe qui sera, en outre, privée de son capitaine Gunnarsson (suspendu).

Savoir être patient

Mario Gavranovic

Buteur face à la Norvège, Mario Gavranovic devrait être titularisé en pointe. (Pascal Muller – Mediasports)

Côté helvétique, la prudence sera de mise face à un adversaire dont le jeu se rapproche passablement de celui de la Norvège. L’impact physique des Scandinaves avaient mis à mal les joueurs à croix blanche à plusieurs reprises dans les duels, vendredi dernier. Ottmar Hitzfeld sait que ses joueurs se retrouveront face à une équipe bien repliée devant sa défense. Il faudra donc se montrer patient… et prudent, car l’Islande jouera tous les coups à fond. Attention donc à ne pas se laisser endormir par un faux rythme et rester concentré durant 90 minutes.

Hitzfeld ne devrait pas apporter de grands chamboulements dans son onze de base par rapport au match contre la Norvège. La seule incertitude concerne l’attaquant de pointe qui remplacera Derdiyok, suspendu. Un mal pour un bien diront les mauvaises langues, après le match insipide livré par le joueur d’Hoffenheim, vendredi dernier. Pour occuper la place laissée vacante, Gavranovic semble tenir la corde face à Mehmedi et Ben Khalifa. L’attaquant de Zurich tient actuellement la grande forme avec son club et a inscrit l’unique réussite helvétique à Berne, peu après son entrée en jeu. Sa mobilité sur le front de l’attaque devrait donner plus de solutions à une équipe souvent empruntée à l’abord des 30 derniers mètres. Dans cette même optique, on attend également un peu plus de Shaqiri dans son rôle de perforateur des surfaces.

Même si un match nul ne serait pas catastrophique, la Suisse se doit de ramener les trois points de son périple sur l’île nordique. Mais après ce bon début de qualification, les Islandais se prennent eux aussi à rêver d’Amérique du Sud, eux qui n’ont jamais participé à une phase finale de Coupe du Monde ou d’Euro.

 

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