A l’aube d’affronter l’Olympique de Marseille dans un Borussia-Park qui sera, comme lors de chaque joute européenne, plein à craquer, le Borussia Mönchengladbach est en plein doute. Si la crise est pour le moment évitée, nous n’en sommes pas très loin et une défaite à domicile face à l’OM pourrait plonger le club en plein dedans. Et elle précipiterai, bien sûr, l’élimination en Europa League.
Un être vous manque…
Sur un nuage l’an passé, le Borussia Mönchengladbach est bien retombé sur terre cette saison. Un peu comme Felix Baumgartner. En revanche, la chute fut plus longue, mais il serait mentir de dire que celle-ci n’était pas attendue. En ayant perdu trois de ses cinq meilleurs joueurs de la saison passée, il semblait acté que la saison des Fohlen serait beaucoup plus compliquée. A ce point-là, non. Cela montre l’importance que prenaient Dante, Roman Neustädter et surtout Marco Reus dans le système parfaitement huilé de Lucien Favre. Il faut également souligner que dès son arrivée, l’entraineur agé aujourd’hui de 54 ans avait trouvé l’alchimie parfaite entre ses joueurs pour créer un collectif homogène avec un groupe équilibré. Le technicien suisse, convoité cet été par l’OM, ne l’a pas encore trouvée avec le nouveau noyau.
A l’image de son début de saison en Bundesliga, le Borussia Mönchengladbach se cherche, notamment défensivement. Alors que le club n’avait jamais pris plus de deux buts sous les ordres de Lucien Favre, il en a pris 3 face au Dinamo Kiev, 4 face au Werder Brême le week-end dernier, et même 5 à Dortmund il y a quelques semaines ! Après huit journées de championnat, les Fohlen ne pointent qu’à une très peu reluisante 13e place. Bref, les recrues phares (De Jong, Xhaka, Dominguez) ne sont pas encore au niveau des joueurs partis, et si le problème paraît simple, il semble ardu à résoudre pour Lulu. Pourtant, €30 millions ont été investis.
« Même mes parents ne m’avait jamais parlé comme ça »
L’entraîneur suisse a essayé beaucoup de formules. Aucune n’a réellement fonctionné. Favre sent qu’il n’a pas les joueurs pour réaliser ce qu’il avait fait l’an passé, un bloc solide défensivement et quatre joueurs offensifs qui faisaient un malheur en contre. De ceux-là, seul Juan Arango est à son niveau de la saison dernière. Le gaucher vénézuélien est l’éclaircie dans la grisaille de Gladbach et si différence il y a, il est fort probable qu’elle soit déclenchée par cette homme. Patrick Herrmann a connu une préparation tronquée par une blessure et ne revient qu’à son meilleur niveau en ce moment, alors que Mike Hanke, ex-enfant terrible du football allemand, si talentueux, peine à trouver sa place dans l’équipe. Complément idéal de Marco Reus, il ne l’est plus avec Luuk de Jong, dont le style est totalement opposé.
Des tensions apparaissent même au sain de l’effectif. A la mi-temps du match face à Fenerbahçe, Granit Xhaka et Marc-André ter Stegen se sont embrouillés en rentrant aux vestiaires : « Il a le même âge que moi, je ne pouvais pas le laisser faire. Même mes parents ne m’avaient jamais parlé comme ça ! » affirmera le jeune suisse dans une interview. Il en rajoutera même une petite couche sur ses coéquipiers : « Avant le début de la saison, j’ai entendu des joueurs dire « Espérons qu’on se maintienne cette saison. » Je me suis dit, qu’est ce que c’est que cette mentalité. A Bâle, je n’avais jamais entendu ça ! » Autre joueur, autre épisode. Avant le match face à l’Eintracht Francfort début octobre, Mike Hanke avait posté… sur Facebook qu’il n’était pas dans l’effectif pour affronter la surprise de ce début de saison. Il quittera le stade avant le match et ira regarder le match chez lui : « C’est normal que je sois en colère. Je ne comprends pas. »
Après la défaite à Dortmund (5-0), Lucien Favre s’était lâché sur ses joueurs : « On a joué comme des juniors. Peut-être que certains joueurs pensent qu’ils sont exemptés de défendre. Beaucoup n’ont pas compris qu’ils doivent jouer de façon plus intelligente. On peut perdre contre Dortmund mais pas de cette manière. C’est une honte. Je me demande si certains savent où ils sont ? Ici c’est la Bundesliga !« Pendant ce temps-là, Max Eberl, le directeur sportif du club, tente de jouer les pompiers en éteignant le moindre départ de feu : « Les mouvements effectués cet été étaient corrects » en parlant notamment de Luuk de Jong. « Il faut laisser du temps au gamin », avant d’ajouter, au sujet de la dispute Xhaka – ter Stegen : « Tout le monde a le droit de s’exprimer, mais le moment n’était pas le bon. En interne, d’accord, mais en public, ce n’est pas la bonne solution. »
Gagner pour espérer
Face à l’Olympique de Marseille, la victoire est presque impérative pour le Borussia. Dernier du groupe avec un petit point glané à Chypre après avoir été éliminé par le Dinamo Kiev en barrage de Ligue des Champions, Mönchengladbach n’a plus trop le choix s’il veut passer à l’étape supérieure. Pour cela, il pourra compter sur un effectif au grand complet. Seul un joueur manque à l’appel, le jeune milieu de terrain finlandais, Alexander Ring. Il faudra régler les problèmes défensifs et offensifs, mais ce ne sera pas facile, Lucien Favre affirmant que certains joueurs « oublient de défendre » par moment.
Au delà du résultat, les coéquipiers de Filip Daems, le capitaine belge de l’équipe, devront au moins répondre présent devant un Borussia-Park qui affichera complet. La jeune équipe devra montrer du caractère face à des Marseillais qui arrive en position de force du haut de leur 4 points. Et puis, cela donnerait un peu de répit et de confiance aux joueurs qui en manque cruellement. Max Eberl pense d’ailleurs que le problème vient de la tête et non pas des pieds. Si le Borussia Mönchengladbach entame une période de reconstruction, il ne faudrait pas qu’elle perdure, sous peine de vivre une saison presqu’aussi pénible que l’exercice 2010/2011. En tout cas, les supporters allemands n’attendent qu’une seule chose : entonner le traditionnel Torhymne (la musique après le but) « Döp, döp, döp, döp« .






