Le grand retour d’André-Pierre Gignac ?

Dimanche dernier face au PSG, l’attaquant de l’OM, André-Pierre Gignac, est sorti sous les applaudissements du Stade Vélodrome après une performance remarquable. Une image qui aurait été impensable il y a de ça encore quelques mois.

À l’époque, supporters et dirigeants se grattaient la tête pour trouver un point de chute à celui qui était devenu persona non grata. Ce temps semble désormais révolu et la seule personne responsable de ça n’est autre que l’attaquant marseillais lui-même.

À l’été 2010, André-Pierre Gignac débarque sur la Canebière et réalise son rêve de gamin : jouer pour l’OM. Cependant, durant ses deux premières années olympiennes, APG ne cesse de se blesser. Pire, il démontre même un embonpoint qui traduit un certain laisser-aller du Martégal. Au club, on ne s’en cache pas d’ailleurs : « André-Pierre n’a probablement pas une diététique adaptée » lâche Christophe Baudot, le médecin de l’OM, en conférence de presse. Juste après, APG sera envoyé en cure d’amaigrissement à Merano. Une histoire qui le suivra durant un certain moment… Après avoir mangé son pain noir, le buteur marseillais a enfin eu une « préparation physique complète » selon ses dires durant cette inter-saison et semble donc affûté. La preuve est qu’il enchaîne désormais les matchs sans rechuter.

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Gignac renoue de nouveau avec les buts (OM.net)

Une confiance retrouvée

En enchaînant les matches, APG retrouve son niveau de performance et de la confiance, élément qu’il n’a pas toujours eu par le passé. Lors de sa première saison, l’ancien Toulousain a fait preuve de malchance en touchant de nombreuses fois les montants adverses, se faisant parfois contrer des tirs par ses propres coéquipiers…Bref, un véritable cauchemar !

Refroidi par son manque de performance, le public marseillais commence à le prendre en grippe et, de son côté, Gignac s’agace très souvent sur le terrain pour des faits de jeu tout à fait anodins. Ce mal-être va s’accentuer avec l’histoire du transfert avorté à Fulham en août 2011, où il est rapatrié d’urgence par le club durant les toutes dernières minutes du mercato. « Ce n’est pas vraiment clean ce qui s’est passé » lâche-t-il, un brin remonté contre ses dirigeants. La situation va empirer avec le clash l’opposant à Didier Deschamps en novembre dernier. Le champion du monde 98 annonce à son attaquant qu’il ne sera pas titulaire lors de la rencontre de LDC face à l’Olympiakos. C’en est trop pour Gignac qui explose de rage. Résultat des courses : il est privé de la rencontre suivante, qui n’est autre que… OM-PSG !

Sa relation avec Didier Deschamps est au point mort. Il ne trouvera même pas de club au mercato d’hiver pour se relancer. APG traînera sa peine toute la saison. Deschamps parti, Gignac a retrouvé le sourire avec l’arrivée d’Elie Baup. « Dès le premier jour avec Elie, on s’est parlé, on a eu le bon feeling, on a eu le sourire […] C’est lui qui m’avait recruté à Toulouse. » confie le buteur. Avec Elie Baup, il semble plus épanoui même s’il serait injuste d’imputer à Didier Deschamps tous les maux d’APG.

Il a enfin trouvé sa place dans le collectif

Le renouveau de Gignac est dû à des raisons physiques, mentales, mais aussi sportives, tout simplement. Au bout de deux ans, il a enfin pris conscience qu’il pouvait être LE buteur de l’OM. Une situation inimaginable en avril 2011, lorsqu’il indiquait préférer « être remplaçant que me retrouver dans l’axe ». À ce moment-là, Gignac se voyait ailier gauche, une position qui lui permettait de rentrer dans l’axe et de se procurer des occasions. En se déportant à gauche, il se retrouvait souvent en position de finition sans pour autant avoir l’étiquette du buteur de l’équipe, s’épargnant par la même occasion la pression liée à ce poste.

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L’attaquant olympien a su faire évoluer son jeu (OM.net)

Un calcul plutôt opportun au moment des faits, sachant que l’ancien Toulousain manquait de confiance. Cependant, clamer son désir de jouer sur le côté sonnait également comme un aveu de faiblesse, car aujourd’hui APG démontre qu’il est tout à fait apte à assumer ce rôle d’avant-centre. Peut-être ne s’était-il pas donné tous les moyens pour y parvenir auparavant…

Cette année, aligné à la pointe de l’attaque, l’international français a varié son jeu et est beaucoup plus influent dans les actions de son équipe. Désormais, il décroche aussi bien à droite qu’à gauche, son côté de prédilection pour repiquer dans l’axe avec son pied fort, le droit. De plus, son jeu en déviation s’est grandement amélioré, lui permettant ainsi de combiner plus aisément avec ses partenaires d’attaque. Le but inscrit contre l’AEL Limassol issue d’une superbe combinaison avec Loïc Rémy, qui connait un destin sportif opposé à son compère, en est l’exemple flagrant.

Et avec la confiance retrouvée, Gignac a retrouvé son arme fatale : les tirs instantanés. Auparavant, ces derniers faisaient peur aux supporters des virages. Désormais, ce sont les gardiens qui redoutent à nouveau ses frappes. Avec 40 tirs effectués depuis le début de la saison, dont 20 cadrés, il est celui qui tente le plus en Ligue 1. Avec patience et abnégation, Gignac a su renverser une situation pour le moins compliquée. Malgré toutes les critiques subies sur son salaire, son poids, ou concernant son manque de réussite, APG a réussi à s’imposer au sein de l’effectif marseillais. Un tour de force guère à la portée de tout le monde.

Il y a presque un an de cela, l’avant-centre olympien n’était pas retenu pour disputer un OM-PSG. Son départ semblait inéluctable. Un an plus tard, le nom de Gignac est scandé dans les tribunes face à ces mêmes Parisiens. De leur côté, les médias reparlent d’APG comme un prétendant sérieux pour l’Equipe de France. Ah le foot, ce sport où tout va tellement vite…

3 commentaires pour "Le grand retour d’André-Pierre Gignac ?"

  • Mael dit :

    Bonjour

    Je pense que tout se joue au mental pour Gignac. Il a retrouvé la confiance avec Baup. Le prix de son transfert a dû également lui mettre une pression énorme sur les épaules, peut être qu’avec le temps il s’y est fait.
    Pour l’équipe de France, réussira-t-il à retrouver la confiance du sélectionneur, qui n’est autre que… Didier Deschamps!

    à+

  • Amayes Brahmi dit :

    Il y a eu une libération au niveau mental, ça c’est certain. Maintenant peut-être qu’il a compris certaines choses et qu’il se donne vraiment les moyens de réussir.

    Pour l’équipe de France, si APG poursuit sur cette voie, il est clair qu’il sera un candidat plausible. Maintenant, il faut le laisser poursuivre sa saison tranquillement sans trop lui mettre ça dans la tête et suivre attentivement ses performanceS.

  • Ikki dit :

    Au niveau mental mais aussi physique. A mon avis, il ne faut pas occulter ce point. Clairement, si la première année d’APG a Marseille n’était pas si mauvaise (sachant qu’il avait plus ou moins une pubalgie), la seconde a été catastrophique à tout niveau : pour lui, dans sa relation avec les supporters, dans sa relation avec le staff, dans sa gestion en dehors du terrain (alimentation essentiellement). Il était dans un cercle vicieux et n’a jamais vraiment réussi à s’en sortir. Il faut dire qu’il n’a peut-être pas été aidé non plus.

    Là, mine de rien, physiquement, il est bien mieux. Il a retrouvé la confiance et comme le corps suit, il peut tenter et réussir plein de gestes différents.

    Je pense que sa relation avec DD a effectivement été difficile, que DD ne lui en a pas laissé passé beaucoup. Mais avec le recul, si APG a aussi une renaissance aujourd’hui, c’est, à mon avis, outre l’aspect mental, parce que DD lui en a fait baver et lui a permis de retrouver une vraie condition physique d’attaquant de haut niveau !

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