L’an dernier au Mexique, Atlante a totalement manqué sa saison. Si le club de Cancún est aujourd’hui en course pour atteindre les quarts de finale, il le doit en grande partie à sa recrue estivale, le Chilien Esteban Paredes.
Si l’on devait définir le club d’Atlante en un mot, voici ce qui reviendrait dans la bouche de beaucoup de monde : « moyen ». Si le football mexicain déchaîne les passions au pays, Atlante fait partie des rares équipes qui laissent indifférent. Longtemps pensionnaire du mythique Estadio Azteca de México, le club s’est délocalisé à Cancún en 2007 pour retrouver un public, une identité, des résultats. Choix surprenant, mais gagnant dans un premier temps (ndlr : trop de rime, tue la rime) puisqu’Atlante est sacré champion dès son premier tournoi sur les bords de la Mer des Caraïbes. Mais très vite, les Potros de Hierro (« Poulains de Fer », meilleur surnom de l’Histoire du football) retombent dans l’oubli. Depuis le titre de 2007, ils n’ont atteint les quarts de finale qu’à deux reprises en neuf tournois. Une misère.
Explosion sur le tard
Pour sortir de son sommeil profond, Atlante recrute en mai dernier l’attaquant chilien Esteban Paredes, illustre inconnu au pays du guacamole et des tacos. A 1,5 millions de dollars pour un joueur de 31 ans, la transaction fait parler, même si Paredes vient de planter 56 buts en près de 100 matchs avec Colo-Colo, club mythique du Chili. Il faut dire que ce joueur est une énigme. A part son épisode Colo-Colo, qui dura trois ans, jamais « Visogol » ne s’était posé plus d’un an dans le même club. Formé à Santiago Morning, club dans lequel il repassera à deux reprises (en 2005 et 2008), Esteban Paredes a aussi connu le Mexique dans la réserve de Pachuca (2004). Il a marqué toute l’Europe (ou pas) lors de son passage à Chypre, à l’AEK Larnaca, au point que même sa page Wikipédia ne le mentionne pas parmi ses anciens clubs.
Si Paredes ne s’est pas installé durablement dans un club, c’est peut-être parce qu’il a des fourmis dans les jambes. Ou bien peut-être qu’il n’était pas au niveau, tout simplement. Sur ses sept premières années de carrière pro, le Chilien n’a inscrit que 47 buts en 145 rencontres (0,32 par match). Pas mal, mais pas folichon. Assez quand même pour goûter à la sélection, avec deux matchs amicaux en 2006 pour le Chili. Il faudra attendre son deuxième retour chez Santiago Morning pour le voir vraiment exploser. Ses 38 buts en 49 matchs lui ouvrent les portes du monstre sacré Colo-Colo. Ses bonnes perf’ lui valent même une place pour le Mondial sud-africain : avec le Chili, il dispute deux rencontres et atteint les huitièmes de finale. Promu capitaine de Colo-Colo en 2011-2012, il arrive finalement à Atlante sur la pointe des pieds, en juillet dernier.

Le 22 juillet 2012, Esteban Paredes débarque sous le soleil de Cancún. Petit chanceux. (photo Galu Comunicación)
50% des buts d’Atlante sont pour sa pomme
Trois mois plus tard, tout le monde ne parle que de lui. Le Chilien est seul en tête du classement des buteurs, alors qu’il n’a disputé que onze des quinze matchs de son équipe. Avec neufs buts – dont deux doublés -, une passe décisive et un pénalty obtenu, Paredes est impliqué directement dans près de 60% des buts de son équipe. Pied gauche, pied droit, face au but, dos au but, en profondeur, tout y passe. Esteban récite tranquillement sa leçon du bon attaquant moderne. Et transforme à lui seul une équipe plus que moyenne en potentiel quart-de-finaliste.
Avec sa recrue superstar, Atlante est aujourd’hui aux portes des playoffs : à deux journées de la fin, Los Potros sont 10e avec 20 points, à égalité avec le huitième. Après la réception de la surprise León (3e), déjà qualifié, Atlante se déplacera chez Pumas, onzième… avec 20 points également. Une fin de saison tendue mais abordable pour le club de Cancún. Deux matchs pour faire oublier une année de galère, et rêver d’un avenir ensoleillé.
Les 9 buts de Paredes avec Atlante
Dans le désordre, en HD. Ou pas.






