Match au sommet pour les qualifications pour la Coupe du Monde 2014. La France a réussi à tenir tête à l’Espagne et ainsi mettre fin à la série de 24 victoires consécutives pour l’équipe de Vicente Del Bosque. Dominée en première mi-temps et menée au score après un but de Sergio Ramos, l’équipe de France s’est relancée en seconde période pour finalement égaliser dans les toutes dernières secondes grâce à Olivier Giroud. Un match nul arraché à la méthode Deschamps.
Espagne
Iker Casillas
Note défensive : 6.5 – Note offensive : 5
Etre gardien de l’équipe d’Espagne n’est pas facile, Casillas sait répondre présent lorsqu’il le faut, comme sur le tir de Benzema en première mi-temps ou sur la tentative de Ribéry en début de seconde période. A nouveau décisif lorsqu’il faut sortir dans les pieds de l’attaquant français du Real Madrid, il s’incline en toute fin de match sur une tête imparable de Giroud où il ne peut rien.
A la relance, pas de problème pour Casillas qui a relancé court le plus souvent. Quelques contrôles mal assurés cependant, et un jeu long approximatif.
San Iker a retardé l’échéance, la Roja peut le remercier autant que la France peut remercier Lloris.
Alvaro Arbeloa
Note défensive : 4 - Note offensive : 4
En jouant dans la phase de domination de son équipe, il a pourtant été le joueur le plus en difficulté sur les rares possibilités françaises en première mi-temps. Notamment lorsque Ribéry partait balle au pied et venait trouver Benzema, comme sur le premier tir français. Quelques bonnes interventions toutefois, mais on le sent à la limite dès que ça pousse en face.
La comparaison avec Alba fait mal, mais Arbeloa sait aussi jouer son rôle de relais si besoin. L’Espagne peut être en danger sur ses passes manquées. Il touche moins de ballons que les autres, mais en perd plus, ennuyeux…
Comme souvent en dessous du reste de l’équipe.
Sorti blessé, il a été remplacé par Juanfran (Note défensive : 2 – Note offensive : 4) à la 50e minute. Dans son stade, il a vécu un calvaire sur le côté droit. Ribéry l’a débordé en permanence, les dédoublements créés par Matuidi, Valbuena et Evra lui ont posé de nombreux problèmes. Lorsqu’il avait le ballon, Juanfran n’était pas très à l’aise et n’a pas apporté grand chose. Le gros point faible espagnol en deuxième mi-temps.
Sergio Ramos
Note défensive : 6 – Note offensive : 7.5
Sobre et efficace défensivement, il rassure son équipe par sa solidité dans les duels et sa capacité à jaillir rapidement pour stopper une attaque adverse. On peut cependant pointer du doigt son oubli sur le but égalisateur, où Ramos est trompé par le déplacement de Giroud et le laisse ajuster sa tête.
Redoutable dans le jeu aérien, Ramos est aussi habile avec son pied droit. Son but n’était pas loin d’offrir la victoire, il a même failli doubler la mise de la tête. Ses passes appuyées sont redoutables, la Roja peut alors facilement transpercer une ligne adverse tant la qualité de ses transmissions apporte au jeu espagnol.
Un match presque parfait, un but et une belle prestation défensive… jusque dans les dernières secondes.
Sergio Busquets
Note défensive : 5.5 – Note offensive : 6
Positionné en défense centrale, Busquets joue à l’expérience derrière et anticipe les mouvements adverses. Parfois dépassé lorsque le jeu s’accélère, il se rattrape avec une bonne lecture du jeu et de la malice. Dans l’ensemble, Busquets a réalisé un bon match, mais n’a pas la vitesse pour couvrir avec efficacité son latéral. Cela s’est vu en fin de match, malgré l’apport de son jeu de tête.
Le nombre de ballons perdus par Busquets est toujours infime (une seule passe manquée !). Techniquement, il assure en défense comme au milieu, en cherchant au maximum Xavi. Le milieu défensif du Barça prend parfois des risques, mais s’en sort toujours bien.
Bon match derrière, mais il a certainement manqué au milieu.
Jordi Alba
Note défensive : 7 - Note offensive : 7
A force de monter, on peut logiquement penser que Jordi Alba sera en retard au moment de défendre sur une contre-attaque. Le nouveau latéral gauche de Barcelone a au minimum trois poumons et réalise des interventions décisives, face à Benzema notamment, grâce à sa pointe de vitesse et la précision de ses tacles.
Jordi Alba a été intenable sur son couloir gauche, il a enchaîné les montées durant tout le match, le premier contre-attaquant. Il n’a pas forcément souvent centré (deux centres), mais a mis Debuchy au supplice sur certaines actions. Sa capacité à prendre la profondeur apporte de la largeur, et un panel différent au jeu de l’Espagne. Une nouvelle fois, très bon match.
Le monsieur plus de l’Espagne, c’est aussi son latéral gauche…
Xabi Alonso
Note défensive : 7 – Note offensive : 6.5
Dans une position plus basse, à la place de Busquets, Xabi Alonso a également un sens de l’anticipation au-dessus de la moyenne lui permettant de récupérer facilement des ballons sans se mettre dans une position délicate. Lorsqu’il le faut, il a également taclé à bon escient. Souvent, le milieu de terrain du Real Madrid a évité bien des problèmes à son équipe.
Omniprésent, il est le joueur qui a touché le plus de ballons dans ce match (137). Dans un rôle de relais, il a joué court avec les autres milieux, mais a également tenté d’allonger avec de longs ballons dans la diagonale (21 passes longues, 16 réussies). Rassurant et utile par la variété qu’il apporte dans la construction du jeu.
Remarquable performance dans tous les compartiments du jeu.
Xavi
Note défensive : 4.5 - Note offensive : 5.5
Dans la première demie-heure, Xavi n’a pas hésité à presser haut, pour mettre la pression sur le bloc-équipe français. Sans trop de réussite, il s’est contenté de se replacer et de presser son adversaire direct, profitant de la densité de joueurs au milieu de terrain. En difficulté physiquement au fil du match, son replacement s’est fait de plus en plus approximatif, jusqu’à être dépassé par le regain de forme des milieux français.
Xavi reste le métronome, celui qui distille des ballons avec grâce et élégance, comme sa subtile louche en première mi-temps. Cependant, son influence a été canalisée par la rigueur défensive adverse. Du coup, Xavi a touché le ballon sans toutefois réussir à en faire grand-chose. Il s’est essayé à quelques centres (6).
Des inspirations rapidement contrariées, difficile pour Xavi d’être très bon quand son équipe souffre.
Andrés Iniesta
Note défensive : 4 -Note offensive : 5
Au milieu de terrain, Iniesta n’est pas très à l’aise lorsqu’il faut aller au charbon. Son bon premier pressing a été utile en première mi-temps, mais son manque d’impact se fait naturellement ressentir lorsque l’adversaire prend le dessus. Du coup, il a sombré petit à petit avant de sortir.
Plus effacé que ses coéquipiers, Iniesta a retrouvé son influence dans les combinaisons côté gauche avec la rentrée de Cazorla. Toutefois, dans une position plus basse, sa relation avec Alba, pourtant redoutable à l’Euro, a été moins marquée. Habile dans ses passes et ses déplacements, Iniesta n’a pas été particulièrement dangereux, pour une fois, servant plus de relais.
Sans être mauvais, une prestation en deçà de ce qu’on peut attendre de lui.
Remplacé par Fernando Torres à la 76e minute, qui n’a pas eu beaucoup de ballons à se mettre sous la dent. Ses coéquipiers n’ont pas réussi à le trouver dans la profondeur.
David Silva
Un petit quart d’heure de jeu et puis s’en va. Si son pied gauche semblait affûté aujourd’hui, il est sorti blessé à la 13e minute.
Remplacé par Santi Cazorla (Note défensive – 5, Note offensive – 6), qui n’a pas eu un gros travail à effectuer défensivement. Il a apporté toute son intelligence dans l’organisation des attaques, avec ses contrôles orientés de grande qualité. Techniquement, l’Espagne ne perd pas en justesse. Intelligent dans tout ce qu’il entreprend, il n’a certainement pas assez tenté de prendre le jeu à son compte lorsqu’il en avait la possibilité.
Agréable à voir jouer, il lui manque l’efficacité et le courage d’entreprendre.
Pedro
Note défensive : 6 – Note offensive : 6.5
Positionné côté droit, il n’a pas eu grand chose à faire sur le plan défensif. Lorsqu’il a commencé à se balader un peu, on a vu Pedro être combatif et hargneux pour retarder les offensives françaises. Son repli défensif est toujours impeccable, il a parfaitement assimilé ce schéma.
Oublié en début de match, Pedro apparaît toujours pour être décisif et créer une situation dangereuse en un appel. Sa capacité à prendre la profondeur fait un bien fou à la Roja, qui peut ainsi varier son jeu, Xabi Alonso l’a régulièrement cherché. Il n’était pas loin de doubler la mise juste avant la pause. C’est encore lui qui obtient le penalty.
Pas le joueur le plus glamour, mais souvent important et décisif. Le facteur X.
Cesc Fabregas
Note défensive : 4 - Note offensive : 3
L’inconvénient de sa position, c’est que Fàbregas se retrouve parfois à presser son adversaire alors qu’il devrait, théoriquement, gêner les relanceurs adverses. Il l’a fait plutôt bien en première mi-temps, mais Cesc a également été absent en seconde période où il ne gênait quasiment plus les milieux de terrain français. Son passage au milieu après la rentrée de Torres n’a pas aidé son équipe.
Sa faculté à se placer entre les lignes peut faire la différence, il l’a très bien fait en début de match. L’autre inconvénient de ce rôle pour Fàbregas est qu’il peut rapidement disparaître de la circulation devant la densité de joueurs dans l’axe du terrain. Il aurait du s’excentrer un peu plus côté droit pour étirer la défense adverse. Il tire mal son penalty, qui aurait permis à l’Espagne d’être tranquille à la mi-temps.
Un rôle compliqué, on le sait. Cette fois, Cesc n’a pas réussi à briller.
France
Notes réalisées par Maxime Daniel Masson
Hugo Lloris
Note défensive : 8 – Note offensive : 4.5
L’un des grands acteurs du match. Malgré la main molle sur la passe décisive de Pedro pour Ramos, c’est lui qui maintient à flot les Bleus en fin de première mi-temps. Il stoppe le penalty de Fabregas, puis réalise une double parade devant Pedro et Fàbregas. Moins inquiété en deuxième période, il a toujours quelques soucis à la relance, sans que cela ne pose de problème cela dit.
Décisif et au rendez-vous, du très bon Lloris !
Mathieu Debuchy
Note défensive : 5.5 - Note offensive : 6
On peut lui tirer un coup de chapeau car il a tenu tout le flanc gauche espagnol à lui seul ce soir. Complètement abandonné par Jérémy Menez, il a subi les combinaisons ibériques sur son côté et s’est logiquement souvent retrouvé en retard. Carbonisé dès la 60e minute, il n’a jamais relâché ses efforts et a ponctué son match de quelques montées.
Big up pour le travail fourni, promis on te mettra quelqu’un devant toi pour le prochain match.
Laurent Koscielny
Note défensive : 4.5 – Note offensive : 5
Le grand défenseur d’Arsenal, longtemps incertain, a bien tenu sa place ce soir. Plus rassurant et plus tranchant que son compère de charnière en première période, il a découpé Pedro en pleine surface peu après la demi-heure de jeu. Si le penalty de Fabregas a été stoppé par Lloris, ça n’enlève pas cette grossière erreur. Pour le reste, il a fait son job.
Koscielny n’a pas joué le match de sa vie, mais il s’en sort avec les honneurs.
Mamadou Sakho
Note défensive : 4 - Note offensive : 4.5
Un match à oublier pour le parisien concernant le marquage. Coupable d’un double oubli sur le but de Ramos, il n’a jamais semblé très à l’aise face aux petits espagnols. Physiquement présent, il a, à de trop nombreuses reprises, eu le tort de balancer de grands ballons devant. A l’image de l’équipe, il a eu un regain de forme en deuxième et a réussi plusieurs interventions sur les centres ibériques.
Sans son erreur de marquage, Sakho aurait réalisé un bon match. Mais à ce niveau, ce genre de faute est intolérable.
Patrice Evra
Note défensive : 6 - Note offensive : 7
La très bonne surprise du soir. Cela faisait très longtemps que l’on n’avait pas vu Evra à ce niveau sous le maillot bleu et il faut le signaler. Même si le côté droit espagnol n’est pas réputé le plus dangereux, on a rarement vu Evra en difficulté. Plus facile dans ses conditions d’apporter offensivement. Combinant à merveille avec Ribéry, il s’est permis plusieurs montées intéressantes. Enfin, c’est lui qui récupère le ballon qui amène l’égalisation de Giroud.
Longtemps considéré comme un point faible en Equipe de France, Evra a remis les choses au clair ce soir. On attend confirmation en 2013.
Maxime Gonalons
Note défensive : 4.5 – Note offensive : 4
Un match très compliqué pour le milieu de terrain lyonnais. D’une part, il n’a eu que peu de ballons à négocier, il a donc du se contenter de courir et de tourner en rond au rythme du toqué ibérique. D’autre part, il a perdu tous les ballons qu’il a touché. Mauvais dans toutes ses relances, il a laissé sa place à Mathieu Valbuena (57e minute) qui a apporté un nouveau rythme à l’Equipe de France. En voilà un qui ne ménage pas ses efforts, et qui devrait même avoir droit à plus de temps de jeu !
Gonalons s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, il n’a pas encore le niveau pour ce genre de rencontres. Concernant Valbuena, à force d’être intéressant lorsqu’il rentre, il va sans doute finir par être titulaire…
Blaise Matuidi
Note défensive : 7.5 - Note offensive : 6.5
Difficile de juger objectivement le match de Blaise. En difficulté comme ses coéquipiers en première mi-temps, il n’a touché que trop peu de ballons pour créer quelques choses. En deuxième période, à l’inverse, il a été l’un des meilleurs joueurs de l’équipe et a dégoûté les milieux espagnols à coups d’interceptions et d’anticipations (10, deux fois plus que tout autre joueur sur la pelouse du Vicente Calderon). Si Matuidi maintient son niveau de la deuxième période, il va clairement devenir mieux qu’une doublure à Abou Diaby (quand ce dernier ne sera pas blessé…).
Un match à deux facettes pour le Parisien. On retiendra sa deuxième période, où il insuffle un vent de révolte à ses coéquipiers. Balaise Blaise.
Yohan Cabaye
Note défensive : 5.5 - Note offensive : 4.5
Encore un match décevant de la part de celui qui avait enthousiasmé la France entière lors du dernier Euro. Pas dans le tempo en première mi-temps, il ne l’a pas vraiment plus été en deuxième alors que la France tenait le ballon. Éclipsé par Valbuena qui est rentré comme le dépositaire du jeu, Yohan a dû se contenter des tâches ingrates, gratter du ballon et le transmettre au meneur olympien ou à ses partenaires du milieu.
Il devrait être le patron du milieu, mais ne semble pas dans le coup depuis l’Euro. Inquiétant.
Jérémy Ménez
Note défensive : 3 -Note offensive : 4
Un match qui équivaut à un manque de respect du maillot bleu et de ses coéquipiers. Le Parisien n’a que très peu défendu, laissant le pauvre Debuchy se faire démâter à chaque combinaison ibérique côté droit. Faire le pressing ne semblait pas vraiment l’intéresser, alors il s’est contenté d’attendre qu’on lui donne des ballons pour courir tout droit et tenter de prendre de vitesse Jordi Alba. On lui refuse un but pour une position de hors-jeu de Benzema, passeur décisif sur l’action. Remplacé par Moussa Sissoko (68e minute), qui a apporté sa fraîcheur et son physique pour la fin de match. Il aurait pu être décisif à deux reprises s’il avait cadré ses frappes. Pas son fort à priori.
Jérémy Ménez n’a pas été au niveau dans ce match, prestation très décevante après son bon match face au Japon.
Franck Ribéry
Note défensive : 5 - Note offensive : 6.5
On a dû attendre longtemps pour voir du bon Franck Ribéry ce soir. A l’image de son compère côté droit, il ne semblait pas vraiment concerné par les tâches défensives en première période et les Espagnols n’en ont pas vraiment profité côté gauche (trop occupés à faire tourner en rond le pauvre Debuchy, sans doute). En deuxième période, il a enchaîné les combinaisons avec Benzema, Evra et Valbuena et a enfin laissé exprimer sa vitesse et sa technicité, Juanfran ne pourra que confirmer. En toute fin de match, il offre un caviar à Giroud qui conclut de la tête et récompense donc l’Equipe de France de sa bonne deuxième période.
On voudrait le voir tout un match comme durant les trente dernières minutes. Positif pour quelqu’un qui était persona non grata aux yeux du public.
Karim Benzema
Note défensive : 4.5 – Note offensive : 6
A défaut de se tuer à presser la charnière centrale, Benzema a montré de belles choses ce soir. Disponible et (enfin) placé dans l’axe, Benzema a tenté de convertir ses ballons en occasion et s’est montré assez entreprenant et altruiste sur le front de l’attaque. Il n’a toujours pas marqué, c’est vrai, mais il a été rassurant techniquement. Sorti touché à la 88e minute, remplacé par Olivier Giroud. Le néo-Gunner libère les Bleus d’une tête placée à la toute fin des arrêts de jeu. Un but qui devrait lui faire du bien. Il permet surtout à la France de se voir récompenser de ses efforts et de son hardiesse en deuxième période.
Benzema n’a pas semblé obnubilé par le but ce soir, un point positif pour le buteur du Real qui fera sans doute trembler les filets rapidement. Olivier Giroud a lui prouvé qu’il avait une carte à jouer et des armes à faire valoir dans cette équipe.






