Alors que la Ligue 1 est dominée par le fameux « PLM », Sharkfoot a décidé de consacrer sa fin de semaine à la passionnante mais néanmoins beaucoup moins médiatisée L2. Si avec l’arrivée de BeInSport, l’ex D2 retrouve quelques couleurs médiatiquement parlant, l’intérêt des médias reste superflu. Pourtant on ne peut pas dire que ce championnat est fade, au contraire il n’a certainement jamais aussi relevé. Alors où en est-on dans l’antichambre de la Ligue 1, après 10 journées ?!
Pour ce dernier volet de la trilogie consacrée à ce début de championnat en Ligue 2, voyons ensemble ce que deviennent ceux qui jouaient, dans un passé récent, à l’échelon supérieur. On le sait, remonter la saison qui suit une descente est une tâche plus qu’ardue et peu de clubs peuvent se targuer de réussir. D’autres, à l’instar de Boulogne ou de Metz, ne se sont jamais vraiment remis de leur descente et ont enchaîné une coulée, tel le Titanic.
Commençons par le plus mal classé des trois anciens pensionnaires de L1 : Auxerre. Depuis sa descente en Ligue 2, une première dans son histoire, l’AJA peine à jouer les premiers rôles. En témoigne une 11e place au classement et des difficultés récurrentes pour s’imposer à l’extérieur. Dans une situation financière instable, le club présidé par le très contesté Gérard Bourgoin a dû se serrer la ceinture. Première étape de cette cure d’austérité : se libérer des gros salaires. En témoignent les départs de Delvin N’Dinga, Alain Traoré, ou Anthony Le Tallec, parti vers Valenciennes dans les dernières heures du mercato.
Néanmoins, avec Jean-Guy Walleme confirmé au poste d’entraîneur, les Icaunais ont conservé au moins un cadre par ligne de jeu : Willy Boly dans l’axe, Georges Mandjeck au milieu, et Dennis Oliech, dont le vrai-faux départ en Turquie a surpris tout le monde. Concernant les arrivées, 4 joueurs ont déposé leurs valises en Bourgogne. Deux défenseurs gabonais, Ebanega et Ndong. Un latéral gauche expérimenté, Marco Ramos (29 ans), décevant jusqu’ici. Et un milieu de terrain argentin, Hugo Colace, rompu aux exigences de la rugueuse deuxième division anglaise.
Le bilan de l’AJ Auxerre après ses dix premières rencontres de Ligue 2 est contrasté. Impériale et toujours invaincue dans son enceinte de l’Abbé Deschamps, l’équipe de Jean-Guy Wallemme trône seule en tête du classement « à domicile » de la Ligue 2. Loin de ses bases, en revanche, c’est la catastrophe. Les Auxerrois ont été incapables de rapporter le moindre point lors de leurs cinq déplacements. Ces quatorze derniers mois, l’AJA n’a remporté qu’un seul match sur terrain adverse, à Dijon, qui plus est. En Bretagne, alors qu’ils menaient 3-1 face à Guingamp, les Icaunais « frôlent la faute professionnelle », dixit Walleme, s’inclinant au final 4 à 3. Lors de la dernière journée, au Havre, « bis repetita ».
Sur le plan du jeu, si certaines individualités sortent la tête de l’eau, c’est le cas du jeune ailier Paul-George Ntep, la qualité collective de l’équipe laisse à désirer. Pointé à la onzième place, à cinq points du podium, les Bourguignons doivent réagir. S’ils ne veulent pas tirer un trait sur leurs ambitions de pré-saison (la remontée en L1), et laisser filer le bal des prétendants, les partenaires de Dennis Oliech sont dans l’obligation d’enclencher une série. Période adéquate pour trouver des solutions, la trêve est compliquée à Auxerre. La double casquette d’entraîneur et de sélectionneur du Congo contraint « JGW » à passer les prochains jours loin de son groupe. C’est sûr que Guy Roux, lui, préférait son bonnet à une double casquette …
Du côté de la Bourgogne et de Dijon, c’est la reconstruction totale. Relégué lors de la dernière journée, le club de Brice Jovial a vu son président Bernard Gnecchi et son entraîneur et directeur sportif Patrice Carteron démissionner suite à cette descente. Pour remplacer les deux démissionnaires, une paire d’Olivier est arrivée : Delcourt à la présidence, et Dall’Oglio au poste d’entraîneur. Au niveau des transferts, pas de changements considérables dans l’effectif dijonais. On notera quand même la lourde perte de Benjamin Corgnet (auteur d’un très bon début de saison sous le maillot rouge), parti s’éclater à Lorient, en fin de mercato pour 6 millions d’euros, un joli pactole. Le club a malgré tout su garder un semblant de colonne vertébrale : Reynet, Souprayen, Sankharé, Guerbert, Jovial, malgré quelques tentatives de renseignements de clubs plus huppés. Avec Cédric Varrault et Grégory Thil en vieux briscards, et le recrutement de plusieurs jeunes tels que Julio Tavares (Bourg Peronnas), Pape Paye (Lyon Duchère), ou encore William Rémy (Lens), l’équipe pouvait prétendre à jouer dans la première partie de tableau de Ligue 2.
Même si le début de saison a été ponctué de malchance avec notamment les blessures de Thil (indisponible 6 mois), Jovial ou encore Guerbert, trois cadres sur lesquels comptait s’appuyer Dall’Oglio, l’équipe a enchainé une très belle série de 8 matches sans défaite. Malgré tout, il faut relativiser ce bon parcours, l’équipe ayant joué face à des adversaires qui ne sont pas parmi les plus fringants en ce début d’exercice. On notera tout de même le bon point pris à Louis II face à l’ASM, et plus récemment le point pris face à Angers à domicile. A l’heure actuelle, difficile de tirer de conclusions sur le véritable potentiel du club dijonnais, eux qui devront enchainer Nantes, Auxerre et Chateauroux dans les trois prochaines journées. Néanmoins, s’ils restent aussi performants et imprenables chez eux, les coéquipiers d’Abdoulaye Bamba seront sans nul doute dans le bon wagon pour postuler à une place de promu.

Dernier relégué et mieux placer des trois au classement, le Stade Malherbe de Caen est sans faire de bruit à un petit point du podium et deux du duo Monaco-Angers. Sur le papier, c’est sans doute le club qui a le mieux réussi la transition Ligue 1-Ligue 2, en grande partie grâce à un recrutement très prometteur pour un club de seconde division. Malgré tout, ne soyons pas utopiste, Malherbe a perdu en qualité depuis la saison dernière. Avec les départs conjugués d’Heurtaux (Udinese), de Niang (Milan AC), d’Hamouma (St Etienne) ou encore de Thébeaux (Brest) ou de Benjamin Nivet (Troyes) le club a perdu une grosse partie de son potentiel. Suite à ces départs, c’est PAF, Pierre Alain Frau qui a résilié son contrat pour s’envoler sous les cieux qatariens. Tout (ou presque) était donc à reconstruire en terme de création offensive et de socle défensif. Pour pallier à ces départs, le club désormais entrainé par Patrice Garande (ex adjoint de Franck Dumas, démissionnaire) a recruté expérimenté ! Jean Calvé (Nancy), Laurent Agouazi (Istres), Romain Poyet (Brest), Jean-Jacques Pierre (Panionios) sont arrivé dans le Calvados. On ajoute également l’arrivée de Neeskens Kebano, jeune très prometteur du PSG, barré à vie dans son club formateur. Outre ces recrues, la belle trouvaille du mercato caennais est sans aucun doute Mathieu Duhamel. L’ex attaquant du FC Metz enchaine les pions et les bonnes perfs depuis le début de saison, et tient quasiment à lui seul, l’attaque caennaise.
Meilleure équipe à l’extérieur, catastrophique à domicile, le SMC enchaine les contradictions, eux qui sur le papier, ont clairement l’un des plus beaux onze de L2. Malgré ce bon début d’exercice, il est important de noter les dernières semaines plus difficiles et les faux pas à Sedan, contre Le Mans, ou encore plus récemment face à Tours. Néanmoins, la victoire 0-4 acquise à Istres lors de la dernière journée fait office de match référence pour une équipe qui vise clairement la remontée à l’échelon supérieur. Nicolas Seube, qui vit sans doute là l’un de ses derniers challenges, le sait lui qui fut champion avec Malherbe en 2010, la Ligue 2 est traître, et ne laisse pas vraiment de place aux passages à vides. Tâche donc à ses jeunes coéquipiers de faire vibrer le Stade D’Ornano auquel cas les bons résultats à l’extérieur ne suffiront pas à remonter le club à l’échelon supérieur.
Article réalisé avec Julien Renault.







Je suis fan de l’AJA mais ça va être compliqué pour Auxerre, il y a un manque de talent flagrant au milieu de terrain : en l’absence d’Haddad pour blessure il n’y a strictement aucun créateur de jeu. Et Haddad est tellement au fond du trou qu’on peut douter qu’il retrouver son niveau de Chateauroux.
Il oeut se passer quelque chose à Auxerre. Pour l’instant, l’image que l’on reçoit est désolante. Mais le podium n’est pas si loin. Si les cadres se réveillent, et jouent le jeu à fond, il pourrait y avoir une belle surprise au bout. Le groupe semble bien vivre. Si l’équipe, jeunes comme cadres, tire dans le même sens, avec les forces en présence, l’AJA aura sa carte à jouer
Effectivement, l’AJA est bien mal embarquée. Mais pour avoir entendu plusieurs sources, l’ambiance est bonne, et les « expérimentés » cherchent constamment à partager avec les jeunes. Etant un très gros supporteur auxerrois, j’espère que les icaunais vont vite remonter sur le podium.