Alors que la Ligue 1 est dominée par le fameux « PLM », Sharkfoot a décidé de consacrer sa fin de semaine à la passionnante mais néanmoins beaucoup moins médiatisée L2. Si avec l’arrivée de BeInSport, l’ex D2 retrouve quelques couleurs médiatiquement parlant, l’intérêt des médias reste superflu. Pourtant, on ne peut pas dire que ce championnat est fade, au contraire, il n’a certainement jamais aussi relevé. Alors où en est-on dans l’antichambre de la Ligue 1, après 10 journées ?
Aujourd’hui, coup de projecteur sur ces clubs qui ont fait vibrer le football français il n’y a pas encore si longtemps. En effet, durant les quinze dernières années, ces trois clubs ont représenté, au moins durant une saison, les couleurs tricolores au son de la douce mélodie de la Ligue des Champions. Depuis, il n’est rien de dire que ces équipes battent de l’aile. Si certaines sont sur le point de se relever, d’autres, au contraire, sont sur le point d’imploser.
Monaco, la terreur de l’Est
9. Il y a déjà neuf années que la fabuleuse équipe de l’ASM avait atteint la finale de la Ligue des Champions (perdu 3-0 contre le FC Porto). Depuis les choses se sont gâtées pour les joueurs du rocher. Il faut bien le dire, l’ASM ne s’est jamais remis de l’exil de sa génération dorée. Difficile en effet de remplacer Evra, Giuly, Squillaci et consorts. Si durant un temps, le club a stagné dans le ventre mou grâce, entre autre, à de bonnes deuxièmes parties de championnat, il n’y a pas eu de miracle lors de la saison 2010-2011, et le club est logiquement descendu dans la catégorie inférieure. Pire, en décembre dernier, l’ASM était lanterne rouge de L2 ! Mais comme le dit si bien la publicité « Ça, c’était avant … »
Avant quoi me dites-vous ? Et bien avant d’être racheté ! Non non, pas de Qataris là-dessous, ce sont les gazodollars de Dmitry Rybolovlev qui ont permis le renouveau du club de la Principauté. Car depuis l’arrivée de cet homme, tout va mieux sur le Rocher. Mieux, la centième fortune mondiale a décidé d’investir rapidement et de redorer rapidement le blason d’un club au bord du gouffre. L’hiver 2011-2012 a permis l’arrivée de noms prometteurs, tels que Nabil Dirar (ex Bruges), Vladimir Koman (qui ne sera pas conservé malgré une bonne demi saison), Gary Kagelmacher (ex Castilla et Real Madrid), et Nacer Barazite (ex Arsenal) à Monaco, mais c’est véritablement cet été que l’ASM a pris une nouvelle dimension.
En effet, le recrutement estival fut à la hauteur d’un club qui jouerait le milieu de tableau de la division supérieure. Poulsen, N’Dinga, Ribas, autant de noms venant s’ajouter au déjà très bon recrutement hivernal. On attend aussi beaucoup du jeune Ocampos, débarqué tout droit de River Plate et que l’on annonce comme la dernière pépite argentine (acheté pour 11M€, record de deuxième division). De plus l’ASM peut compter sur un centre de formation performant qui vient de sortir trois internationaux juniors Appiah, Kurzawa et Germain. Clou du spectacle, le remplacement d’un Simone peu convaincant par Claudio Ranieri ! Oui oui, vous avez bien lu … S’il ne devait y avoir qu’un homme résumant la remontée de Monaco vers les cieux, ce serait évidemment Ibrahima Touré, cet attaquant sénégalais arrivé dans l’anonymat le plus total à l’hiver 2011 et que tout le monde semble vouloir s’arracher 9 mois plus tard. Il n’aura en effet fallu au grand Ibrahima que le temps d’une grossesse (et quelques 19 buts en 25 matches de L2) pour passer du statut d’inconnu à celui d’international sénégalais.
Si Giuly et Koman ne sont plus là, l’équipe semble clairement taillée pour jouer les tous premiers rôles cette saison en Ligue 2, et pourrait même bientôt se rappeler aux bons souvenirs de la Ligue des Champions, objectif affiché du milliardaire russe à moyen terme. En attendant depuis août, l’ASM truste le podium malgré quelques accrocs comme au Havre, alternant entre la deuxième et la première place, plutôt pas mal pour le club qui est le favori légitime de ce cru 2012-2013.
Le RC Lens entre faux espoirs et dégringolade
Après une saison 2010-2011 bien en dessous des objectifs fixés par la direction du club artésien et une douzième place arrachée vraiment difficilement, on nous avait promis du changement pour cette nouvelle saison de Ligue 2, on ne nous a pas menti. En proie à des difficultés financières et menacé de faillite imminente, le club Sang et Or a dû changer de président début juillet : Gervais Martel, le président emblématique du club du Pas-de-Calais a été remplacé par Luc Dayan, nommé par le Crédit Agricole Nord de France, l’actuel actionnaire majoritaire du Racing Club de Lens.
En plus de ce bouleversement à la tête du club, l’effectif artésien a été revu très largement : Chaouki Ben Saada a quitté le club pour rejoindre Arles Avignon, Julien Toudic est parti en prêt à Reims, Geoffrey Kondogbia est parti tenter sa chance à Séville, Thorgan Hazard a retrouvé son frère à Chelsea, Ali Mathlouti a signé en faveur du Club Africain (Tunisie), Frank Queudrue n’a pas été prolongé et s’essaye au National avec le Red Star 93 et enfin William Rémy s’est engagé avec Dijon. Côté arrivées, Rémy Bonne a signé à Lens en provenance d’Uzès-Pont-du-Gard, l’ex capitaine de Sedan Jérôme Lemoigne accompagné de son coéquipier Pierrick Valdivia, ont rejoint le club. Deme N’Diaye, ailier d’Arles-Avignon, est arrivé dans l’Artois pour briguer une place de titulaire. Rudy Riou est arrivé à la fin de son contrat avec Nantes. Enfin, Yoann Thouzghar (Amiens) est arrivé à Lens sous la forme d’un prêt.
Il nous faut à présent tirer un premier bilan de ces dix premières journées, la direction du club (le Crédit Agricole) avait annoncé dans un premier temps que l’équipe jouerait le maintien cette saison et viserait sans doute la 16e place.
Antoine Sibierski, nommé directeur sportif à l’arrivée de Luc Dayan, se voulait plus optimiste lorsqu’il déclarait que Lens pouvait jouer la montée cette saison. Avec 11 pts (2 victoire, 5 nuls, 3 défaites) et sa 15e place, le Racing est encore loin de pouvoir jouer les premiers rôles, et lorsque les résultats ne sont pas aux rendez-vous c’est l’entraîneur qui trinque : Jean-Louis Garcia a été remplacé par Eric Sikora à la tête de l’équipe. Ce dernier a déjà disputé deux matchs comme entraîneur de l’équipe A, résultats : une défaite cuisante à Nantes (4-0) et une victoire acquise dans la douleur à domicile face à Niort (1-0) lors des 9e et 10e journées.
Sikora, qui était chargé de faire l’intérim après l’éviction de Garcia, pourrait s’installer durablement comme l’entraîneur principal de l’équipe.
Lens a finalement sorti la tête de l’eau juste avant la trêve internationale en battant Niort ce vendredi, il faudra maintenant que les hommes de Sikora fassent un résultat à Auxerre, puis contre Clermont, s’ils veulent repartir sur des bases positives.
Le FC Nantes, enfin la bonne année ?
Alors que la 2e Guerre Mondiale est à son paroxysme, le FCN est créé (en 1943) par Marcel Saupin et Jean Le Guillou afin d’intégrer l’élite du football français. Des années après, 8 titres de Champion de France et 3 coupes de France dans la besace, les « canaris » végètent en Ligue 2. Ce club mythique se bat pour la montée depuis la saison 2009-2010. Cette année sera-t-elle enfin la bonne ?
Landry Chauvin OUT, Michel Der Zakarian IN. L’ancien joueur du FCN et coach (février 2007- août 2008 !) est de retour au bercail. Les Nantais ont plutôt bien débuté la saison. Avec deux défaites au compteur à l’extérieur (à Arles Avignon et à Ajaccio face au Gazéelec), les coéquipiers d’Olivier Veigneau sont à 2 points du podium. Mélangeant expérience (Madouni, Cichero, Veigneau, Eudeline, Pancrate) et jeunesse (Trebel, Veretout, Deaux, Keita), le FCN s’applique à offrir du beau jeu, mais rate, comme la saison dernière, toujours l’occasion de prendre le bon wagon. Une habitude qui ne change pas malgré la valse des coachs.
Le FCN doit remonter. L’objectif est clair. Ayant des envies de vente, Kita pourrait rapidement laisser le club à la dérive si les Canaris n’atteignent par leur objectif. Alors que l’équipe est stable, le club connaît toujours des remous en interne. Néanmoins, les Nantais ont clairement les cartes en main. La surprise de la nouvelle saison est clairement Issa Cissokho. Le frère d’Aly semble progresser sur son côté droit. Arrivée de Carquefou en 2010, le latéral confirme le potentiel entrevu. En retard surtout au niveau tactique, l’ancien latéral de Guingamp, Blois ou encore Orléans, fait beaucoup d’efforts dans ce domaine.
Michel Dar compte beaucoup sur ses latéraux et ses doublettes sur les ailes pour développer du jeu et centrer. Issa répond positivement à droite, tandis qu’Olivier Veigneau et Vincent Bessat se trouvent parfaitement sur l’aile gauche. Blessé en ce moment, il ronge son frein et sa hargne sera importante par la suite. Adrien Trebel et Jordan Veretout progressent également et s’affirment au fil du temps, même si le second joue moins que le premier et n’arrive pas encore à trouver une place dans ce nouveau schéma. Tout le contraire de Djordjevic. Le Serbe est enfin décisif. Souvent aligné seul en pointe, il se trouve au bon endroit et sa pointe de vitesse intéressante pour son gabarit peut surprendre les défenses adversaires. Serge Gakpé, revenu de son prêt au Standard (Belgique) a décidé de jouer, dynamitant le côté droit nantais. Enfin, Remi Riou assure dans les buts. Le gardien formé à Lyon rassure la défense sachant que derrière, Zelasny, mais surtout Dupé, poussent ! La Beaujoire est prête cette année pour remonter et de nouveau vibrer lors des derbys face à leurs meilleurs ennemis, les Rennais.
« Der Zak » a reconstruit. Rémy Riou, ancien gardien remplaçant du TFC, est venu s’imposer dans les cages nantaises. Ahmed Madouni, formé à Montpellier, mais ayant surtout connu l’Allemagne, est maintenant le pilier de la défense nantaise. Gabriel Cichero, l’ex défenseur sanguin du RC Lens, surprend par son calme, sa vitesse et son implication. Lucas Deaux (arrivé blessé) est également venu renflouer l’effectif nantais. Malgré son carton rouge dès le 1er match, son application au milieu de terrain est convenable. L’ancien Rémois monte en puissance. Yohann Eudeline, ailier droit habitué à la Ligue 2, apporte déjà sur son côté droit mais aussi dans le vestiaire. Binama Touré et Damien Mayenga sont quant à eux en apprentissage du haut niveau. Bref, qu’on se le dise, le FCN est prêt à en découdre avec sa nouvelle armée.
On se retrouve demain pour la deuxième partie consacrée aux bonnes et mauvaises surprises de ce début de championnat.
Article réalisé avec Charles Chevillard et Romain Scheers.







analyse tres intéressante! Je pense que l’ASM est l’équipe à suivre. La nouvelle orientation construit une équipe pour l’avenir, une équipe qui sera bientôt en mesure de battre non seulement le meilleur en France, mais les meilleurs d’Europe!
En effet, l’accent est mis sur la jeunesse et le projet semble viable à long terme. Mais avant de parler d’Europe voir même d’aller titiller le haut niveau français, attendons de voir comment se comporte l’équipe sur la phase retour et les éventuelles retouches apportés aux prochains mercato (hiver puis été).
Article intéressant mais concernant le Fc Nantes, Madouni n’est certainement pas le pilier de la défense nantaise. Il montre de grosses lacunes au niveau de la vitesse et n’est pas du tout rassurant mes yeux.
Ligue 1 obligatoire pour nos amis Monégasques. J’imagine mal Ranieri vivre deux saisons en Ligue 2.