Ange-Freddy Plumain (RC Lens) : « Je vis foot du matin au soir ! »

À tout juste 17 ans, Ange-Freddy Plumain surprend tous les observateurs. Il y a trois semaines, il réalisait son baptême du feu en Ligue 2 en entrant face à Niort, l’ailier lensois totalise déjà un but et une nomination dans l’équipe type de Ligue 2 la semaine dernière. Nous sommes allés à la rencontre de cet espoir qui pourrait, un jour, devenir le héros du peuple lensois.

Ange-Freddy Plumain, 17 ans, est en train de s’imposer dans l’effectif lensois (Romain Scheers)

Tu es originaire de la région parisienne. Comment t’es-tu retrouvé à Lens ?
Effectivement, je viens du 93, de la Seine-Saint-Denis. J’ai commencé au FC Cosmos (ndlr, club de district de la région parisienne), ensuite à Saint-Denis, où j’ai effectué les tests de détection de l’INF Clairefontaine. Je suis allé jusqu’au stage final de la détection, mais malheureusement je n’ai pas pu rejoindre ce centre de formation pour des raisons scolaires. J’ai été suivi par des recruteurs de Lens le temps de cette détection, notamment Marc Westerloppe. Il a ensuite appelé mes parents pour me proposer un essai lors d’un tournoi sur Paris où Lens participait. Le test s’est révélé concluant et j’ai rejoint le centre de formation de Lens.

Comment s’est passé ton ascension des moins de 17 ans au groupe pro ?
Ça s’est passé très vite ! Il y a quatre mois, j’évoluais avec les U17 (sourire). Nous avons été sacrés champions de France et je devais reprendre en U19 cette saison, mais le coach de la CFA (ndlr, à l’époque Eric Sikora) a décidé de m’inclure dans son équipe. Et deux mois après, je me retrouve à évoluer avec les professionnels du club et à jouer en Ligue 2 ! J’ai beaucoup travaillé pour en arriver là. Malgré cela, j’ai encore beaucoup de choses à apprendre. Je suis là pour observer et je dois prouver à tous que je mérite ma place. Je me battrai pour obtenir une place régulière dans le groupe pro, pour gagner ma place de titulaire, et je ferai tout pour y parvenir. J’ai eu la chance d’être titulaire face à Auxerre et même de marquer à la maison face à Clermont. J’étais vraiment heureux.

Justement, comment s’est passé ta première fois à Bollaert face à Niort ? Qu’as-tu ressenti ?
Au départ, je dois l’admettre, j’étais plus dans l’observation. C’était la première fois que je jouais dans un stade aussi peuplé, c’est donc forcément impressionnant au départ. Contre Monaco, j’étais dans les tribunes avec mes amis, je me disais au fond de moi : « Un jour,  je foulerai cette pelouse ! » Mais je n’aurais pas imaginé que cela se passe aussi rapidement. Bien sûr, j’étais fier de cet instant. J’ai seulement 17 ans, je suis conscient que ça n’arrive pas à tout le monde. À partir du moment où je verrai mon nom sur la feuille de match, titulaire ou remplaçant, je donnerai mon maximum pour aider l’équipe.

Tout va vraiment très vite pour toi, lors de ta deuxième apparition, tu as marqué, face à Clermont. Qu’est ce qui s’est passé dans ta tête à ce moment-là ?
Au départ, je n’ai pas réalisé que j’avais marqué (sourire). Je n’y croyais pas moi-même. C’est lorsque j’ai entendu le public de Bollaert hurler que j’en avais pris conscience. Mais je ne veux pas m’arrêter à un seul but inscrit, je veux multiplier les bonnes prestations et donner le meilleur de moi-même à chaque match. Mes coéquipiers m’aident beaucoup. Cela me facilite la tâche, je leur dois beaucoup. J’ai beaucoup d’admiration pour eux, surtout pour les anciens du club, que ce soit pour Alaeddine Yahia, Yohan Demont, Samba Sow. Ils me conseillent tous et cela m’aide beaucoup dans ma progression.

Tu évolues en tant que milieu offensif latéral. Ne crains-tu pas la concurrence pour ce poste ?
Non, je n’ai pas peur de la concurrence. Si je suis retenu par le coach, c’est que j’ai des capacités. Je sais que Firas Mugrabi, Deme N’Diaye et même Adama Diakité peuvent évoluer dans ce registre, mais cela ne m’effraie pas. Je vais travailler pour gagner ma place de titulaire. Même si le coach décide de me mettre sur le banc, je me battrai pour lui prouver ce que je vaux.  Tout est entre mes mains, c’est à moi de travailler dans ce sens.

Pour toi, quels sont tes atouts et tes faiblesses ?
J’ai besoin de prendre de la masse musculaire, c’est ma principale faiblesse pour le moment. J’ai aussi besoin de progresser dans la protection de balle. Pour mes qualités, je dirais ma vitesse.

Quelle relation entretiens-tu avec Eric Sikora, coach que tu as connu avec la CFA et désormais avec le groupe pro ?
Il m’aide beaucoup. Il me conseille, comme il le fait avec tous les joueurs du groupe. C’est très plaisant de se sentir soutenu, il me connait déjà très bien et, dès que j’ai le moindre souci, je sais que je peux me tourner vers lui. Il est apprécié par tout le groupe et j’espère que cela va continuer. Lorsque Antoine Sibierski (ndlr, le directeur sportif) a pris ses fonctions, il nous a vraiment motivés. Il a dit au groupe qu’à n’importe quel âge, 16, 17 ou 18 ans, on pouvait intégrer le groupe pro et que c’était à nous de prouver nos qualités. C’est en partie grâce à lui aussi que je côtoie les pros. Il fait confiance aux jeunes.

Comment gères-tu ta soudaine notoriété et les sollicitations qui l’accompagnent ?
Je ne me mets pas la pression ! Je suis très bien encadré, par ma famille et par le club. On m’a averti que j’allais être sollicité, cela ne me pose pas de problème. Je reste concentré sur mes objectifs principaux. Je suis déjà focalisé sur le match de vendredi face à Sedan. Je mène toujours ma vie de jeune comme tous les autres. Je fréquente le monde pro, mais je n’oublie pas mes copains du centre et je ne les oublierai pas, même si un jour je perce en tant que footballer professionnel.

Plus que jamais, l’objectif du contrat pro est dans ton viseur…
Je vis foot, du matin au soir ! Dans ma tête, je ne me vois pas exercer un autre métier que celui de footballeur professionnel. J’ai le foot dans le sang et je sais que beaucoup de gens seraient fiers de moi si j’y parvenais. Je suis venu de la région parisienne, ce n’est pas pour rien. Je donnerai tout pour franchir la marche et j’y crois.

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