Anat Ngamukol (FC Thoune) : « Je pourrais être le meilleur buteur du championnat ! »

Il a débarqué en Super League cet été sans faire de bruit. Après avoir écumé les ligues inférieures européennes (France, Espagne, Suisse), Anat Ngamukol a signé au FC Thoune en provenance de Wil. Le Français de 24 ans n’a pourtant pas tardé à se mettre en évidence. Deuxième joueur le plus utilisé de son équipe par Bernard Challandes, Ngamukol a déjà inscrit quatre buts et fait étalage de sa lumineuse pointe de vitesse. Des débuts réussis pour un joueur qui évoluait encore en CFA 2 il y a à peine plus d’une année. Interview avec l’une des révélations de ce début de championnat.

Anat, Avant de parler de tes performances, raconte-nous comment s’est passé ton intégration à Thoune…

Anat Ngamukol

Le numéro 9 thounois n’a pas tardé à prendre ses marques en Super League. (Mediasports)

Ca s’est passé en toute simplicité. Il faut bien dire que je suis arrivé un peu incognito. Quand on débarque dans un nouveau club, on se fait petit. En plus, je ne connaissais personne à part Guillaume (ndlr : Faivre). Mais quand j’arrive dans un club, j’essaie de me montrer footballistiquement, et non humainement.

L’allemand, tu t’y fais gentiment ?

Ca fait plus d’une année que je baigne dans le milieu suisse-allemand. Je commence donc à bien le comprendre. Je le parle aussi un petit peu, mais on va plutôt dire que je me débrouille. (rires)

Heureusement, il y a aussi quelques joueurs francophones dans l’effectif oberlandais…

Ils m’ont bien aidé. Au début, je restais souvent avec Guillaume. Mais il faut savoir qu’à Thoune, quasiment tous les joueurs parlent français, donc ça allait. De plus, l’entraîneur parle aussi français.

Justement, quel rôle a joué Bernard Challandes dans ton intégration ?

Il m’a rapidement accordé sa confiance. Ca m’a beaucoup aidé. De toute façon, comme le club avait porté de l’intérêt pour moi dans son projet de jeu, il n’y avait pas de raisons que l’intégration se passe mal.

Il n’a d’ailleurs pas hésité à te lancer titulaire dès le premier match de la saison…

J’avais fait des bons matchs amicaux durant la préparation. Le plus important, c’était de prendre le rythme le plus vite possible. Lors de mon premier match, je me suis montré un peu timide sur certaines actions, même si ça s’est plutôt bien passé dans l’ensemble. Avec l’enchaînement des rencontres, je me suis gentiment libéré de cette timidité.

« Je me suis découvert des qualités de buteur »

Avec 4 buts inscrits en 12 matches, tu es le meilleur buteur de ton équipe. Tu t’attendais à un tel début de saison sur le plan personnel ?

Pas vraiment, parce qu’à la base, je ne suis pas un buteur pur. Mais cette année, en travaillant devant le but, je me suis découvert des qualités de buteur. On a beaucoup travaillé cet aspect à l’entraînement, ce qui fait que j’ai commencé à marquer des buts.

Et tu aurais pu en marquer bien plus…

C’est vrai que si on regarde les derniers matches, je pourrais être le meilleur buteur du championnat à l’heure actuelle ! (rires)

Tu te procures beaucoup d’occasions. Ton point faible reste la finition ?

L’année dernière, c’était déjà mon point faible. Je suis plutôt un joueur qui fait la différence avant le but. Et il y a des soirs où ça ne veut pas rentrer, comme contre Sion. Mais il n’y a pas de soucis avec ça, on va le travailler à l’entraînement. Après, mon objectif n’est pas forcément de terminer meilleur buteur, mais c’est vrai que quand tu commences à marquer des buts, ça reste dans un coin de la tête.

Tu peux jouer aussi bien sur l’aile qu’en pointe. Où te sens-tu le plus à l’aise ?

Depuis que je suis arrivé à Thoune, j’ai joué un peu partout : sur l’aile gauche, sur l’aile droit, en tant qu’attaquant de pointe. Sur l’aile, je peux faire la différence, déborder et me créer des occasions. En tant qu’attaquant de pointe, ma mission est simplement de marquer des buts. Après, mes qualités de vitesse me permettent d’être performant aussi bien sur l’aile qu’en pointe.

Après avoir passablement galéré dans des divisions inférieures françaises et espagnoles notamment, est-ce qu’on peut dire qu’il s’agit d’un nouveau départ dans ta carrière?

Au vu des dernières années, je pense qu’on peut effectivement le dire. J’ai fait mon bonhomme de chemin. Je suis venu en Suisse à Wil, puis j’ai fait le saut en Super League. Je continuerai à travailler, à améliorer mes défauts et à aider l’équipe.

L’année dernière, tu signais à Wil en Challenge League, un pari osé mais qui a porté ses fruits. Avec le recul, comment juges-tu ce choix ?

Après mon expérience à Roye-Noyon (ndlr : CFA 2), je devais faire un choix. Visiblement c’était le bon, mais j’ai dû travailler dur, car sans cela, je serais resté en Challenge League. On peut dire que ce début de saison récompense tous mes efforts. Mais il faut tout de même remarquer qu’on avait une très bonne équipe à Wil. Au jour d’aujourd’hui, plusieurs joueurs évoluent en Super League.

Thoune, c’est le club idéal pour débuter en Super League ?

Pour moi, le plus important était de trouver un club qui m’offrait des perspectives pour le futur. Thoune avait un projet concret quand ils sont venus me voir. C’était une magnifique opportunité pour moi. Ça reste aussi un club familial, tout comme Wil.

Il y a une grande différence de niveau entre Super League et Challenge League ?

La principale différence se situe au niveau de la vitesse de jeu. En Super League, tout va beaucoup plus vite. De plus, la qualité des joueurs est évidemment nettement supérieure. Après c’est une question d’adaptation.

Thoune, ce n’est «que» une étape qui te mènera vers un club plus prestigieux ?

Je sais que si je continue à travailler et que si Thoune obtient de bons résultats, ça finira toujours par payer. Pour le moment, je me sens très bien à Thoune, mais après on verra… Tout peut aller très vite en football. Comme tout joueur de foot, j’ai des rêves. Jouer en première division anglaise ou espagnole en est un.

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