Pour sa première titularisation en Super League, Mathieu Débonnaire revient sur cette défaite (2-0 à Bâle) et sur son début de saison.
Comment as-tu vécu ce premier match à Bâle ? Tu fais deux arrêts déterminants en début du match et finalement, tu repars de là-bas avec un 2-0 dans la besace… Frustrant, non ?
Je pense que « frustrant », c’est le mot le plus approprié ! Quand tu sors du terrain après un match comme ça, ton sentiment est partagé entre : c’est quand même ta première en Super League et t’en as pris que deux à Bâle, ce n’est pas si mal et ça s’est plutôt bien passé. Mais au final, tu te dis que tu repars avec zéro point alors qu’il y avait quand même quelque chose à faire. Pour une première, partir de Bâle avec un ou trois points aurait été encore plus beau.

Mathieu Debonnaire, « quatrième » gardien du FC Lausanne-Sport, lors de l’entrainement (Pascal Muller – Mediasports)
Lors de notre dernière rencontre au début de l’été, tu annonçais que tu signais en tant que quatrième gardien à Lausanne. Et au fil des matchs, on s’aperçoit que c’est toi qui prend place sur le banc et qui remplace Anthony Favre. Que s’est-il passé ?
Dans le football, ça peut aller très vite dans les deux sens. Ce qu’il s’est passé, c’est que Thomas Castella était blessé quand je suis arrivé comme quatrième et moi, j’étais venu avec le but de travailler au maximum. Je ne suis pas arrivé en me disant à tout prix que j’allais piquer une place à quiconque, mais plutôt en me disant que j’allais faire le maximum aux entraînements et pendant les matchs de préparation – si j’en jouais – ou même avec les M-21. Je pense que si je suis deuxième aujourd’hui, c’est qu’apparemment mon « maximum » est pour l’instant encore au-dessus du maximum des deux autres gardiens.
Peut-on dire que le staff a réalisé qu’il était peut-être un peu osé de parier sur deux jeunes gardiens en Super League ?
Je pense que s’ils m’ont engagés, c’est qu’ils se sont dits que ça pouvait être un peu limite, en tous cas à très court terme. Après, je ne peux pas expliquer les raisons qui ont fait qu’aujourd’hui je sois devant, il faut demander aux entraîneurs. J’ai un peu plus d’expérience qu’eux, c’est clair, ils sont encore très jeunes. On m’a dit au début du championnat d’aller m’asseoir sur le banc et j’ai fait ce que l’on m’a dit.
As-tu du plaisir à jouer en ce moment au sein de l’équipe du LS ? Comment se porte le groupe ?
Je suis très bien à Lausanne ! Le vestiaire va bien, il n’y a aucun problème à ce niveau-là, et l’ambiance est bonne. Après, comme partout, il y a des petits détails qui, des fois, sont un peu pénibles, mais le vestiaire vit bien et les conditions d’entraînement sont bonnes. Et c’est chez moi, donc c’est clair que je me sens bien !
N’était-ce pas un peu difficile d’aller jouer à Bâle pour une première en Super League ? Depuis combien de temps n’as-tu pas joué un match officiel ?
Mon dernier match officiel, ça devait être la 27e journée de championnat de Challenge League 2010/2011. J’ai quand même joué avec les M-21 en fin de saison l’année passée, mais là, je parle d’évoluer à haut niveau.
Du coup, ça doit faire bizarre de ne pas jouer depuis si longtemps et surtout de passer des M-21 au Parc Saint-Jacques en Super League, non ?
Il y a un petit changement de rythme (Rires). C’est sûr que sortir dans les pieds de Salah quand tu as 81 minutes de jeu sur les 15 derniers mois, ce n’est pas évident. Mais dans l’absolu, je suis rentré sur le terrain en me demandant : de toute façon, qu’est-ce qu’il pouvait m’arriver ? La seule chose qui pouvait m’arriver, c’était d’avoir du plaisir. Donc je suis rentré sur le terrain très décontracté, tout en étant concentré bien sûr. Dès qu’il y a de la décontraction et de la concentration, il y a moins de risque de faire des bourdes. Parce que les bourdes, c’est soit à cause de la déconcentration, soit à cause du stress. Du moment où je savais que je n’allais pas faire de bourde – peut-être que je n’allais pas faire de miracle non plus – il ne pouvait donc pas m’arriver grand chose. J’allais faire mon match au mieux de mes capacités, mais sans « me prendre le chou » car c’est la meilleure chose pour passer à travers. Donc je suis rentré sur le terrain pour avoir du plaisir, pour aider l’équipe, pour faire ce pourquoi on m’avait engagé, c’est-à-dire faire le maximum pendant deux fois 45 minutes.
As-tu des informations concernant l’absence d’Anthony Favre ?
Aucune actuellement, c’est au jour le jour. Ce n’est pas plus mal pour moi, peut-être que demain on me dira qu’il sera de retour dimanche, et j’irai m’asseoir sur le banc. Comme j’ai toujours dit, je suis venu pour faire le maximum, pour prendre tout ce que l’on me donne, sans revendiquer quoique ce soit et c’est exactement ce qui est en train d’arriver.







Quelle belle mentalité. C’est un cadeau d’avoir une personne comme Mathieu dans son effectif, Et en plus il a déjà démontré être un excellent gardien, encore bravo Mathieu