Après un exercice 2011/2012 en dents de scie, le seul club lorrain de Ligue 1 se doit de confirmer les espoirs entrevus en fin de saison dernière. Pour cela, les Nancéiens peuvent compter sur la méthode Jean Fernandez. On se rappelle que lors de sa deuxième saison à la tête de l’AJ Auxerre, il avait emmené les Bourguignons en Ligue des Champions. Un exploit de cette trempe avec Nancy parait illusoire, mais on ne s’interdit pas d’y croire du côté de la Meurthe et Moselle.
La rétrospective 2011/2012
La dernière saison de l’AS Nancy Lorraine a été marquée par des très hauts mais aussi des très bas. Cette irrégularité se paie au classement final mais ne les a pas empêché de réussir avec brio leur objectif premier : le maintien. Pourtant, tout avait très mal commencé. Au soir de la 19e journée, les pensionnaires de Marcel Picot sont relégables. Avec 18 petits points, le pessimisme gagne le club et ses supporters. Rien ne va : les attaquants ne trouvent pas la mire, la défense est trop friable, le milieu trop tendre. L’héritage de la période Correa est lourd à porter pour Jean Fernandez. Il faut se creuser la tête pour trouver des motifs de satisfaction.Heureusement, la cellule de recrutement va avoir le nez creux. En attirant le talentueux Yoann Mollo et le revenant Sébastien Puygrenier, le club va changer son destin. L’ex joueur du Zenit St Petersbourg va amener de la solidité défensive tandis que l’ancien ailier de Monaco va redonner un coup de fouet à une des plus mauvaises attaques de Ligue 1.
Les résultats ne se font pas trop attendre : à partir de la 26e journée, Nancy enchaîne une série de 8 matchs sans défaite. Parmi ceux-ci, des victoires contre Lyon, Montpellier ou encore le Paris Saint-Germain. De quoi vous classer une équipe. Le spectre de la relégation s’éloigne et les joueurs donnent enfin la pleine mesure de leur talent, à l’image du milieu de terrain Bakaye Traoré. Souvent raillé pour son manque de technique, il a fait taire tous ses détracteurs en réalisant une fin de saison en trombe, qui lui a même valu l’intérêt du Milan AC. Dans son sillage, ses compères du milieu Karaboué et Sané se sont eux aussi libérés. Devant, la paire Yoann Mollo-Djamel Bakar fait de gros dégâts. Mais au delà de ces satisfactions individuelles, une autre nouveauté est arrivée du côté de Marcel Picot : le beau jeu. Alors qu’on prenait souvent le club comme l’exemple même de l’équipe de Ligue 1 limitée techniquement et très défensive, Nancy a réussi le tour de force d’être un des clubs qui réussi le plus de dribble par match. Encore impensable lors des années précédentes.
Les transferts
Départs : Reynald Lemaitre (libre), Bakaye Traoré (Milan AC), Jean Calvé (Caen), Daniel Niculae (Monaco, r.p.), Mustapaha Bayal (Saint-Etienne, r.p.), Distel Zola (Le Havre), Rémi Pillot (Courtrai), Benjamin Jeannot (Chateauroux, p.), Samba Diakité (Queens Park Rangers), Jung Jo-Gook (Séoul) Alexandre Cuvilier (Caen, p.)
Arrivées : Marama Vahirua (Monaco, r.p.), Pascal Bérenguer (Lens, r.p.), Romain Grange (Châteauroux), Jeff Louis (Le Mans), Thomas Ayasse (Arles Avignon), Abdou Dampha (Neuchatel Xamax), Salif Sané (transfert définitif), Vincent Muratori (Monaco), Paul Alo’o Efoulou (Le Havre, r.p.), Simon Zenke (Samsunspor)
La préparation
C’est une pré-saison plutôt tranquille qu’ont réalisé les Nancéiens. Le groupe a beaucoup tourné et les matchs ont été l’occasion pour les nouveaux venus de se montrer un peu. Parmi eux, un a particulièrement donné satisfaction : Jeff Louis. Le jeune milieu offensif de 19 ans fraichement arrivé du Mans a tout de suite marqué son territoire. Malgré quelques approximations techniques et déchets devant le but, son gros volume de jeu a impressionné. Contre les équipes de Ligue 1, le bilan est assez équilibré. Les Lorrains ont ainsi dominé le Stade de Reims sur le score de 3-1, ont fait match nul contre l‘ESTAC (1-1) et se sont inclinés 1-0 face au FC Sochaux-Montbéliard. On peut aussi noter une victoire 2-1 contre les voisins d’Amnéville, pensionnaires de CFA. Partis en stage du côté de Vittel, les joueurs ont du subir les célèbres entrainements très physiques d’avant saison de Jean Fernandez. Ils seront à n’en pas douter très affutés physiquement pour le début de la saison, prévue contre le Stade Brestois ce Dimanche.
Les ambitions
Jean-Jacques Rousselot, le président, l’a dit : le club n’est pas en très bonne santé financière. Après pas mal de paris ratés au niveau des transferts ces dernières années (Vahirua, Gunnarson, Helder…), les comptes vont être durs à équilibrer. Pour cela, il va encore falloir dégraisser. Certains très bons joueurs pourraient faire leurs valises. Ce n’est pas l’idéal pour débuter la saison. Mais il y a quand même de quoi y croire. Les Nancéiens restent sur la très bonne dynamique de la fin de saison dernière. S’ils arrivent à garder ce niveau de jeu, la première partie de tableau est largement envisageable, voire même un petit peu mieux. En revanche, s’ils retombent dans leurs travers, le maintien sera difficile à aller chercher, tant le bas de tableau semble dense. Il faudra gagner en régularité et surtout refaire de Marcel Picot une forteresse pour réussir une saison pleine. L’effectif semble manquer d’un vrai tueur devant, mais avec des joueurs comme Moukandjo, Bakar et Mollo, Nancy reste une vraie force de frappe. Beaucoup de gros en avaient fait les frais la saison dernière en les prenant de haut. Ce ne sera certainement plus le cas cette année. Les Lorrains sont attendus et ne pourront donc plus compter sur l’effet de surprise. Il va falloir confirmer les espoirs entrevus en fin de saison dernière. Loin d’être aisé pour un groupe encore jeune et sans vraies références.
Conclusion
L’année à venir est très difficile à prédire pour l’AS Nancy Lorraine. Plutôt discrets lors du mercato à cause d’un manque de moyens financiers, les Nancéiens vont s’appuyer sur le noyau de joueurs qui leur a permis de se sauver avec brio la saison dernière. Suffisant pour réaliser une belle saison? Pas impossible tant il y a du talent (Mollo, Louis, Karaboué) à revendre. Aux cadres de l’équipe de savoir canaliser l’énergie des jeunes et de les pousser dans la même direction : celle d’une première partie de tableau envisageable mais loin d’être acquise.







