Malgré une défaite face aux USA lors de son entrée en lice dans le tournoi olympique, l’Equipe de France féminine a finalement réussi à redresser la barre en s’imposant face à la Corée du Nord, puis face à la Colombie afin de valider son billet pour les quarts de finales.
À l’aube de ces Jeux Olympiques, les Françaises nourrissaient de grandes ambitions. Si elles ont franchi le premier objectif en se qualifiant pour le second tour de la compétition, le doux rêve de médaille, et si possible la plus belle, semble avoir pris du plomb dans l’aile. Car depuis le début du tournoi, Sandrine Soubeyrand et ses coéquipières alternent le bon et le moins bon. À la veille de son quart face à la Suède, la sélection de Bruno Bini devra montrer un autre visage que celui aperçu lors des matchs de poule, si elle veut accéder aux demi-finales.
Les deux visages des Bleues
Dix-sept victoires consécutives. Un an sans la moindre défaite. Un jeu de qualité et une victoire de prestige face au Japon. Avant de s’envoler pour Glasgow, le moral des Françaises était forcément au maximum, alors que les autres sélections se méfiaient naturellement des joueuses en pleine progression depuis le mondial, et boostées par une dynamique de victoires incroyable. Pourtant, elles sont douchées d’entrée par la meilleure nation mondiale, les États-Unis (2-4).
Mais au-delà d’une défaite qui parait logique sur le papier, il y a de quoi avoir des regrets : dans le jeu, les Bleues furent totalement dépassées, défensivement à la ramasse, sans oublier un avantage de deux buts, certes arrivé peut-être trop tôt dans la rencontre, mais qui fut très mal géré. On a eu du mal à reconnaitre l’Equipe de France, celle qui a l’habitude de garder le ballon et d’attaquer. Le début du second match face à la Corée du Nord est d’autant plus inquiétant. L’adversaire est plus faible, mais les Bleues, bien que moins inquiétées, ne surent que faire de la balle. Trop de déchets techniques et d’approximations. Le coup au moral pris face aux USA semblait avoir laissé des traces.
Au final, sur les 270 minutes disputées en trois matchs, on n’en retiendra seulement 90 d’intéressantes : la seconde période face à la Corée du Nord fut d’un autre niveau, les Françaises inscrivant quatre buts en quelques minutes, pour un score final de 5-0. Enfin, la première période des demi-finalistes du dernier mondial face à la Colombie aura été la plus aboutie. Si le score ne fut que d’un but à zéro, les joueuses de Bruno Bini se sont procurées de nombreuses occasions et auraient pu s’imposer plus largement avec un peu plus de réussite.
Hausser le niveau de jeu

Louisa Necib sera un pion essentiel à la réussite bleue. (Photo : Flavien Recouvreur)
C’est désormais la Suède qui va s’offrir à l’Equipe de France, vendredi. Une sorte de revanche puisque la buteuse lyonnaise Lotta Schelin et sa bande avaient battu les Bleues lors de la « petite finale » de la Coupe du Monde en 2011. Autant dire qu’à ce niveau de la compétition, on ne rigole plus, et qu’il faudra montrer un tout autre visage que lors des matchs de poule.
Bruno Bini aura donc du pain sur la planche. Nul doute qu’il s’appuiera sur les seules satisfactions de ce début de tournoi. Laura Georges a fait, depuis deux matchs, son retour en défense centrale et ne devrait plus bouger, tout comme Elodie Thomis qui semble avoir pris une longueur d’avance sur Eugénie Le Sommer au poste d’ailier droit. Sa vitesse et son entente avec Marie-Laure Delie sont de véritables points forts. À l’image de son match contre la Colombie, Louisa Necib est en forme et n’hésitera donc pas à prendre le jeu à son compte.
Mais certaines joueuses clés du système de Bini ne sont pas au mieux et devront retrouver leur niveau pour pouvoir espérer une médaille. C’est le cas de Sonia Bompastor, ou encore Gaëtane Thiney et Corine Franco. La dernière interrogation se situe au milieu de terrain. Depuis deux rencontres, Sandrine Soubeyrand, la capitaine, a fait son retour en tant que titulaire. Mais à 39 ans, pourra-t-elle tenir le défi physique qui sera imposé par les suédoises ? Elise Bussaglia, laissée au repos contre la Colombie pourrait donc retrouver sa place dans l’entrejeu, aux côtés de l’indispensable Camille Abily. Alors, les Bleues seront-elles capables de franchir le premier obstacle à sa quête de la médaille ? Réponse vendredi après-midi.






