Jérémy Perbet (RAEC Mons) : L’homme qui ne valait pas 3 milliards

Steve Austin valait 3 milliards. Pas 1,8 ni 3,6 mais 3 milliards. Pendant 4 saisons et 99 épisodes, il a vécu pas mal de déboires et d’aventures mais il a toujours pu se baser sur une saine certitude: il valait invariablement 3 milliards. Tout le monde ne peut pas en dire autant. Un héros d’un autre temps et de notre temps n’as pas la légitime chance de connaitre sa valeur. Au fil des saisons et des épisodes, il vaut successivement €100’000, €500’000, 300’000, €1’200’000 et enfin €2’500’000 euros. Jérémy Perbet doit être bien jaloux de Steve Austin.

Voici 18 mois, l’attaquant français valait peanuts au Daknam, les productions Maes-Lambrechts n’avait produit que cinq petits épisodes de ses aventures. Cela fait peu pour montrer ses super pouvoirs. Heureusement pour lui, les productions Van Wijk-Leone croient un peu plus en lui. Ils proposent €100.000 pour racheter les droits. Que nenni, Lokeren en veut €500’000!  L’affaire est proche de capoter et Jérémy Perbet se lamente dans la presse. Lokeren est trop gourmand, il a terriblement envie de rejoindre Mons, quelle terrible injustice que de le laisser moisir dans les limbes du banc et de tribunes Oost-flandriennes! Il est clair : il ne vaut pas €500’000!

Au final, les Dragons ouvrent le porte-monnaie et allonge €300’000 euros. Bingo! L’investissement est rentable, le ponot poursuit sur sa lancée de 2011 et enfile 25 perles en 2011-2012.  Le buteur réalise sa meilleure saison, il est à la première place du box-office des buteurs. Le public, les dirigeants montois, bref tout le monde est content. Non pas tout le monde. Le striker, lui, n’est pas content. C’est même un héros mécontent. Pourquoi? Car Mons est trop gourmand (défaut décidément très répandu chez les pensionnaires de Jupiler League). Parme veut que le buteur viennent sauver le monde du côté du Stade Ennio-Tardini. Mais les protagonistes ne sont pas d’accord. Les Parmesans proposent le million, Mons en veut deux et demi. Se joue alors une comedia dell’arte toute italienne. Dominique Leone enfile le masque du bluffeur et prétend avoir une offre du Standard de Liège à 2,2 millions. Bugiardo! Dans ces conditions, l’intérêt des Transalpins s’étiolent, et Perbet joue les vierges effarouchées. « On m’avait promis de me laisser partir en cas d’offre raisonnable » se plaint-il dans la presse…

(source – allocine.fr)

L’ingratitude dans toute sa splendeur

Las, la valeur d’une parole d’homme dans le milieu de foot ne vaut pas tripette. Rappelons nous, à ce sujet, la décevante mésaventure de Roland Duchatelet et Saint-Trond en janvier 2010.  Les Canaris croyaient avoir trouvé un buteur patenté, le joueur avait même promis de signer chez eux. Mais hélas, 3 milliards de fois hélas, le joueur n’a pas tenu sa promesse, et dans les heures qui suivirent, paraphait un contrat à Lokeren, provoquant l’ire et le dégout du président Duchatelet. Mais comment s’appelait ce joueur? Ah oui….c’était Jéremy Perbet. Ce héros pas fiable pour un sou, et mécontent. Mécontent, car oui, vraiment, il est catégorique: il ne vaut pas €2’500’000!

En 1974, la médecine donnait des jambes, des bras et un œil bionique à Steve Austin. En 2012, la médecine donne un arrêt de travail à Jérémy Perbet. Pour le progrès, on repassera.  Le buteur est blessé dans son for intérieur, et a un médecin conciliant. En effet, à l’en croire, le RAEC Mons est un goulag moderne, un Alcatraz hennuyer! Mais qu’ils sont vilains les dirigeants montois! Eux qui ont été le chercher dans la tribune du Daknam pour lui donner un beau salaire, l’occasion de jouer au football toute la journée, et de montrer à tous ses talents. Austin et ses amputations connaissait bien mieux la valeur d’une main tendue. Ah Perbet, ce héro mécontent, peu fiable et terriblement ingrat.

Mais combien vaut le meilleur buteur de la saison 2011/2012? (@Patrick Ferriol)

Dans les travées du Tondreau, il y a des types qui se prénomment Carlo, Luigi ou Mario. Des types fiers, travailleurs, ombrageux. Des types qui bossent dur, dans des usines qu’ils n’aiment pas. D’ailleurs, parfois, ils n’aiment pas leur boulot non plus. Mais au moins, ils en ont un, c’est pas si mal. Ça leur permet de se payer, en sacrifiant un week-end à la mer, ou un resto en famille, un abonnement au stade Tondreau, en espérant y rêver un peu, en regardant leur équipe affronter les ténors. Et plus particulièrement en regardant Jérémy Perbet et ses buts à répétition. Ce joueur de football, ce type qui a un boulot en or. Comme ses collègues, pas plus, pas moins, il est payé beau et cher pour prendre le bon air et faire du sport toute la journée. Avec un staff de quinze personnes le soignant, veillant à bien lui préserver des plages de repos. Au même moment, Carlo, Luigi et Mario se battent avec le haut fourneau. Et si jamais, ils leur prenaient l’envie de brosser le boulot ne serait-ce qu’une petite heure, quand Perbet fait l’impasse sur 15 jours, ils décrocheraient un joli trophée, un C4. Mais voilà, eux, ils sont du mauvais côté de la pompe à fric. Carlo and co pompent, Jérémy raplique. Ce héros mécontent, peu fiable, ingrat et irrespectueux. Perbet ne vaut pas €2’500’000, pas non plus €1’200’000, ni €500’000, ni €300’000, ni même €100’000. On ne sait pas ce qu’il vaut, mais on sait ce qu’il ne vaut pas: Carlo, Luigi et Mario ferait mieux de chercher un nouvel héros…

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