Après chaque match de l’équipe de France U19 à l’Euro, le défenseur central montpellierain nous donne son ressenti de la rencontre et analyse la performance des siens. Défaite hier par une très réaliste sélection anglaise (1-2), l’équipe de France affrontera l’Espagne en demi-finale ce jeudi. Après ce revers surprise, Vincent Di Stefano ne cache pas sa déception.
Vincent, malgré un match globalement maîtrisé, l’équipe de France s’est inclinée face à une équipe d’Angleterre assez faible. Comment expliques-tu cette défaite surprise ?
Je suis très frustré par ce résultat parce qu’on avait vraiment les moyens de faire beaucoup mieux. Les Anglais sont rentrés trois fois dans notre surface et ont inscrit deux buts alors que nous avons eu pas mal d’opportunités sans pour autant les convertir. La différence s’est faite ici. Mais ce résultat est d’autant plus rageant que l’on n’a jamais été réellement mis en danger. Je me demande comment on a fait pour perdre ce match. On tenait bien le ballon au milieu de terrain notamment. D’ailleurs c’était le discours du coach à la pause, malgré notre déficit d’un but au tableau d’affichage, il nous a dit qu’il y avait des choses positives mais qu’il fallait être plus efficace défensivement et offensivement. Malheureusement, nous n’avons pas réussi à retourner la situation en notre faveur. Pourtant on avait vraiment à cœur de faire un résultat pour terminer premier de la poule.

A l’image du buteur français, Jordan Veretout, les Bleus ont tenu le ballon, sans toutefois parvenir à prendre la mesure de l’Angleterre. Photo : uefa.com
C’est d’autant plus rageant pour toi, car c’était ton premier match dans cette compétition…
Oui d’ailleurs j’étais surmotivé à l’idée de montrer ce que je savais faire. Mais je le répète, on a quasiment rien eu à faire avec Sam Umtiti derrière. Les Anglais n’étaient pas franchement percutant en phase offensive. Mais bon le résultat est là. Ceux qui n’ont pas regardé le match vont se dire : les Français ont pris deux buts, la défense n’a pas été au niveau alors que non. On n’a pas eu beaucoup de travail, mais je pense que l’on a été correct. Mais c’est l’incertitude du football, certains matchs, tu domine outrageusement sans arriver à marquer et les autres, sur une occasion, trouvent la faille. Espérons que la roue tourne face à l’Espagne.
« On n’a jamais été réellement mis en danger »
Toi qui étais aux premières loges, racontes-nous ces deux buts anglais.
Le premier, le ballon est dans les pieds du meneur de jeu, à l’entrée de la surface de réparation. Moi j’ai l’attaquant au marquage donc je ne peux pas sortir tout de suite sur lui sinon il aurait aisément décalé l’attaquant, qui se serait retrouvé en duel avec notre gardien. Quand je le vois armer sa frappe, je me précipite sur lui pour la contrer mais elle me frôle et rentre dans le but. J’ai été un peu surpris parce qu’il n’a pas mis énormément de conviction dans cette frappe mais elle était bien placée et cela a suffit pour tromper notre gardien. Pour le second but, c’est un corner. Notre gardien, Jonathan Millieras, nous fait comprendre par le traditionnel « j’ai » qu’il va sortir au devant du ballon. Mais il n’arrive pas à le contrôler et l’Anglais marque ensuite. J’ai essayé de la sortir sur la ligne mais en vain. Au début je voulais mettre la main mais je me suis dis que le jeu n’en valait pas la chandelle. On prend ce but juste avant la mi-temps alors que l’on était revenu à 1-1. Si on rentre à la mi-temps avec ce score de parité, ça aurait clairement été un autre match.
Tu as partagé l’axe de la défense avec Samuel Umtiti, comment cela s’est passé avec lui ?
Plutôt bien, je ne pense pas me tromper en disant que l’on est complémentaire. Après, comme je l’ai dis, on n’a pas beaucoup été mis en danger. Mais j’ai trouvé que l’on avait réalisé pas mal d’interceptions et que l’on avait assuré une bonne couverture mutuelle. Globalement, notre association a bien fonctionné d’après moi. Je tiens quand même à préciser que Samuel Umtiti est vraiment au dessus quand même, ça se voit sur le terrain.
« Contre l’Espagne, il n’y a rien d’insurmontable »
Un mot également sur les conditions de jeu, on a vu pas mal d’insectes voler durant toute la durée du match. Pas forcément optimale pour un joueur non ?
C’est vrai qu’il y avait énormément de mouches et de moustiques durant la rencontre. Je n’ai pas trop compris pourquoi sachant qu’il ne faisait pas très chaud, autour des 22 degrés je pense. Donc c’est clair que c’était assez gênant. Mais sinon le terrain était en parfait état, le ballon était pas mal également (rires). Puis on a vu que même si les tribunes n’étaient pas forcément pleines à craquer, il y avait quand même du monde. Celaa fait toujours plaisir.
Malgré cette défaite contre l’Angleterre, vous êtes malgré tout qualifiés pour les demi-finales. En finissant deuxième de la poule, vous allez affronter l’Espagne. Que t’inspires cette adversaire ?
C’est sans doute une équipe très forte, mais il ne faut pas faire de fixette sur eux sous prétexte que c’est l’Espagne. Dans tous les cas, pour aller au bout, il faudra battre tout le monde. Donc que l’on joue contre l’Espagne en demi-finale ou en finale, la problématique est identique, il faudra gagner. Après, on voit que les Espagnols ont concédé un match nul 3-3 contre le Portugal, qui a lui-même été battu par la Grèce 2-3. Le match Espagne-Grèce s’est d’ailleurs soldé par une victoire de la Roja, 2-1. Donc honnêtement, il n’y a rien d’insurmontable.
Peut-on espérer te revoir sur la pelouse contre l’Espagne jeudi ?
J’aimerais énormément mais en toute franchise je ne me fais pas d’illusions.







Très intéressant comme ITW