Eric Deflandre : « A Liège, on n’a pas été payé pendant un an » (3/5)

Suite (et pas fin) de la rencontre avec Eric Deflandre. Aujourd’hui, il évoque avec nous sa fin de carrière plus difficile avec le Brussels (2007 – jan. 2008), Dender (jan. 2008 – 2009), le Lierse (2009 – 2010) et enfin, le club de son coeur, le RFC Liège (2010-2012) où il boucle ses vingt années de joueur de football professionnel.

Au Lierse, Deflandre a pu ajouter une nouvelle ligne à son palmarès - Belga

Au Lierse, Deflandre a pu ajouter une nouvelle ligne à son palmarès – Belga

Et vous signez avec le Brussels alors. Un bon choix ?

Non, pas vraiment. Le club était en grosse difficulté, je venais du Standard, l’équipe était très moyenne. A la rigueur, j’ai bien fait de partir après seulement six mois à Dender où c’était autre chose. Le club voulait devenir professionnel, on s’est super bien amusé, super ambiance dans le groupe, ce qui n’était pas toujours le cas au Brussels. Les résultats à Dender ont aussi été très favorables. Le club était aussi mal loti que le Brussels quand j’y ai signé mais ils avaient l’envie de s’en sortir. Ils ont pris un gars comme Johan Boskamp pour entrainer ce qui montrait leurs ambitions. On a réussi à sauver le club. L’année d’après s’est bien passée aussi. Après ça, je suis parti au Lierse.

C’est vous qui décidez de partir ?

Oui, les conditions du contrat n’étaient pas fameuses. Ils avaient beaucoup de difficultés financières et les contrats étaient revus à la baisse. Avec Cédric Berthelin, ils voulaient nous garder mais on ne pouvait pas accepter les conditions qu’ils nous proposaient. On était totalement conscient que le club était en difficulté. De là, je suis resté pratiquement deux mois sans signer dans un club. J’avais l’une ou l’autre proposition mais c’était Tournai et Roulers, des équipes qui étaient loin d’où j’habitais (ndlr : Lanaeken, dans le Limbourg) et je n’avais pas envie de faire des longs trajets et surtout pas de déménager. J’ai préféré rester tranquille et prendre des vacances un peu plus longues et j’ai le Lierse qui s’est manifesté.

Avec le Lierse, la saison est meilleure.

Oui, tout à fait. La saison est meilleure, tout se passe très bien et on a le titre au bout. Un nouveau titre pour moi. Et puis alors, de nouveau, je ne resigne pas parce qu’ils montent en D1 et que je deviens un peu trop vieux. J’aurais bien aimé resigné mais le contrat était fait sur un an et puis pour finir ça ne s’est pas fait parce qu’il y avait l’âge aussi. Cela aurait été pas mal pour moi de jouer encore un an D1 à 36-37 ans. Finalement, je vais au RFC Liège où je fais mes deux dernières saisons.

« Les derniers entraînements, on était plus que huit »

Qui vous contacte ?

C’est Jules Dethier (ndlr : président à l’époque) qui me contacte. Là, j’hésitais parce que le club avait énormément de difficultés et Jules Dethier me dit «Ecoute, j’aimerais bien [que tu signes]. On essaye de faire quelque chose comme on peut et on a besoin de gars qui aiment bien le club, pour nous aider. On aurait besoin de toi sur le terrain comme joueur et capitaine.» J’ai accepté parce que c’était le RFC Liège. Je ne l’aurais accepté pour personne d’autre, mais avec ce qu’ils m’avaient donné au début je leur en était redevable. Et c’est ce que j’ai fait. J’y suis allé. Mais attention, avec les soucis financiers, je n’y suis pas allé pour l’argent, simplement parce qu’il n’y en avait pas. On n’a pas été payé pendant un an. C’est simplement pour le cœur et les supporters qui m’avaient toujours soutenu.

Un retour à Liège pour boucler la boucle – SudPresse.be

Fin de saison, vous descendez en Promotion hélas.

Difficile à vivre. Mais le plus difficile c’est qu’on n’avait pas été payé pendant un an, il y avait les jeunes qui étaient là qui se battaient mais qui n’étaient pas payés. A chaque fois, c’est moi, le capitaine, qu’ils venaient trouver en me disant qu’ils ne voulaient pas s’entrainer et j’essayais de tenir le bateau droit. Même quand on se retrouvait à huit à l’entrainement j’étais tout le temps là. Je me disais qu’en tant que capitaine, si je craquais les autres aussi et on ne jouerait même plus le week-end. Les supporters ont même essayé de nous sauver en récoltant de l’argent pour payer le salaire des joueurs pendant un mois et vis-à-vis d’eux, on se devait de continuer à jouer. J’ai dit aux joueurs qu’on serait de toute façon payé un jour parce que c’était notre contrat et qu’on devait continuer à jouer, mordre sur notre chique. Les derniers entrainements, alors qu’il restait cinq ou six matches, on était huit à être présents. Et moi toujours sur le terrain à prendre les joueurs avec l’entraineur. Christophe Kinet, qui est devenu entraineur en fin de saison, n’avait même pas onze joueurs à mettre sur la feuille de match et donc on devait prendre des jeunes de 16 ans pour compléter l’effectif. Fin de saison difficile, vraiment.

Cette saison par contre, Liège passe tout près de la montée en perdant dans le tour final. Pour le club, c’est préférable de rester encore un an en Promotion ou ça aurait été bien de monter directement ?

Je pense que c’est bien de rester comme ça le temps de prendre ses marques. Maintenant, ce n’est pas parce qu’on a terminé troisième cette saison que ça va être tout rose la saison qui arrive donc comme je dis, ce qui est à prendre, on doit le prendre à fond pour ne pas le regretter derrière. Ceci dit, ça aurait peut-être griller le club de monter trop vite parce que si tu te retrouves en D3, il faut pouvoir y survivre tandis qu’en Promotion, c’est plus aisé. Les nouveaux dirigeants ont fait un boulot extraordinaire avec le nouveau staff, les joueurs, et les supporters pour pouvoir aider le club. Ils y sont arrivés. J’avais évidemment l’ambition de monter directement. Si on avait pu le faire j’aurais signé les yeux fermés. Mais est-ce que ça aurait été une bonne chose ? Je n’en suis pas sûr à 100%.

Demain, Eric Deflandre nous parlera de sa carrière avec les Diables Rouges.

3 commentaires pour "Eric Deflandre : « A Liège, on n’a pas été payé pendant un an » (3/5)"

  • leclere ph dit :

    voila l’exemple a suivre a tout les footbaleur.pour l’amour de sont club il n’a pas ésité a joué sens resevoir un salaire?éric nous a rendu l’envie de pour suivre et surtout de sauvé le matricul 4.il n’y a pas que l’argent qui conte;avant je jouais non pas pour le pognons mais parsque j’aimais joué pour mes amis et mon club. les suportaire du rfcl te sont redevable de se que tu a montré.pour ton club de coeur vive le rfcl

    • Romain Cacheux dit :

      Effectivement, il s’agit d’un bel exemple à suivre, et nul doute qu’il transmettra son message aux jeunes du Standard. Merci pour votre commentaire et surtout, n’hésitez pas à revenir nous voir car de prochains articles sur le RFC Liège devraient bientôt voir le jour.
      Sportivement

    • Julien Denoël dit :

      On sentait l’amour du club quand il en parlait.

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